LEUR SIGNIFICATION RÉVOLUTIONNAIRE
Quand aujourd'hui ron se replonge dans Timmense collection des Cahiers de 1789, on éprouve d*abord le même effroi que les publicistes dont je parlais tout à Theure. Mais bientôt on se sent entraîné par des courants, qui, pour partir des points les plus opposés, n'en vont . pas moins converger au même but. Ce but aperçu, touché, on a l'âme remplie de la joie virile de Camille Desmoulins. On craignait d'entendre un peuple abruti et misérable se plaindre humblement de ses souffrances matérielles, réclamer avec timidité quelques grâces royales. On est saisi d'éblouissement à l'aspect d'un peuple éclairé qui oublie sa misère, qui détruit et qui crée à la fois de toutes ses forces et de toutes ses facultés ; qui, d'un bond, s'arrache à la tombe du despotisme et, d'un pas assuré, marche dans un monde complètement nouveau d'égalité et de liberté. On se demande si ce peuple est bien celui dont Louis XV, Louis XIV, Richelieu, Henri III, Charles IX, Louis XI, Charles VU, ont fait l'éducation ; en reconnaissant la France, on relève la tête avec orgueil, on rougit de s'être laissé abattre par les désillusions d'une époque transitoire, on se reprend à espérer quand même, envers et contre tous, on recouvre une foi inaltérable dans les destinées révolutionnaires de a la grande nation. » Qu était la France au commencement de 1788? Que veutelle être au commencement de 1789? Elle veut être juste le contraire de ce qu'elle était. Qui nous dit,