DES RELIGIONS DE LASIE OCCIDENTALE
des Perses. Chaque jour, l'aube naissante arrive les mains \itles, et loin de désespérer du rédempteur, ils offrent à l'Orient le même miracle, que les Juifs à rOccident. Aux deux bouts du monde, huimis du genre humain , voici les maîtres et les captifs de Babybne, les Mèdes et les Hébreux, ceux qui riaient et ceux qui pleuraient sous les saule$, les mages et les voyants, les convives et les flagellés de Bal thasar,. également impérissables, également misérables, également obstinés à: résister, les uns au Christ, le§ autres à Mahomet, sans que'toute l'inimitié de la terre puisse réunir deux causes si formellement sem^ blables, qu'elles ne diffèrent qu en Dieu.
Qu'une religion a de peine à disparaître ! A véritablement parler, c'est H partie immortelle des empires, l'âme des civilisations qui Içur survit dans une pensée, un dogme, moins que cela, dans un rite, une image qui s'ajoute à la profession de. foi du genre^ humain. On est étonné de voir combien le Zend-Avcsta de la Bactriane se retrouvé souvent mêlé ù la poésie mahométane d'Ispahan (*). L'Orient subtilise, au moyen âge, avec son passé, comme l'Occident avec le sien. J'en citerai un exemple emprunté à l'un des lyriques persans du vii« siècle de l'hégire. Le poète est séparé de Zoroastre par plusieurs milliers d'an* nées, eipSiT deux religions qui n'ont rien laissé subsister des crayar^ces antérieures. Malgré cela, comment ne pas reconnaître, dès les premiers mots, le culte antique de la lumière épuré encore par le mysticisme d'Islam :.
" Aussi longtemps que le soleil n'a pas dressé sa tente » de lumière , un seul de ses re ;ards entr'ouvre le sein
(•) Hammer, Gedchichte der schœnen Redekunste Persiens, S. 1 87, 194, 347.
LA RELIGION DE l'ÉGYPTE. 255
» de la tulipe. Son glaive flamboyant répand le sang de n Taurore. Ami, relève tes regards vers le ciel. Désaltère- - toi au vase de Timmortalité qui déborde* Les y eux ap- H pesantis par le sommeil terrestre, j'ai dit: C'est encore »» la nuit .Tant que dure le crépuscule, on ne sait si le jour " tombé ou si le jour se lève. Contemplons donc, par »» avance, le soleil immuable des âmes. Son éclat jaillit de » la figure dur sage («). j»
Le pôëte ne cherche plus dans la Tiature la source in^ créée de, la vie et de la parole ; il la trouve en lui-même : n'est-ce pas là aussi la principale différence de l'Orient antique et de l'Orient moderne , du Zend-Avesta et du Coran?