LIVRE IV
Iie« rellirioii* tl« TAsIe fiecideiitele et île . l'Èmjptm. — Mim liéwéliitloii par lu purole et pur 1» Tle ori^niqiiiew
Les voyageurs modernes ont retrouvé ces étonnantes ruines de Persépolis, cçs mille colonnes (•) que les esprits ont bâties au milieu du désert. Dans ces débris, ces péristyles, ces portiques enchantés, la gravité égyptienne se mêle à un art avant-coureur du génie grec. Une partie est recouverte d'inscriptions en forme de coins , de fers dé lance; et comme la clef en est perdue, vous ^.iriez .des formules d'évocations qui font surgir chaque jour ces merveilles dans le pays de la magie. Ce qui ajoute à tout cela, ce n^est pas tant la grandeur, la majesté colos-^ sale de l'architecture, que les sculptures taillées dans le bloc vif des montagnes; car c'est dans ces bas-reliefs que se retrouve, avec le tableau des cérémonies religieuses des Perses, celui de leurs institutions civUes et politiques; c'est dans ces bas-reliefs que Ton voit le peuple entier, partagé selon les divisions des provinces de l'empire, défiler devant son premier instituteur, Djemschid, qui repose sur le trône et le marchepied dont parle l'Ecri-
(*) Chardin, Voyage en Perse, t II, p. 140-190. — Hyde, Historia religionis veterum Persarum, p. ^04.— Herder, Persépolis, «1, 87, 99.
ture. MagesV laboureurs, archers, artisans, portent dans leurs mains les marques de leur condition ; le chariot jdes migrations -se meut sur ses roues; il n est pas jusqu'à la clochette qui ne tinte encore au cou des chameaux de riran (^). Ce n'est plus là l'immobilité des royaumes de Brahma, de Bouddha, éternellement assis dans les sculptures du Gange. Au contraire, tout s*agite, le peuple est debout , la société s est levée, elle marche ; c'est la première procession du genre humain au-devant du Dieu nouveau. Et, il ne faut pas oublier, dispersés dans un vaste horizon, les animaux emblématiques qui ont reparu si souvent dans les visions des prophètes de la captivit^^ et qui là, du haut des monuments ou sous les portiques, à l'entrée du désert , s'agitent, s'élancent, battent de l'aile autour de cet empira naissant comme pour l'inviter à partir : chevaux caparaçonnés (2) (jui frappent du pied le chapiteau des colonnes ; centaures à la barbe pendante ; sphinx aux têtes de patriarches, au front mitre ; licornes, béliers de 4'Écriture (3) , qui encore aujourd'hui heurtent de la tête l'occident, le midi, V aquilon et le pays de la gloire; taureaux chargés du diadème; chérubins des Mèdes ; léopards aux faces d aigle; dragons assis sur le trône, aux bonds rapides, à la voix de tonnerre, aux battements A' é\\^s pareils au bruit d'un camp. Ces monstres mitres semblent régner de droit divin sur toute la nature y i van te.
Dans ces sculptures revit la figure de l'empire des
(») Travels ia Georgia, Persia, etc. By sir Robert Ker Porter, 1817, 1820, t 1, pi. 42, p. 613. • '' .
(*) Ker Porter, 1. 1, p. 633.
(>) Ézéchiel, xxviii, ] 3, 18. Daniel, yiii, 6, 7. Apocalypse, xyiii, 2.
238 LA révélation' par la parole.
Mèdes et des Perses ; accouplement de deux sociétés, constitution raffinée et barbare, la tête d'un mage sur le corps d'un taureau. Autant l'extrême Orient semble immobile, autant ces peuples zends s* agitent dès le berceau. C'est avec eux que le mouvement de l'histoire commence, et que l'humanité sq jette dans cette inquiétude qui ne fftiira plus. Un vague instinct les pousse à la conquête de tout ce qui les entoure 5 ils ont besoin d'imposer leur foi, leurs symboles ^ leurs dieux, ils veulent être les apôtres du monde. Descendus des hauteurs de la Bactriane, ces peuples, hardis cavaliers^ se. précipitent tête baissée contre la race de Sem, Babylone, la Chaldée, Tempire d'Assyrie, qui, livrés à l'industi ie, deviennent bien tôt leur proie. Cet empire persan n'a point de repos qu'il n'ait tout subjugué, depuis llndus jusqu'à l'Halys. Un peu après, Cambyse y joint TÉgypte ; mais déjà l'Asie est trop étroite pour la mission ^e ces croyants ; l'Orient soumis, il faut s'emparer de l'Europe, non dans une invasion furtive, par une colonie qui va cacher son origine sur quelque rivage désert, mais par une véritable émigration de l'Orient en Occident. Sans doute la Grèce n'attend que l'arrivée du grand roi pour se courber sous ses pas; l'éducation de l'Europe se fera sous le joug de l'Asie; les mages l'ont promis. Après avoir fouetté l'Hellespont , reste à entendre sa plainte à Salamine.
C'est ainsi que cette race d'hommes apparaît dans l'histoire! elle 9'élance, elle bondit dans le passé, comme les lions couronnés contre la licorne des bas-reliefs de Tchelminar. Les Grecs nous ont fait connaître ses actions; mais ses pensées, qui les' explique, où iea trouverons"' nous? Quelles doctrines apportaient eeë apôtres àMara-
ihoti, à Salacnîne, à Platée, à Mycale! Qui nous dit qu'il faille n.ous réjouir ou nous plaindre de la victoire! Sous leurs cuirasses, quels cœurs battaient? quelle tradition vivait! quel dieu les menait?
Si aux monuments de Persépolis on joint le livre sacré qui en est le comnien taire, le Zend-Avesta,- on retrouvé d'abord les mêmes doctrines que dans les plus anciens Védas. Les Asvins, Soma, Mitra, Aryaman (^), tous les génies dèTaube que nous avons vue poindre avec la révélation des patriarches hindous reparaissent ici avec plus de précision , éclairés, achevés par le jour dans sa pleine carrière. Les efeprits de Taurore ont atteint leur midi ; à cette lueur nouvelle, ils changent de forme et de nature,. san$ changer de nom (*). La moindre comparaison entre ces deux peuples jumeaux, les Hindous et les Perses ^ suffit pour reconnaître qu'ils ont longtemps balbutié la même parole dans le même berceau. Seulement ceux-ci sont demeurés plus fidèles à la tradition ingénue à^ premier culte : ils ne Tont pas transformée par Tart ni par là philosophie p). Loin de là^ ils Tont, pour ainsi dire, éternisée dans une langue lapidaire, le zend, sorte d'ébauche, idiome de Cyclppes, que le temps n'a pu ni polir ni corrompre. Aussi le Zend-Avesta n'est-il rien que la révélation des patriarches du haut Orient , ramenée par les mages à un système de liturgie. La Perse, comme la. Judée, n'a point de poésie ni de métaphysique : elle n'a qu'une religion.
(*} Zèhd-Avesta, trad. par Ànquetil Duperron, 3 vol. 177t* — Yaçna. Comment; par E. Burnouf, 71.
(•; Rig-Veda. Ed. Rosea, p. 3, -31, 154,' Î77, 24. Mitram. Aryamanam, Somam, Asvina.
(*; Yaçna. Comment, par E. Burûouf, p. cliii, 79, 342, 345, 349.
240 LA RévÉLATlON PAR U| PAROLE.
Sa Genèse est celle d'un peuple nomade (') ; les territoires naissent, pour ainsi dire , sous ses pas, à mesure qu'il émigré. Parti de lieux élevés où l'hiver est de dix mois, il descend vers des régions plus chaudes ; son conducteur Djemschid marche à sa tête. Il proT\once dans le monde encore muet la parole sainte. A Técho de cette parole, l'herbe germe sur le rocher, les animaux s'apprî-r voisent ; aidé des anges persans, des Izeds, il prépare la terre pour le séjour de l'homme. Roi d'une race guerrière, il marque d'avance sur le globe les limites des empires avec la pointe d'un poignard d'or (^). Telle est la première journée iies peuples zends.
Ce que Moïse est à Abraham, Zoroastre l'est à Djemschid; le peuple, a quitté les rudes sommets de la haute Asie où il a fait, avec les Hindous, son premier séjour. Il n'a point encore atteint la contrée où il doit s'arrêter. Mais sur les sommets de la Bactriane ('j, avant de descendre versPersépolis, il reçoit son enseignement, comme le peuple hébreu dans le désert, avant de toucher le pays de Chanaan. Aux derniers confins de l'horizon s'élève la montagne sainte, le Sinaï du Zend-Avesta (*) ; sur sa cime qui s'accroît de ^ècle en siècle, les astres habitent; avec l'aube ils sortent étincelants du fond des antres ; dans ses âancs d'or germe l'arbre de vie; on entend mugir sous son ombre le taureau éternel des peuples pasteurp ; du haut des rochers se précipite, comme un cheval écumant f), Ardouisour, la source d'immortalité; et la
(') Vendidad. Anquetil, t. I, ^64, 270.*Herod. lib. 1, 125.
(«) Veodidal, p. 273-^78.
(*) Yaçnà. Biirnouf, p. CLXXXV.
(^) Zend-Avesta. Anquetil, 1. 1, p. 22, 364, 425; t. II, p. 244.
(») Zend-Avesta. Anquetll, t J, p. 255, 257; t. Il, p. 177, J82.
révélation elle-même semble jaillir comme une eau de roche, avec impétuosité, des profondeurs de la montagne, lorsqu'au milieu de cette nature prophétique^ Zoroastre , le prophète, vient demander renseignement, la foi, la loi. Sur cet Oreb,' la foudre ne gronde pas ; mais tout y respire la familiarité. Un dialogue (^) qui n a pour témoin que la source mère des océans, commence entre le dieu et le prophète. Celui-ci interroge j le dieu répond: Cette céleste amitié entre le Créateur et sa créature, cette confidenoe faite à l'homme -par son auteur, voilà un des premiers caractères de la révélation persane.
Le second est le besoin ardent de louer, de célébrer la création tout entière. Dans ses hymnes, qui ne sont que des évocations p), Thomme appelle l'un après l'autre chacun des objets de la nature, pour qu'ils prient en son nom ; il veut mêler sa voix à celle de l'univers (^) ; surtout il célèbre les premiers-nés, il fête la jeunesse des choses, compagne de la pureté. ^ J'invoque, dit-il, le premier des cieux, la première des sources, le premier des rayons, des jours , des flots , le premier-né des esprits. » S'il demande quelle est la pensée la plus pure, la voix d'en haut répond : «• C'est celle qui regarde l'origine des choses (^). » En un mot, les premiers-nés sont pour lui ses saints, ses intercesseurs ; d'où il suit que ce culte est, dans tous ses détails, la fçte, l'anniversaire de la création. Encore vpisin du commencement des choses, l'homme respecte la nature matérielle qu'aucune souillure n'a pro-
(*) Zend-Avcsta, t. î, p. 189, IM, 271 ; t. II, p. 239.
(*} Yaçna. Burnouf, p. 46.
{•) Zend-Avesta, 1. 1, p. 84, 92, 234, 2.57.
[^) Zend-Avesta, t. T, p. 141.
242 LA RÉVÉLATION PAft LA PAROLE.
fanée ; ce roi nouvellement parvenu n'ose encore se vanter de la souveraineté ; il ne sait si ce mondf sera son maître ou son esclave. Lç sentiment de la dignité des éléments à peine sortis de la main de leur auteur, la face immaculée, la chasteté virginale de l'univers vivant, tout lui impose par l'image d'une splendeur primitive, par les traces que le Créateur a laissées sur son œuvre. Dans son humiUté, il proclame la nature plus noble, plus belle, plus sainte que lui ; il croit l'effrajer de sa propre (^) impureté, quand il voit à son apprx)che trembler l'eau, l'arbre, le foyer. Delà ces défenses extraordinaires dç troubler les fleuves par le bruit des rames, de se baigner (2) sur leurs rivages, d'approcher son haleine de la flamme; complaisance, amour de conquéralit avant de fouler sous son char cette terre de bonne odeur (3) !
M Qu'existait-il au commencement? demande, le prophète penché sur la source du Bordj . — Il y avait la lumière et la parole incréée, » répond la voix d'en haut (*). C'est-à-dire que, dans cette Genèse, le Fiai lux n'a point eu de commencement, que la création paresseuse a jailli lorsque le jour diligent luisait déjà à son midi ; qu'en un mot, nous retrouvons, distinct de l'univers, plus matinal que l'univers, le dieu des bergers hindous se révélant éternellement dans la première aurore. Son culte est déjà raffiné, car il ne se contente pas de la flamme des forêts livrées. en sacrifice, il veut se repaître des parfum^^ des
(*) Zend-Avesta, 1. 1, p. 393.
(') Ov x*~P*^ iyatroy(2;'oyr«t , oy^^ oK))lov ovdiva ivip(op/«)9(. Herod*, lib. 1, 138. — Hyde, p. 137, 140, 44?. — Creuzer,Symb., 1. 1, p. 210.
{*) Zend-Avesta, 1. 1, p. 113.
(S Zend-Avesta, 1. 1, p. Ï38, 139, 302; t. II, p, 157, 324. Sine principio lumina ex se data adoramus. Yapna, Burnouf, p. 29.
bois de senteur (i)' purifiés par les mages. A l'égard de la parole, nul peuple n'en, a mieux senti, mieux exalté îe prodige. Vous-même n'avez-Vous jamais été étonnés de cette puissance qui, comme un être réel, va répandre hors de vous l'amour, la haine, la vie? Aussi prompte que la lumière, elle jaillit du foyer intérieur, et nul ne -peut la retenir, ni la renvoyer à sa, source, quand son rayon est lancé; mais descendant jusque dans les ténèbres du cœur, elle illumine Tâme d'un peuple comme l'aube une contrée ; même après l'incendie, les mots éteints gardent l'étincelle sous la cendre ; pour l'en faire jaillir, il ne faut que le souffle d'un esprit qui vient à passer, et de nouveau les charbons des séraphins s'allument sur les lèvres du prophète {^. La parole est la lumière de l'humanité, comme la lumière est la parole de.la nature : pourquoi s'étonner, après cela, que des peuples les aient identifiées, qu'à la vue du double miracle qulls portaient dans leur sein p), ils se soient pVis à l'adorerî Non seulement la parole dut leur sembler le prodige du monde moral, mais aussi celui du monde physique. La terre ne prête-t-elle pas, jour et nuit, roreille à la langue du cielî La nature tout entière n'écoufe-t-elle pas une voix cachée? Ne semble-t-elle pas recueillir dès l'aube un discours diviti qui s'accroît durant le jour, et dont le dei'nier mot expire dans les silences entrecoupés du soir! Lès monts sonores (<) ne répondent-ils pas par la voix de
(*) Zénd-Ave«ta, 1. 1, p.235.
(») Isaïe, VI, 6, 7.
(*) Les idées de lumière et de parole ont la même racine .dans le grec et dans le sanscrit. Yaçna. Burnouf, p. 214. (4) OvpiaT'iôx'îOî'Ta. Homère.
244 LA HÉVÉLATION PAR hk PAKOLE.
Técho, tour à tour g-rondant f gémissant, balbutiant dans le fond des antres, comme l'homme dans le fond de sa poitrine? le désert seul est muet , le silence éternel est son principal attribut; aussi est-ce l'empire de celui qui habite dans la mor/, au lieu que toutes les créatures dévie font* éclater chacune en son langage, dans un rhythme particulier, la parole lumineuse qui étuit avant toutes choses. La forêt parle dans le frémissement des rameaux, la source parle (i) dans les flots bondissants^ le feu parle avec les langueis empourprées de la flamme; dans la liturgie, il répond ainsi à la prière des mages (*) : « Soyez f heureux et à jamais rassasiés ! que les troupeaux de » Jbœufe se multiplient ! que les^ jeunes honmies se ras* » semblent en foule ! que ce que tous désirez advienne ! » c'est le souhait que je fais pour vous, en échange des H branches sèches que vous m apportez pieusement. » Si l'univers est un verbe, un hosannah prononcé par l'organe des choses, que s'ensuit- il, sinon que la parole est le principe, l'âme même de la création (s) ? Du milieu de l'éternité, le dieu appelle à haute voix chaque jour, chaque heure, chaque chose, en même temps qu'il exorcise la nuit, l'ombre, la mort. Rece^^oir un nom, c'est recevoir l'être, et le monde surgit par la puissance de l'évocation. Prononcée par le Très-Haut, cette parole de vie, qui est en même temps lumière, éclate, jaillit, circule à travers l'infini; de sphère en sphère, dé bouche en bouche, d'écho en écho, elle est répétée par tous les archanges du ciel et de la terre, Amschapands, Izeds, Férouers. Au plus
{») Zend-Avesta, t. II. p. 177.
(»j Zend-Avesta, 1. 1, p. 243.
(») Zend-Avesta, t. I, p. 139, 140.
LASBUGION DES PERSES. ^5
bas degré de la hiérarchie des être?, les esprits des fleurs,, ceux des sourd^ métaux , dés pierres précieuses, la redi* sent encore à demi-voix. Comme elle soutient le monde» si elle venait à s'interrompre, la création (/) se briserait avec elle. C*est pour cela'que le peuple perse, s'associant à la nature entière , proclame incessamment dans la liturgie le verbe ôacré^ par la 1)ouche du prêtre ; il appelle les êtres au milieu de la nuit: il les réveille, comme une sen* tinelle , pour ^u*ils ne s*endorment pas dans la mort { chaque matin il les salué de nouveau, il les alimente, il les revêt en quelque sorte de.la parole pour le travail du, jour. Delà vient que le Zehd-Avesta se compose en grande partie de formules d'évocation , échos de celles qui ont rompu le silence du néant; et non-seulement; Thomme doit mêler sa voix à Tacclamation des niondes , il faut encore qu'il goûte la parole sacrée , qu'il en fasse sa pâ: ture , son breuvage (2) ; qu'il communie avec l'univers tùut entier en buvant le suc mysti(jue de Tàrbre de vie dans le vase de Djenischid , qui figure la coupe du monde ; Il faut qu'il mange la-chair divine, le pain^'Ormuzd , sur les. tables de la liturgie. Voilà le principe à^e la Gène et de l'Eucharistie païenne, au. fond de tout le rituel persan « Qu'à ce dogme se mêle le génie d'un peuple guerrier, il mettra chaque jour le glaive àrla main de son dieu. Lé règne de la parole et de la lumière incréée (3] aura ppur chef celui qui remplit l'orbe du ciel(^), le maître de toute sagesse, Tartisan de toute beauté, Ormu2d. Mais à la
l*") Zend-Avesta, 1. 1, p. 141.
(*) Zend-Avesta, 1. 1, p. 97, 106| 121, 163, 249 ; t. II, p. 85. ^*) Zend-Avesta. Anquetil, t. XI, p. 324. Yaçna. Buraouf, p; 26. \^j T«y xvxXov iraÉvraTOV «v^ovov Atx xa^iwif $• Herod., Ub,I, 131;
24é' LA RâréLÀildN PXR la PARIt^tE.
taîhifere s'opposer â Tartnéis des mueites téttèbres*, qui tttttoht ^otiHot Ahrimab; enseveli dàrisle cHme, et Tuniters sei*a le spectacle d'un éternel bonfibat. Tout est lutte, conjtiràtion , exopcisme, parce que les créatures, paria- Çéés eiîtf e lè& deux empires , idolitiennent chacune à sa mâniëî^ la éause de ison dieu. L'été lutté contre l'hiver (^). Ati dieu bon, tayonnaiit, appartiennent la licorne, l^âigle» qui combatteht potir lui. Au dieu méchant obéissent les bandes de toup^, de chacàld, les légions sourdes des serpenis, des àcbrplbns, des bèiés impures (s). L'épervier (^I à là vub perçante bat de l'àile à l'approche du matin ; il aiguise son bec pour le combat d'Êchem (4). Le cheval blanic-Ke dresse , il frappe du pîfed l'Impur p). t)ans le ciel même , les étoileà se rangent comme deux hordes enneniies ;\|t| sommet du firmament, Toiseau souverain, aux piedft, au bec ii*ot^ plus prompt que celui qui ne fait qtte le ftwn;' Couvre de son aile l'empire dîran («). Sa poitrine reposé sur les astfes propices* Penchant sa iête çà et là, il laisse tombct les gràln's de vie sur les royaumes. A l'extrémité de l'univers, le chièri f) sacré du bergèf veillé pëndaifit la nuit au seuil de la Création ; il gardé lés tnohdes comme un troupeau , et par ses aboieinentfl fifrtnidables il effi-ayte l'éternel ennemi. Ert un rnot, portolit % kimiëre aàsiége de ses Payons l'éhipire dés bitibres. VhA^\e fohd dii désert de Cobi vivent dés bahdëé de
; (;i Zan<d-AyfeiU, p. 242, • (•) Zend-Avesta, t. II, 351-334, 375, 389.
(•) Eutèbe. Prœp.evang., Ub. 1, 43.
(*) La colère.
(>) Zend-Avèsta, t. II, 288.
!•) Ibid., t. I, 114, 115, 229; t. fi, 17^, (»/ lbid.,t.l,ST7,3T9^f
LA RBLIGION DBS PBBfi«6. 947
grifforid, de ^efntâûfes aux flaiicâ de laUfiMim, de couleu* Tfesâ dèHi |)ieds; qui Bottffleni te simoun et portent b ooihbat jusque par d^l& runitrers habité. La même hitlb acharnée est engagée dans le cœur de l'hônmie; die 6*étènd au delà des limites que Tceil mortel peut atteindre) çàt chaque objet de la nature (^) a ton ange gattlten. Une ftme Iflttiiilëiise étiiiceUe danil les veines des hiétaux; deè diaihàhts; là moindre fleur à uit esprit ^) 4^i Teille sur elle ; )e poignard mêihe a le sien ; ou plutôt, ridëàl de àifUKféSé hf^ est !«-m6nie utiè t^ërsdniië ifui phme au^ dessus du mbhde i^l : teUës que lés iing<es hébreux cannés de euifasèes et de glaives, ces.ciréatufeB imités spiri-» lueltes se poursuivent ^ s'attdgnéht , s'éxorciisent dans lé monde invisible. Les PeWs au corps d'airaiii, les Dartmnds aux r^lis de sei'pehts, eombattefnt dans oes régitma su* prêmes contre les blancs Fétouers^ les leeds^ le$ AHiscba^. pands aux. quatre aile» d'er f) ; le èhoc de leurs armures retentit dans lé monde des idées. ^
Dans celte bataille, pour quelle cause l'homme doit^il se déeiderf Évidemment pour la lumit^e. Voilà le fonder meiil du droit public^ de k mofrale^ de riifdustrie dés Perses. VûjêsL comment de ce dugmera nàttre toute leur histoire. Faire triompher le règhe de la Imufène sur celui des ténèbres , tç*est le but dé TÉtat, 4e la Cité!, du régime politique ; â*où îéaulte que Tascétiisme de Tlude est remplacé par TëSprit de conqiiêtes. Vous expliquezvous maintenant Torigiiie de ^t acharnement de rempine mède et pehsan contre VAfriqiiel Ces tristes peU{de8
(") Zend-AvesU, t. II, 249. — Ker Porter, Travels, t. I, p. 657.
(«) Ibid.. t. II, 407.
^•) Ézéchiei, 1, 6, 8. — Ker Porter, 1 1, p. 492, W^, -