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ROME ET LE MONDE

tous les Dieux (îonnus ont pelrdu leuir crédit. Pour échapper à Annibal, Rome (') se précipite dans le culte de la bonne- déesse de Pbrygie : avec lui commence le règne des Dieux orientaux. Ils remplissent de leurs génies monstrueux' l'époque de Tempire, et finissent par traîner après eux la constitution impériale que Ton vit paraître avec Dioctétien. Il vint un moment où il ne se trouva plus dans le monde, un temple, un sanctuaire, un culte, un oracle, un autel, un dieu païen qui n* eût servi àla politique romaine, et qui ne se fut ruiné dans cette alliance. Rome avait dévoré (*) la substance entière du Paganisme; la Cité païenne dut disparaître avec lui.

Entre la foi professée éri public, et l'incrédulité déclarée dans l'intimité {^), la contradiction était devenue trop flagrante. Tout le monde voyait qu'un pareil jeu ne pouvait durer. Dans une situation aussi fausse, leà Romains tremblaient au milieu de la prospérité. Comment sous le mensonge officiel ne se seraient pas ouverts desabîtnes? On sentait au fond de . chaque chose un mauvais présage.

' Enfin, une nouvelle se répand en pleine paix. On rapporte (*) qu'un bruit sourd s'est fait entendre avec un frémissement d'armes, dans lé territoire latin. Le peuple romain s'inquiète , il s'effraie. On interroge solennellement les Aruspices. Ceux-ci répondent que ce bruit sourd

(M Cic, De arusp. responsis, 13.

(') Cum Dii quoque novi ad opem ferendam dubiis rébus accesserentur. Tit. Liv., IV, 4.

(») Si qui est qui curet Deus. Cic, ad. Attic, t. IV, 416.

(^) Quod in agro Latioieosi auditus est strepitus cum fremitu. Cic, De arusp.

annonce ('} que la forme de la société est menacée de xJuvnger. Cétait, en effet, peu d'années avanft Téèrôuiement de la République ; on entendait déjà craquer l'édifice.

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