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ÉLECTIONS PRIMAIRES DES IMPRIMEURS, ETC

eatify émané de la chambre syndicale et une Lettre de$ êfficiers du corps de la librairie.

Ces pièces ayant été examinées par le conseil du roi, le ministère cherche un moyen de concilier les droits reconnus des maîtres avec les droits évidents des garçons. D'une part, il ratifie les élections faites, selon la forme légale, par les patrons, et, d'autre part, il engage la chambre syndicale à examiner de nouveau si la réclamation des ouvriers n'est pas admissible, s'il ne serait pas prudent de les laisser envoyer à l'assemblée du Tiers-État le nombre proportionnel de députés, accordé par le Règlement à chaque corporation (8 mars). Mais la chambre répond qu'autoriser les garçons ouvriers à se faire représenter isolément, ce serait violer les statuts de l'imprimerie et de la librairie. Alors (21 mars], le gouvernement exige que l'un des trois députés des imprimeurslibraires se retire pour faire place à un député des ouvriers.

Excepté dans les assemblées des imprimeurs, des passementiers, de la Grande Fabrique et de quelques autres corporations moins importantes, tout s'est Hen passé, écrit l'intendant de la généralité de Lyon ' . Les réunions des corps de métiers tenues pendant quatre jours consécutifs, écrit de son côté le prévôt des marchands ^, « n'ont donné lieu à aucun mouvement dont l'ordre public ait été altéré. Il s'en faut néanmoins de beaucoup que le calme intérieur y ait complètement régné, principalement dans les communautés nombreuses où la multitude a été assez tumul-

* Lettre ao Directeur général des Finances, 1*' mars. > Lmre au même, 28 février.

tueuse et a fait la loi, en ne fixant son vœu sur aucun des 7nembres qui jouissaient de quelque considération, ou qui avaient acquis des droits à la confiance, tels que les marchands-syndics et maîtres-gardes. »

La multitude, ajoute-t-il, a presque partout éloigné « les personnes paisibles. » — Dans le style officiel de tous les temps, ce mot a la même signification, — c( Elle a honoré de ses suffrages « des factieux. » — Lisez de bons citoyens que la tyrannie a persécutés.— Enfin a les têtes étant aussi échauffées que déraisonnables,. . . on n'a voulu s'occuper que de prétentions et de demandes étrangères à l'objet de la convocation. » — Est-ce à dire que ces malheureux ouvriers aient osé signaler leur entrée dans la vie politique par des motions incendiaires contre le gouvernement et la société ?

Au contraire, ce qui frappe au premier coup d'œil que l'on jette sur la Supplique et le Mémoire des électeurs fabricants d'étoffes en soie de la ville de Lyon, c'est l'excessive modération avec laquelle ces victimes du capital et delà concurrence se plaignent de leurs maux. Ils n'inscriront que plu» tard sur leur drapeau: «Tivre en travaillant ou mourir en combattant ! »

La ville de Lyon, exposent-ils en février 1789, doit à sa fabrique d'étoffes de soie, d'être la seconde ville du royaume. Cette fabrique est en» pleine décadence, sa ruine entière est imminente. Le salaire c< d'un tra^ vail pénible et forcé » ne suffit pas aux « deux tiers des besoins les plus urgents de la vie, » et les ouvriers, « excédés parla plus affreuse misère, causée par l'insatiété des marchands, sont sur le point de s'expatrier

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