‹ Le génie de la révolutionChapitre 97 sur 191 · ATTITUDE DU CLERGÉ. — MANDEMENTS · texte numérisé non relu

ATTITUDE DU CLERGÉ. — MANDEMENTS

4^ la religion ; notre consécration au service des au-

^Is ne nous dépouille pas de notre qualité de citoyen.

*n outre, nos droits , franchises, immunités, hon-

^eurs et privilèges sont de la part du souverain et de

-« nation des concessions libres, qui méritent notre

«mour et notre reconnaissance. » — Ainsi commence

le très-libéral Cahier du Clergé de Loudun *, et certes,

Ifes prêtres qui parlent ainsi sont bons Français, mais

•Bnt-ils en même temps bons catholiques? Sans doute,

ïé^rêque de Blois, Thémines , qui offre à la patrie la

«loitie de son revenu * et publie des brochures patrioti-

J^^s * , est, lui aussi, un disciple de Jésus, préchant sur

»Xïiontagne. Sans doute encore, l'archevêque de Bor-

"■^vix, Champion de Cicé , met en pratique les meil-

■^^ï*s préceptes de l'Évangile, puisqu'au moment où

^ Wouvrent les assemblées électorales, il prêche aux

jl*5andsle sacrifice, aux sujets la modération, à tous,

^ concorde et l'amour de la patrie *. Mais le vrai pré-

** catlioJique et apostolique romain, c'est le primat

*^ ^auJes, Monseigneur Jules-Alexandre de Marbœuf ,

^^^vêque et comte de Lyon ^. Celui-là, au moins,

) ^^denment écrit par les curés.

j|L ^'auieo/. anonyme de la brochure intitulée Manière dont les Pari' (2r ^^kent s'y prendre pour s'assembler, cite ce fait et le donne en * ' ^^^^^u Clergé français tout entier. > 4 j^^ctions du hameau de Madon.

^ ^ÊHlJ^^^emen^ ^^ '^^^ éructions pastorales de Mgr V archevêque de Bot- ^î^t* ^liiordontic des prières publiques pour demander au ciel l'heut^^^HrfffS ^/a ts- Généraux, in-8% 14 février 1789. ■ ^■^jL\(lem£./7^ semble répondre à une brochure intitulée Moyen de " "^SHik^ûf^ ^^ ^ 'occupe pas assez, et dans laquelle un bon citoyen jJjJv^'e,/^^ qU^ ^'oa ne fasse pas de prières publiques et solennelles hpSif^a r^^'^^^^ ^e la France et pour que le Saint-Esprit illumine * l3''(jjf5 ^^ .^^ u pie aux États^énéraux.

*'» tiei 0^^ ** ^^marquep, depuis l'année précédente institué suc-

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ne pactise pas avec Salao, avec Tesprit du siècle ; il ne souffre pas que la Foi s'incline devant la Raison, il ne veut rien, absolument rien sacrifier du saint dogme de TAutorité à Thérésie libérale , à la Démocratie maudite. Paraphrasant Isale et Fénelon, il dénoaee à TËurope chrétienne et monarchique la France de Voltaire et de Mirabeau, il s'écrie ^ :

«L'incrédulité n'est plus muette... Le jour de la

ruine est proche et les temps se h4tent d'arriva*!

c'est le moment de gémir et de pleurer, et de se couvrir du cilice. Déjà des éclairs, échappés de la nue, éblouissent nos yeux et glacent nos cœurs. Le tonnerre gronde au loin : la foudre va bientôt éclater... Un esprit de vertige s'est emparé de toutes les têtes. Des idées nouvelles, substituées brusquement aux anciennes maximes, ont semé la discorde et la défiance parmi nos concitoyens. Une subversion totale semble menacer toutes les institutions politiques, civiles et religieuses... Le peuple fera une insurrection... II s'élèvera contre les nobles... La terre est dans la consternation... La grandeur d'un peuple de cette terre s'est évanouie ; elle est infectée par ses habitants... Car

eesseur de M. de Montazet, n'avait pas jugé à propos d'aller prendre pos^ session de son siège et dépensait fort agréablement son revenu à Paris et à Versailles, tandis que ses ouailles souffraient du manque de tra- Tailet de pain (V. VHùtoire de Lyon depuis 1789, par J. Morin,tI, p. 18.)

* Mandement de Varcheoéque comte de Lyon, in-8«, 28 janvier 1789, — c portant permission de manger du beurre, du fromage et des œufs durant le carême de 1789. » — Ce mandement souleva des transports d'indignation, même dans le Clergé. Le père Lambert y répondit par une Lettre à M, de Marheuf, et un autre publiciste par une Lettre d^v» curé lyonnais. Ces deux brochures sont fort raisonnables^ mais iofiainent aoina catholiçues que celle de l'illustre prélat

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ils ont transgressé les lois, altéré le droit public. •• Malheur à cette nation criminelle écrasée sous le poids de ses iniquités! Malheur à cette race méchante, à cette génération corrompue ! Elle a blasphémé le Saint d'Israël ! »

Ce cri de rage, poussé par un prêtre au milieu d'universels transports d'amour, devait, se répétant d'écho en écho, produire la guerre de la Vendée, l'intronisation du culte de la Raison à Notre-Dame de Paris et la fermeture des églises. Trop généreuse, trop crédule, la Révolution ne voulut point, dès la première heure de la régénération de la France, accepter pour une déclaration de guerre l'impuissant anathème, échappé des lèvres du primat des Gaules. La démocratie des curés l'empêcha de voir dans les fous qui l'insultaient, comme M. de Marbœuf, d'autres ennemis que des aristocrates mitres. Elle tenta d'associer l'Église à son œuvre, elle commit la faute immense d'essayer de la transformer en même temps que le reste de la société, de la reconstituer chrétienne en même temps que l'État libre. *. Il lui fallut plusieurs années d'expériences inutiles et des désastres épouvantables, pour reconnaître que l'archevêque comte de Lyon avait révélé, en 1789 , le fond de la pensée catholique ; pour se convaincre qu'il y a identité absolue entre le despotisme religieux et le despotisme politique, que la Liberté est incompatible

* Edgar Quinet, au ch. xiii de son très-important ouvrage sur la Jiétolution religieuse au xix* siècle^ Bruxelles, 1854, soutient avec l>ttiicoup de raison que ce fut le malheur de la Révolution de n*avoir pas mieux apprécié Torganisation du monde religieux ; « elle eût pu, <lit-il, appuyer son levier sur tout ce qui renferme un élément de liberté morale et renverser par là l'édifice de toute tyrannie. »

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avec l'autorité infaillible , TËgalité civile avec la hiérarchie sacerdotale, la Fraternité avec le dogme qui proscrit quiconque se refuse à croire, excommunie, brûle, persécute, extermine les hérétiques, et enCn que la Justice est le contraire de la Grâce.

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