LE BIRB, LA LOGIQUE ET L'ENTHOUSIASME
laFroode, paraît une foule de satires, de facéties, de ocMiiédies burlesques en prose ou en vers, et la caricature prête son utile concours à la propagation des idées et des haines ' . Cependant il me seuQble que le rire Si joué, en 1789, un rôle moins considérable que précédeniment et depuis.
Le siècle de Voltaire, après avoir ébranlé la vieille soàété au moyen du ridicule, devient très-grave quand l'heure est arrivée de fonder la société nouvelle. Mirabeau, Sieyès, Condorcet, Mounier, Barnave, Servan, Cerutti, Target, Rœderer, Lanjuinais, Volney,. Bergasse, Rabaut-Saint-Étienne, ne sont pas des rieurs. Camille Desmoulins lui-même ne deviendra gai que plus tard, quand il aura pris la Bastille et en présence de la mort. La raison est la faculté qui domine chez les publicistes et les agitateurs de la première période de la Révolution. Leur arme favorite devait donc être k froide, la pénétrante logique, et jamais, elle n'a été maniée avec plus d'audace et d'adresse que par eux.
La logique cependant ne leur eût pas suffi pour accomplir avec une si prodigieuse rapidité la substitution du monde de la justice et de la liberté au chaos des privilèges et de l'arbitraire. Mais tous ces
* La collection H. delà Bédoyère contient cent cinquante ou deux cents earicatnre» de 1788 et de 1789. La même collection contient aussi une dooaioe ôa comédies et de drames relatifs aux ^ections.-H2QAnt aiULfà» eéties en prose et en vers, les plus spirituelles, il faut le reconnaître, 40fit eontre-rétolutionnaires; il en est d'abominables contre les mœurs ds 11 eoar, et qui évidemment ne sont pas d'invention plébéienne. *— Qme remarquable, en presque totalité, les pièces satiriques que J'ai 'Ous oitre les mains sont de Paris , je n'en ai trouvé qu'une ou deux, ^aieat été manifestement imprimées en province.
1 36 LK GÉRie DE U RÉVOLUTION. — LIV. I.
logiciens étaient en même temps des enthousiastes. Ils croyaient à ce qu*ils écrivaient, ils avaient foi dans la légitimité et Tutilité de leurs actes. Leur aversion contre le passé et leur passion de Vavenir étaient telles qu'ils n'étaient plus susceptibles d'éprouver les instinctifs épouvantements de Tanimal devant le vide, de rhomme devant Finconnu. L'ardeur sacrée qui enflammait leurs cœurs passa dans le cœur même de la France, et produisit le plus sublime élan vers Tidéal social et politique qu'ait jamais éprouvé Thumanité.