‹ Le génie de la révolutionChapitre 2 sur 191 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

que nous sommes tenus de résoudre sous peine de périr. Elle est en quelque sorte la trame sur laquelle Thumanité travaille, depuis la fin du xviii' siècle, comme Thumanité a travaillé sur la trame chrétienne pendant dix-huit cents ans * .

Si donc un résumé historique, un exposé détaillé, complet et méthodique, des idées et des institutions révolutionnaires était enfin obtenu, ne serait-ce pas un faisceau de principes , jeté au milieu des contradictions contemporaines, un foyer de vérités, capable de réduire à néant les mensonges et les erreurs qui entravent notre marche vers l'avenir?

Je ne veux pas parler d'une nouvelle philosophie de l'histoire de la Révolution, philosophie personnelle et toujours contestable, telle que pourrait, en planant au-dessus des événements, la concevoir un génie plus ou moins audacieux. Il s'agit simplement d'une synthèse cherchée au moyen de la patiente analyse des documents authentiques, procès-verbaux, rapports, décrets, lois, brochures, livres, manuscrits, que possèdent nos archives, nos bibliothèques publiques et privées. Il s'agit d'une synthèse trouvée à force de travail, suivant une méthode d'une précision presque mathé-

* Tout le monde se rappelle cette phrase par laquelle commencent les Considérations de M"* de Staël sur les principaux événements dé la dévolution française : « La Révolution de France est une des grandes époques de l'ordre social; ceux qui la considèrent comme un événement accidentel n'ont porté leurs regards ni dans le passé ni dans l'avenir; ils ont pris les acteurs pour la pièce. »

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