LE BÂ6UMENT AOYAL JET LE LIBRE PROGRAMME
tfof crédules éL des fanatiques; des hommes qui professent aujourd'hui des opinions contraires à celles qu'ils exprimaient hier. Ils prendront garde de confoodre rintrigue avec le zèle, le faux esprit de conciliation avec la pureté des principes. Ils ne croiront pas au patriotisme sans vertus privées ^ La probité, le ix>n sens^ l'iotelligence, le courage et le dévouement, tels sont les qualités indispensables aux représentants du peuple* Les électeurs chercheront donc « rhoBune auquel ils confieraient leur fortune et k garder et à défendre, celui qu ils ont vu aux prises avec l'intérêt et qui s'y est trouvé supérieur, dont la probité estaon-seulement intacte, mais éprou* lée ; qui unit h la vertu une raison forte, et qui ait assez de calme pour écarter avec patience toutes les objections et assez de talent pour réfuter celles qui attaqueraient le bien public ^ x> .
Les députés étant nommés, les assemblées électorales auront soin, — bien que ce soit contraire au fièglement, «— de désigner des suppléants^ toujours prêts à prendre la place des représentants en titrCy û ceux-ci mouraient, tond)aient malades ou se trouvaient par une cause quelconque empêchés d'assister avec régularité aux séances des États-Généraux '.
* Condorcet, Conseils aux électeurs,
' Anonyme, Des États 'Généraux etprincipalemeut des pouvoirs.
' M. F. D. T. Jnstrwtions et pouvoirs, art. 9. — Cette question de» nppléants fat très- bien comprise par les électeurs. Elle avait une imporfauiee capitale pour le Tiers-État, que Tabsence de quelques-uns de ses <l^tés pouvait rendre inférieur en nombre aux deux autres Orte remis, et qui ainsi risquait de perdre tout l'avantage du double- 9m.
Tel est le dernier article du Programme tracé par les publîcistes pour Tinterprétation et Fapplication du Règlement officiel.
La France ne le suivit pas à la manière de Tenfant qui répète mot par mot une leçon à laquelle il ne comprend rien, ou imite machinalement Texercice gymnastique dont un maître lui a fourni le modèle. Elle Fépela, et bien vite le lut couramment; puis, dans ses mille et mille assemblées électorales, le discuta point par point et finit par Taccepter, comme il lui avait été proposé, avec autant d'enthousiasme que de logique.
Le Règlement royal avait restitué aux trois Ordres la faculté de se plaindre des abus et de nommer des délégués pour consentir Timpôt et fournir au mo* narque des conseils devenus indispensables; mais il n'avait pas reconnu, il avait même nié implicitement la souveraineté nationale. Gr&ce au libre Programme, la nation put profiter des concessions arrachées au gouvernement sans souscrire à la violation d'un seul de ses droits, c'est-à-dire répondre à l'appel qui lui avait été fait et en même temps proclamer, mettre en pratique sa propre souveraineté, imprescriptible et inaliénable.
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