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tendent la main à leurs peuples et les relèvent. Auretotir de ses victoires, Scipion rencontre dans le Forum les peuples qu'il croyait avoir exterminés ; on connaît sa réponse à ses interrupteurs ; ** Ceux que j'ai amenés ici enchain nés ne me feront pas peur, depuis qu'ils sont sou- »» verains. » •
Ils n'ont pu même régner en paix sur l'Esclave, parce qu'ils n'ont pu l'annuler moralement, ni luiôier ses autels, ses dieux mânes serviles (^)^et son jour de saturnales (>}. A^issi l'esclave, partout ailleurs si muet , si complaisant, ne cesse de se souvenir chez eux qu'il est homme; il s'agite, il conspire ; à l'abri de la déesse de Syrie, il les inquiète presque autant que le monde des hommes libres. . . . '
Même après la guerre sociale, c est-à*dire, après des siècles de carnage, les historien^ ne savent comment la conscience de la vie sociale a pu survivre à tant de meurtres. Dans l'embarras d'expliquer une pareille impossibilité de mourir, et n^ voyant pasque. l'âme des nations subjuguées se conserve et se perpétue avec le Dieu national., ils prennent le parti de nier les faits, les traités les plus certains.
Il en est de même de la promptitude que tant de peuples mirent à se confondre dans une même cité.. Cette intime alliance d'hommes si divers par la race, par la langue, reste, en effet, incroyable p), si l'on n'y joint l'idée de l'alliance intime des cultes dans le Panthéon
(*) Diis manibus servilibus. Varr. L., L. V, p. 51. («) Macrob. Saturn. 1, 10.
(*) DUstmili lingua, alii alio more viventes, incredibtic mémoratu est quam facile coaluerint. Sali., Catil.^ VI.
398 LEd RELIGIONS ROMAINES.
romain." Mnis, cette unité de religion une fois re- Oonnue , qnoi de moins extraordinaire que l'unité sociade des population^ f C'est le contraire qui serait une énigme.
Ce n'était point ainsi que les Orientaux s'assuraient là possession tranquille de leurs conquêtes. Avec moins de meurtres peut-être, ils ont infiniment plus détruit ; et -ee qu'ïfs détruisent ne se relève pas. C'est qu'ils commencent par dégrader les croyances des vaincus, c^està-dire, par les dompter jusque dans la conscience. Et, chez eux, le> plus souvent, un seul coup suffisait, parce qu'ils savaient où est le point vital. C'est là qu'ils frap- 'ptti«ht^ uTié large blessUre faite au Dieu ennemi dispensait de renouveler trop souvent la lutte. Avec le culte dégradé, tombait de toute sa hauteur le peuple au rang •d'ane caste sape mémoire; sans conscience. Le vaincu 'reste enseveli vivant sous la chute de son Dieu ; après cela , le silence se fait pour des milliers d'années. Nulle tentative de représailles de la part de ceux qui ont reçn ces sortes de blessures.
. Quand je vois un komii>e tel qu' Annibal ne pouvoir entraîner dans sa cause un seul des peuples de l'Italie, je ne puis m'empêcher de croire qu'il a trouvé dans les Religions insociables de Carihage un obstacle invincible > A Tailiancf . Le culte anthropophage de Baal, déjà rejeté .par la conscience de l'Occident, c'était, sans doute, ce /qu'il appelait avec amertume la fortune de Carthagfe.
Une chose peut surprendre : c'est que l'aristocratie romaine ait été si lente à s'apercevoir que la constitution religieuse, se transformant par l'introduction des cultes étranger», transfonnnit aussi la constitution politique ot sociale.