‹ Le génie des religionsChapitre 23 sur 75 · POÉSIE ÉPIQUE · texte numérisé non relu

POÉSIE ÉPIQUE

C'est une des conditions vitales de la société de découvrir les unes après les autres les richesses du passé, à mesure qu elle a besoin de prendre un essor nouveau. Le mên^ siècle n'a pas vu reparaître à la fois toutes les splendeurs de Tautiquité. Ces flambeaux ne se sont rallumés que successivement , et les uns après les autres. Dès que le moment arrive où le moyen âge doit sortir de sa nuit , Virgile commence à renaître avec le génie iatin. Il devient Tinstitutéur de lltalie moderne, et le conducteur de Dante rouvre les portés de Tavenir. Plus tard , quand cette force s'arrête , que le siècle assoupi a besoin d une seconde impulsion , c'est Homère qui , dans Constantinople , sort de l'oubli. Entouré du cortège des orateurs, des poètes grecs, il dissipe, à son souffle, le moyen âgç , et crée la renaissance. Quelquefois ce sont des modernes qui, le lendemain de leur apparition, re* tombent dans l'obscurité , et sont copame s'ils n'avaient jamais été. Mais leur action , un moment suspendue , n'en est bientôt que plus puissante. Tel fut Shakspeare. S'il est oublié par le xvii* siècle , il revit de nos jours, et cette résurrection a provoqué celle de l'Allemagne : en sorte que ces hommes peuvent être regardés comme d'ardents messagers qui , de loin à loin , viennent marquer l'aurore des grandes journées du monde intellectuel. Aujourd'hui , l'Europe est lasse ; elle l'avotié elle-même.

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