V. fuit, Augustusne moriens reliquisset, quo materiam
j tumultus post se subduceret; an nomine AugUSti
Livia et ea, conscio Tiberio, an ignaro dictasset.
7 Tiberius rCnuncianti tribuno factum esse, quod impe-
■' rasset, « neque imperasse se et redditurum eum sénat ui
Hormis chez Suétone, où trouver quelque information digne de foi sur la vie des premiers Césars ? Il est aujourd'hui prouvé que les écrivains^ postérieurs à Tacite, qui font mention d'eux dans leurs
rationem » respondit; invidiam scilicet in praesentia
vitans. Nam mox silentio rem obliteravit.
Suétone rapporte, entre autres; d'après les Annales, le meurtre de Posthumus Agrippa {Tib. 22; Ann. I, 6); les hésitations hjrpo- -crites de Tibère à accepter le pouvoir {Tib. 24; ^««. I, 7, 9); le danger couru par Tibère à Terracine ; ses préparatifs simulés de voyage (Tib, 39, ^4»». IV, 59; Tib. 38, Ann. l, 47;; la demande -dérisoire d'Hortalus et le refus qu'y oppose Tibère {Tib. 47, Ann. II, 37 j ; la haine de Tibère pour son fils Drusus (Tib. 52, Ann. I, 76, IV, 10); pour sa femme Julie [Tib. 5o, Ann. I, 53); pour sa mère l^ivie {Tib, 5o-5i, ^4»». I, 14; IV, 57, V, 2) ; pour son neveu Germanicus {Tib. 52, Ann. I, 33, 52; II, 5, 41, 43); pour sa nièce Agrippine et ses petits-neveux Drusus et Néron {Tib. 53, 5^. Ann. IV, 17, 19, 52, 54, 70; V, 3, 4, 5; VI, 23, 24, 25); les persécutions ■exercées par Tibère contre les amis de Germanicus, d* Agrippine, deSéjanfTïô. 61, Ann. IV. 18, 3i. 32, 52.68; V, 6-9; VI, 8); la réponse de Tibère au préteur touchant l'exécution des lois de majesté {Tib. 58, Ann. I, 72); les poursuites exercées par Tibère contre des citoyens romains, accusés du crime de lèse-majesté {Tib. 58, 61, 55, Ann., passim); la conduite contradictoire de Tibère vis-à-vis des gouverneurs de province {Tib. 63, Ann. I, So): la confession de Tibère {Tib. 67, Ann. VI, 6); la mort de Germanicus (Calig. 2-3, Ann, II, 55, 57, 70); les débuts de Néron sur le théâtre de Naples {yero 20, Ann. XV, 33) ; son apparition sur le théâtre de Pompée {Nero 21, Ann. XVI, 4) ; sa soumission aux règles du concours musical {A^ero 24. Ann. XVI, 4); ses provocations au théâtre {Nero 27, Ann, XIII, 25) ; ses spoliations des temples {Nero 32^ Ann. XW^ 45); le meurtre de Britannicus i^Nero 33, Ann, XlII, i5-i6); la persécution et le meurtre d* Agrippine {Nero 34, Ann. XIII, 18 ; XIV, 1-8); les angoisses de Néron après le parricide et les félicitations des soldats (Nero 34, Ann. XIV, lo-ii); le divorce de Néron avec Octavie (Nero 35, Ann. XIV, 60-64) î ^^ meurtre de Poppée (Nero 35, Ann. XVI, 6); le meurtre
œuvres ont lu et utilisé les Annales. Ces écrivains ne peuvent rien nous apprendre. Seuls, Velleius- Paterculus, Senèque le philosophe, Pline le naturaliste, le Grec Flavius Josèphe, Strabon
de Senèque {Nero 35, Ann, XV, 64); de Burrhus (Nero 35,. Ann. XIV, 5i); des affranchis de Néron {Nero 35, Ann. XIV, 65) ; la conjuration de Pison (Xero 36, Ann. XV, 48 sq.; XV, 58, 56, 67, 68) ; le meurtre de Petus Thraseas (Nero 37, Ann. XVI, 35); Tincendie de Rome {Nero 38, Ann. XV, 38. 41, 39); l'apparition de la peste à Rome [Nero 39. Ann. XVI, i3); le désastre de Bretagne {Nero 39, Ann. XIV, 29 sq.); l'échec des armées romaines en Arménie {Nero 39, Ann. XV, i5). Nous sommes autorisés à croire queles cinquième et seizième livres des Annales, perdus en grande partie, ont été démarqués par Suétone aux chapitres 48, 55, 61-62,. 64-65 de sa biographie de Tibère, qui nous parlent des intrigueset de la chute de Séjan et aux chapitres 40 -So, de sa t>iographie de Néron, qui nous racontent la révolte de Vindex et le suicide du jeune Cé^ar. Suétone parle de Tibère avec admiration aux chapitres 21, 26-38, 40, 46, 48, 71 de sa biographie, qu'il devait avoir écrits avant la publication des Annales, et il consacre vingt-cinq chapitres aux actions « exemptes de reproches ou dignes de grands éloges » de Néron, avant de raconter ses crimes et ses turpitudes d'après le roman des Annales. Dans son travail de revision, il a généralisé les faits particuliers inventés par Tacite et, par l'emploi constant du pluriel, il a étendu à un nombre indéfini de personnages les malheurs attribués par le poète à des individus déterminés. Par ex. : Atm. V, 9. Le bourreau viola la fille de Séjan, tout enfant, avant de l'étrangler ; Tib. 61 . Quant aux vierges, le bourreau les violait avant de les étrangler. — Ann. VI, 10.. Vitia fut tuée pour avoir pleuré la mort de son fils; Tib. 61. Il fut défendu aux parents des condamnés de les pleurer. — Ann. VI, 19. Tibère confisqua les biens de S. Marius, le plus riche des Espagnols; il s'empara de ses mines d'or; Tib. 49. Tibère confisqua les biens des principaux citoyens des Gaules, de l'Espagne, de la Syrie et de la Grèce ; il s'empara des mines d'or de diverses cités et des particuliers. — Ann. XV, 68. Sulpicius Asper répondit à Néron, que seul, son assassinat mettrait fin à tant de crimes;
le géographe, l'ingénieur Frontin, contemporains <ie Tibère, de Claude, de Néron, ont le droit d'être -entendus dans le procès que nous allons instruire. Telleius Paterculus, dans les dernières pages de
Nero, 36. D'autres accusés répondirent à Néron que, seul, son assassinat mettrait fin à tant de crimes. — Ann. I, 47. Tibère feignit de se mettre en voyage; Tib. 38. Tibère feignait de se mettre en voyage presque chaque année, etc., etc.
Les insinuations malicieuses de Tacite sont devenues des -affirmations catégoriques sous la plume de Suétone ; il précise les faits allégués par le poète. Par ex. : Ann. XIV, 2. Est-ce Agrippine -qui désira Néron, ou le fi\s qui désira la mère? L'opinion générale penche pour la première supposition; Nero 28. Jamais personne n'a douté que Néron ait désiré abuser de sa mère. — Ann. XIV, 5i : Burrus, souffrant de la gorge, mourut-il de maladie ou par un poison que lui administra Néron, sous prétexte de remède ? On ne sait; Nero 35. Néron avait promis à Burrhus un remède contre les maux de gorge; il lui envoya du poison. — Ann. XV, 38. Est-ce le hasard, ou peut-être un coup secret du prince qui provoqua l'incendie de Rome? On ne sait; Nero 38. Il mit ouvertement le feu à la ville de Rome. — Ann. XV, i5. Le bruit courait que les deux légions de G. Petus avaient passé -sous le joug ; Nero 39. En Orient, il fallut subir l'ignominie de ■deux légions qui passèrent sous le joug. — Ann. XV, 3g. Le bruit courait que, pendant l'incendie de Rome, Néron, monté sur son théâtre particulier, avait déclamé la Ruine de Troie; Nero 33. Pendant l'incendie de Rome, Néron, placé en haut de la tour de Mécène, en habit de théâtre, avait chanté la Prise de Troie. — ^4»». XV, 34. Le théâtre de Naples, où Néron débuta, -s'écroula après le départ des spectateurs. Nero 20. Ce fut à Naples qu'il débuta. En vain un tremblement de terre ébranla le théâtre ; il ne cessa de chanter que quand il eut fini son air. — Ann. XIV, 14. Néron obligea des chevaliers romains, d'un nom -connu, à descendre dans l'arène. Nero 12. Il obligea quarante -sénateurs et soixante chevaliers romains à descendre dans l'arène. — Ann. IV, 64. Par déférence pour Tibère, on proposa d'appeler le mont Celius le mont Auguste; Tib. 48. Par vanité, Tibère
son A brége d'histoire romaine^ parle de Tibère en admirateur passionné et ému. Mais Velleius ne jouit guère d'estime auprès des critiques modernes. Parce qu'il exalte les hautes vertus de
ordonna de changer le nom du mont Celius et de l'appeler lemont Auguste. — Ann.V, i. Le testament de Livie resta longtemps sans efifet; Tib. 5i. Tibère déclara nul le testament de Livie. — Ann. I, 5. On ne sait si Tibère, rappelé précipitamment, trouva Auguste encore vivant ou mort; Tib. 21. Rappelésur-le-champ, Tibère trouva Auguste respirant encore et restaavec lui, en conférence secrète, pendant toute une journée. — Ann. XVI, 6. Après la fin des jeux Poppée mourut victime d'un emportement de son mari, qui la frappa d'un coup de pied lorsqu'elle était enceinte; Nero 35. Il tua Poppée d'un coup de pied, parce que, malade et enceinte, elle lui faisait des reproches assezvifs de ce qu'il était rentré un peu tard d'une course de chars, etc., etc.
Suétone renchérit sur les allégations de Tacite lorsqu'il avanceque Néron se montra au grand cirque {Nero, 22); qu'il allait épouser Actée (Nero, 28); qu'il avait deux amants {Ibid.); qu'il mit. à mort Antonia, fille de Claude, viola Aulus Plautius, fit noyer son beau- fils Rufius Crispinus, exila Tuscus, le fils de sa nourrice- {Nero, 35); etc. Il commet des inexactitudes en démarquant rapidement les Annales. Ex. : Ann, IV, 64; VI, 17; VI, 45,- Tibère indemnisa les victimes après l'incendie du Celius et de VAventin; il ouvrit au peuple un crédit de cent millions dfr sesterces; Tib. 48. En tout, il ne fit de largesses publiques que deux fois, lorsqu'il ouvrit un crédit de cent millions de sesterces au peuple, puis lorsqu'il dédommagea les propriétaires des quartiers incendiés du Celius. — Ann. II, 37-38. Tibère reçut avec dureté la prière du sénateur Hortalus, qui lui demandait un. secours, en exposant les raisons de sa gêne; Tib. 47. Tibère annonça qu'il n'aiderait que ceux qui auraient justifié au Sénat des causes de leur gêne. La plupart gardèrent le silence par honte ou par retenue. Nous citerons Hortalus. — Ann. II, 63; n, 67; II, 42. Maroboduus fut retenu prisonnier à Ravenne, où il mourut de vieillesse. Entraîné à Rome, où \\i^3ll^.cc\lsé, Rhes-
Tibère, devenu un monstre sous la plume de Tacite, il passe aujourd'hui pour un impudent flagorneur. Cependant, n'aurait-il pas dit la vérité toute simple ? Il s'en tient à rappeler brièvement les exploits de Tibère à la tête des armées de
cuporis fut transporté à Alexandrie et, là, égorgé. Retenu prisonnier à Rome, Archelaiis y mourut de vieillesse et de chagrin ; Tib. 37. Tibère attira quelques rois à Rome et ne les laissa plu& repartir; c'est ce qui arriva à Maroboduus le Germain, à Rhescuporis le Thrace et à Archelaus le Cappadocien, etc.
Faisant appel à ses connaissances de lettré, et peut-être à son propre talent de versificateur, il trouve, pour singulariser ses notices composées d'après les Annales, des expressions proverbiales, des mots typiques, des vers grecs et latins, des comparaisons mythologiques, appropriés aux faits et gestes de ses Césars. Ex. : Il prête à Tibère la locution : Teneo lupum aurihus {Tib., 25); une comparaison entre la vie de Priam et la sienne {Tib., 62); des questions relatives à la mythologie (Tib., 70); aux adversaires de Tibère, de funestes pronostics en vers sur son règne {Tib., Sg); à Néron, une réplique à un proverbe grec {Nero, 38): un vers grec faisant allusion à ses crimes {Nero, 46); un vers grec qu'il aurait prononcé à l'approche de ses assassins {Nero, 49); à ses adversaires, des vers grecs et latins, farcis d'allusions mythologiques, au sujet de son parricide {Xero, 39), etc. Suétone conteste à Tacite )a vérité d'aucunes de ses affirmations, mais il évite de prendre directement à partie l'illustre écrivain, en usant de la formule indéterminée : certains écrivains prétendent^ pour introduire ses allégations. Ainsi, Tib. 21. Je n'ignore pas, qu'au rapport de quelques-uns, Auguste ne pût refuser aux prières de sa femme l'adoption de Tibère. Je ne puis croire que, etc. (Cf. Ann. I, 3); Nero 04. On ajoute encore des choses plus atroces, mais sur des autorités peu dignes de foi ; Néron serait accouru pour voir le cadavre de sa mère, etc. (Cf. Ann. XIV, 9); Nero 52. Il est faux, comme le croient quelques personnes, que Néron ait donné pour siens les vers d' autrui (Cf. Ann. XIV, 16). Tib. 73. Quelques-uns prétendent qu'on étouffa Tibère sous un coussin (Cf, Ann. VI, 5o).
Cermanie et de Pannonie, à énumérer les bienfaits de son gouvernement depuis bientôt dix-sept ans qu'il préside aux destinées de l'empire et à exprimer, sans phrase, les vœux que forme, pour la conservation de ses jours, son peuple affectionné.
Je n'insiste pas sur sa parfaite loyauté. Mais je constate que dans ses pages enthousiastes, Velleius se plaît à attribuer au fils de Livie les plus belles qualités du cœur et de l'esprit. Chose curieuse, et que nous retiendrons, ce contemporain de Tibère lui reconnaît précisément les mérites opposés aux vices que Tacite, cent ans plus tard, lui imputera. Ici, Tibère affectionne sa mère (i); là, il Texècre (2). Ici, il aime son fils Drusus et son neveu Germanicus (3); là, il est accusé de les avoir empoisonnés Tun et Tautre (4). Dans V Abrégé de Velleius, nul n'est plus cher à Auguste que Tibère, à qui il confie les plus délicates missions (5); dans les Annales^ Auguste abomine son beau- fils; s'il le nomme son successeur, c'est qu'il a deviné sous son hypocrite réserve la laideur de son âme et qu'il veut s'assurer, par contraste, les regrets toujours plus cuisants de ses sujets (6). Dans les Annales, Tibère méprise et viole les lois; il tient les sénateurs en suspicion et annihile leur autorité; dans V Abrégé de Velleius,
(i) Histoire romaint, II, i3o.
{2)Ann., 1,14; IV, 57.
(3) Histoire romaine ^ II, i29-i3o.
(4)^»»., III, 16; IV, i; IV, II.
.(5) Histoire romaine, II, I23.
\6) A7in., I, 10.
"Tibère assure, avec un soin jaloux, le respect des lois, il fortifie Tautorité du Sénat et relève le prestige de la noble, antique et souveraine assemblée (i). L'opposition des faits est constante dans les deux écrits : je le répète, elle est à retenir.
Nous avons perdu les œuvres historiques de •Cluvius, de Fabius Rusticus et de Pline l'Ancien, pour ne citer que les écrivains auxquels Fauteur -des Annales feint, de temps à autre, d'avoir eu recours. Pline l'Ancien parle incidemment de Néron, son contemporain, dans son Histoire naturelle. Dans ses nombreux écrits, Senèque le philosophe décerne des éloges à Tibère, à Claude •et à son successeur, et Strabon, Frontin, Quintilien, Flavius Josèphe, nous fournissent, sur les événements de leurs règnes, quelques minces informations. J'ai rassemblé à la fin de mon étude les principaux passages de ces auteurs contemporains des premiers Césars, parce que ces pas- :sages sont les seuls témoignages antérieurs aux écrits de Tacite que je me suis reconnu le droit < d'utiliser.
(i) Histoire romaine, II, 126, 129.