II. — MODÈLES DE CAHIERS
Les Déclarationêdes droits de Vhommef de la nation, du roi^des peuples, etc. , les rédactions du pacte ou du contrat social, etc., sont fort nombreuses et se reproduisent dans les principaux f^ro/aft de Cahiers, écrits par Ghénier, Lacretelle, Carra, Boucher d'Argis, Acloque, etc., tout exprès pour les électeurs parisiens, l'en connais bien douze ou quinze, dont trois ou quatre à peine signées. J'ai eu l'occasion de citer quelques-unes de ces brochures et, en particulier, les PlainteSy doléances et vceuxdeN,, bourgeois de Paris, excellent résumé des idées des démocrates modérés.
Les matériaux pour V édifice de la Constitution française, modèle assez bien fait, se retrouvent annexés aux pièces offidelles du district Saint-Eustache.
Mes Cahiers pour Paris, par le marquis de Villette, sont trèsoriginaux et abondent en excellentes motions.
Le Cahier de doléances présenté à nos frères des soixante di^ trictSp par Joseph Gharon, électeur du district Bonne-Nouvelle^ èontient des moti<ms comme celleM^i : Élargir les rues le plus
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possible et y établir des trcrttoîts potir les gens à pied ; — coii^ traîndre les carosses \ n'aller qu'au pas, indemniser les ëcrasés, condamner les cochers, qui reuTerseront les citoyens, aux galères, leurs maîtres à l'amende et à s'ab^enir de tout équipage dorant un temps limité; — confier Fadministration des théâtres «tt coméBiens et gens de lettres, non phis aux ducs et pairs; — purger l'académie française de tous grands seigneurs.
Le Projet de Cahier pour U Tiers-'État du bailliage et âe la iHcomié de Paris existe en double à la Bibliothèque nationale. La première fois les auteurs du catalogue Tattribuent à La €retefle, la seconde à Carra. Il est signé M. D. L. C, ce qui porterait à croire qu'il .peut aussi bien être de M. De La Croix, avocat, ath leur d*un assez grand nombre de brochures électorales. On y demande, entre autres choses, « que les journaliers mariés, tant des viHes que des campagnes, ne soient assujettis â aucune taxe personnelle s'ils n'ont point de propriété : — que l'on supprime les fonds employés par la police à l'entretien d'une troupe d'espions qui mettent un impôt sur la mendicité, sur les filles de joie, sur les usuriers, sur les joueurs, et compromettent souvent la réputation des citoyens par de fausses délations. »
Le même M. D. L. C. avait publié peu auparavant un Mémoire préliminaire sur le travaii de États^^néraux^
Il faut citer encore :
Lbs objets du jour^ questions^ réflexions, motions faites par un politiqtie de la rue Popincourt, >brochur6s à peu près périodiques;
Le projet de Cahier des trois Ordres réunis àe Paris, et la suite du projet de Cahier;
Le projet de Cahier, lu au district de Notre-Dame, par du Morier*
ÎII. — MOTIONS, PÉTITIONS VT DÔlÉAlfCES PâKTtCU-
LIÈEES.
Nombre de ces brochures furent déposées dans le tronc de 1115tel-de-Ville et l'armoire du Châtelet. Parmi elles, j'ai remarqué :
Ils n* avaient pas encore tout dit ! oti Ton accepte que les États- Généraux tiennent leurs séances à Versailles, à con dition que la
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cour s'établisse à Saint-Glond. -^ Cette question de lieu de réanion de FAssemblëe nationale ayant été réglée à l'avance dans les lettres de convocation, ne paraît guère préoccuper que les électeurs parisiens. Ils sont seuls, je crois, à réclamer (au dernier article de leur Cahier) a que les États-Généraux s'assemblent désormais à Paris, dans un édifice public destiné à cet usage. »
La pétition particulière d'un habitant du district Saint- Marce2, signée d'Acloque, « marchand brasseurs, un des électeurs du chstrict ; — sur l'octroi, etc.
Le premier mémoire aux États-Généraux pour les habitants de Paris, dont l'auteur anonyme demande une meilleure police et la liberté du commerce des vins.
La requête du Tiers-État au roi, par Tabonreau de Montigny, avocat au parlement, avec l'épigraphe : « Salus populi supremalex esto. » — Taboureau propose : — d'établir un impôt proportionnel sûr les propriétaires ; — de "fixer le poids, la mesure et les prix des comestibles; — de défendre, sous peine de mort, d'emmagasiner, accaparer et exporter les grains ; — d'appliquer des peines afflictives et infamantes aux falsificateurs de denrées alimentaires.
Projets d'articles à insérer dans les Cahiers du Tiers-Etat de Paris, où l'on demande un tarif régulier de la taxe des lettres et le dépôt du trésor national à laBastnie.
Français, qu*aîlez^ous faire ? — L'auteur tonne contre la taxe des chaises dans les églises, voudrait voir établir un impôt somptuaire particulièrement sur les voitures.
Cahier (f un magistrat du Chdtelet sur les justices seigneuriales, parBoudher d'Ârgis; excellent ouvrage.
Projet pour procurer des secours aux pauvres malades (par TAmi de l'humanité]. Beaucoup des idées émises dans cette bro^ chure se retrouvent dans les Cahiers.
Un article important à ajouter au Cahier de Pons, 'Snppresnon de l'administration actuelle de rHdlel<-Dieu, reconstruction d'un nouvel Hôtel-Dieu.
L'Avis patriotique, pouvant servir de supplément au Cahier ée Paris, sur la capitation, les vingtièmes et le logement des ^ns de guerre, etc.
Mémoires, observations sur les hôpitaux de Paris.
Plans et projets d* éducation pour toutes les dosées.
Paris aujourd'hui ou idées diverses d'un citoyen du Tiers^Étàt
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Mir U commerce, Vopulenee et la pauvreté actuelle des habitants is cette ville. — Nulle part n'est mieux décrite la mis^ de la cwpitale durant le terrible hiver de 1788-1789. — L'auteur est très- modéré. Il s'excuse, k la fin de son opuscule^ de ce ({ue l'on ait pu « y trouver quelques expressions républicaines. »
Réflexions importantes. ^ L'auteur anonyme fait observer que, sur la liste des électeurs des 60 districts^ il y a infiniment trop peu de commerçants et de gens des arts et métiers; il regrette que les classes improductives soient précisément celles qui sont le plus représentées.
Reproches au Tiers-État de Paris et avis aux électeurs pour reoDduiion des gens de robe à la députation des ÈtaU-Généraux, par l'auteur du Véridique, — Ce publiciste anonyme a remarqué que sur 300 électeurs nommés, il y a 1 44 « robins » , avocats, procureurs, notaires, etc.— « Les gens de loi, s'écrie4-il, n'ont qu'un mobile, l'intérêt, et ils n'écouteront que lui. Il faut se défier d'eux comme des aristocrates. C'en est fait du Tiers-État s'il ne reste lui-même ^ »• — Plusieurs districts ne méritaient pas le reproche qui leur était ainsi adressé par le Véridiqut, En effet, celui du Val-de-Orâce avait demandé : «c Que tout homme puisse jouir du droit naturel de se défendre lui-même et de défendre ses semblables, et qu'on fasse cesser^ comme injuste et contraire au bon ordre, le droit que s'arrogent à cet égard des corporations connues sous le nom d'ordres des avocats.' »
Motion de M, Coumol, avocat aux conseils et électeur, tendant à ce que les électeurs choisissent les 20 députés du Tiera-Ëtat de Paris, de manière à fournir des représentants à chacune des classes de la population parisienne. Suit une liste des professions qui devraient compter un ou plusieurs de leurs membres dans les États-Généraux.
le$ candidats de Paris jugés ou contre-poison adressé aux ékoleurs, brochure réactionnaire, etc»
* Cette défiance des avocats n'est pas particulière à Paris. Plus d^une fois, dans leurs Gabiers, sinon dans des actes spéciaux, les bailliages de» mandent que le nombre de gens de loi, admissibles aux États-Généraux» soit limité. J*ai donné précédemment, pages À%i, 424, deux extraits de pièces jrdatives à cet objet.
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lY. — FACÉTIES ET SATIRES.
Les écrits satiriques sont plus nombreux à Paris que dans tout le reste de la France^ mais n'offrent pas beaucoup d'intérêt. Citons seulement :
Arrêté de la très-^ile- communauté des savetiers, sur les changements de formes dans les corps judiciaires ;
Cahier des plaintes et doléances de MM, les commis de la volaitte, tiré d'un discours prononcé par M. l'inspecteur des dindes;
Doléances des fermiers généraux;
Doléances des églisiers, soutaniers et prêtres des paroisses de Paris;
Très-kumbles remontrances des chevaux de fiacre ;
V ordonnance de police de Sancho-Pança ;
Les Bagnolaises ou les Etrennes du comte de Rivarol ;
Les Fous politiques, par Publius (d'André) ;
Le Bon soir ou la cabale en déroute ;
La colère du père Duchêne à l'aspect des abus, — les vitres eae^ séeSy — les fers brisés, et autres brochures du Père Duchêne, toutes en langage peu français^ sans cesse interrompu par des F.... ourche (sic).
Les Jean-Bart sont sur le même ton.
Il en est d'autres dont les titres seuls ne peuvent pas être reproduits. Les pamphlets en vers contre la cour et la reine sont très-évidemment aristocratiques.