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LES ÉTATS-GÉNÉRAUX DEMANDÉS

hant des États-Généraux ^ La cour des Aides ^, le parlement de Franche -Comté ' n'hésitent pas à « remontrer » que « le vœu unanime de la nation est de faire entendre ses plaintes et de coopérer, comme autrefois, au rétablissement de l'équilibre dans les finances de l'État, ainsi qu'à la réforme de l'impôt, d'où doivent découler toutes les autres réformes. » Jusque dans les bureaux du ministère, on émet déjà l'axiome fondamental de la future Révolution : « Les djfoits des hommes réunis en société ne sont point fondés sur leur histoire, mais sur leur nature *. >»

Incapable d'opposer un refus catégorique à ces « opinions » , qu'elle considère encore comme des attentats au droit divin, la royauté permet à Necker de publier son fameux Compte-Rendu de 1781. Mai«, que l'on ne s'y trompe pas, si, pour la première fois, elle daigne révéler en partie le secret de ses finances, elle ne se reconnaît pas obligée de déterminer la somme d'argent, levée chaque année , d'après la somme des services qu'elle peut et doit rendre à la nation. Elle admet seulement qu'en certains cas exceptionnels il lui soit loisible d' « octroyer » à ses fidèles sujets un témoignage de confiance, et de réclamer de leur amour ce qu'elle devrait exiger de leur obéissance, si elle gardait toujours la force de la requérir. Pour parler plus clairement, elle invente un nouveau

* Le duc de La Rochefoucauld, dès 1774 ; le conseiller au Parlement de Paris, d*Espréménil, dès 1775.

3 Dans ses célèbres remontrances de 1775. » En 1781.

* 1774. Mémoire au roi sur les municipalités ^ attribué à Dupont (de Nemours), rédigé sous les auspices de Turgot.

moyen de ramener vers ses coffres l'or des financiers, que la peur d'une banqueroute en éloigne ; elle enaploie la publicité, — publicité discrète et provisoire, — dans le but unique de relever son crédit.

De nouveaux emprunts étant réalisés, la royauté ne Teut plus entendre parler de réformes. Elle s'irrite contre les indiscrets qui lui conseillent d'alléger le poids de sa responsabilité, de limiter d'elle-même son pouvoir absolu , afin qu'il ne lui soit pas enlevé /tout entier si, contrairement à ses illusions , surgis- ' sent? de nouveaux embarras. Riche pour un jour, elle se figure avoir recouvré son omnipotence, et s'obstine Vne pas songer au lendemain. Mais bientôt se rouvre, r plus large, le gouffre du déficit; elle s'en effraie, et, après de longues hésitations, avec une répugnance manifeste, elle permet à Necker d'essayer d'établir quelques assemblées provinciales. Sentant c< la grande force de l'opinion publique \ » elle espère ainsi gagner du temps et empêcher l'intervention directe du peuple dans le maniement des affaires publiques, même dans la répartition proportionnelle et l'emploi utile des impôts.

En effet, les assemblées provinciales ne devaient avoir aucune initiative,ne jouer aucun rôle politique. Elles pouvaient seulement proposer des améliorations matérielles à l'administration des intendants. Elles n'étaient point électives , c'était le roi qui daignait choisir la moitié de leurs membres, et, par grâce spéciale, permettre à ceux-ci de se compléter. L'essai

n'ayant pas été malheiureux , en ce sens que les

* Necker, De la évolution française^ dans ses OEuvres complètes,, t. IX, p. 9. " -

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