‹ Le génie des religionsChapitre 67 sur 75 · BQMB ET LE MONDE · texte numérisé non relu

BQMB ET LE MONDE

Lisez chez eox Thistoire de leur Hercule ou de leu^Apol* Ion ; vous savez , en partie, Tliistoire des peuples qui les ont adorés • Interrogez l'ancien Dieu des Lutins , sous la figure d'un fer de lance ; il n a rien à raconter de son peuple ;^ il na point de voix pour livrer le mystère de la Rajson d'État divinisée.

Sur ces deux principes opposés, s'ordonnent deux so« ciétés distinctes : Içs Grecs , établissant partout ou ils s'arrêtent un Dieu national puissant, laissent partout derrière eux un foyer de civilisation.' Chacune de leur colonie porte en soi un germe sacré et devient une société indépendante* Au contraire, la dté du Tibre , ^enfermantdans ses murailles tous les germes religieux de l'univers, il n'y a qu'un point vivant dans le monde romain» c'est Rome ; ses colonies ne sont que des camps ou des mar-* chés. * •

Ce fut, si l'on y songe, une chose toute nouvelle dans le monde , que tant de conquêtes purement matérielles , auxquelles ne se joignait aucune ambition de dominationf morale. Dans les sociétés qui avaient précédé, les Dieux s'opposaient et luttaient entre eux comme les peuples; c'est encore le fond d'HomWe dans VIliade. Les Romains, au contoaire, n'osèrent jamais faire acte de sou* veraineté dans le monde religieux. Comme il n'y avait plus ni vainqueurs ni vaincus entre les Dieux , cela produisit des conséquences sociales* toutes nouvelles ; il arriva un moment 6ù il n'y eut plus ni vainqueurs, ni vaincus entre les peuples : ce moment fut la fin de la cité antique.

Tant qu'ils ont vécu , les Romains se sont persuadés qu'ils se servaientdes Religions comme d'instruments de

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conquêtes 9 et ib n'ont pas Va qu'ils ont été continuelle* ment dominés par Tesprit mêma des enites dont Ils croyaient se jouer. Ce qu'il y a d'étonnant, l'iHusion des anciens 4 cet éfi^ard dure encore.

Polybe (<) admire beaucoup la politique de V Amstooratie romaine dans laReligion. S'il eût vécu plus longtempls, il eûl vu ces f^rs patriciemf^ dupes de leur diplomatie sacrée^ af^iver au but opposé i celui vers lequel 3s tendaient ; le nivellement des Dieux privilégiés sntraker après soi la des« truction des privilèges civils ; oii^dessus des fraudes des Augures, la politique de la ruse vainctte-poir la force dea^ choses ; les Religions étran|;èrfis (^ mè lois étabHss de-* venir plus fortes que Van^nne cosstiti^ion et la ruiner ;- Rome laisse^ une partie d'elletmème dans chacun de ses triomphes » et les i^aîtres du monde employer un génie prodigieux à s'anéantir par leurs victoires mêmes.

Assurément, c'était Une ehose habile, en apparence, ^ue de se faire des cultes ennemis autant de oompli'* ces. Les Dieu^ indigènes , dans le C^itds. f ) , sont toujours prêts à se retirer, peut faire place aux Dieux étrangers. Mais voyez les suites. Faute d'avoir pu asseoir leurs conquêtes sur la souveraineté rdigiense , et la Cité sur le fondement d'inculte na^tional, les Romains engloutissent d'immenses empires sans pouvoir combler jamais le vide intérieur de la Cité. Plus ils s'assujettis^ sent de peuples, plus eux-mêmes deviennent dépendants

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