‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 123 sur 307 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

relâchée ou trop tendue, puisque les mêmes accidents ne produisent pas le même effet dans les zones tempérées. Cetle affection plaintive des habitants du pôle et des tropiques est une véritable tristesse intellectuelle, produite par la position de l'âme et par ses combats contre les for la matière. Ainsi, non seulement Dieu a marq

sse par les avantages que le globe retire de la di vertes'latitudes; mais, en plaçant l'homme sur cette échelle, il nous a démontré presque mathématiquement l'immortalité de notre essence, puisque l'âme se fait le plus sentir là où la matière agit le moins, et que l'homme nue où la brute augmente.

Touchons une dernière objection :

« Si l'idée de Dieu est naturellement empreinte dans nos âmes-, elle doit devancer l'éducation, prévenir le raisonnement, se montrer dès l'enfance : or, les enfants n*ont point l'idée de Dieu ; donc, etc. ».

Dieu étant esprit, et ne pouvant être entendu que par Vespritj un enfant chez qui la pensée n'est pas encore déve-

e ne saurait concevoir le souverain Etre. Ne d< dons point au cœur sa fonction la plus noble lorsqu'il n'est pas achevé, lorsque le merveilleux ouvrage est encore entre les mains de l'ouvrier.

Mais d'ailleurs on peut soutenir que l'enfant a du moins Y instinct de son Créateur. Nous en prenons à témoin ses petites rêveries, ses inquiétudes, ses craintes dans la nuit, son penchant à lever les yeux vers le ciel. Un enfant joint ses deux mains innocentes, et répète après sa mère une prière au bon Dieu : pourquoi ce jeune ange de la terre balbutie-t-il avec tant d'amour et de pureté le nom de ce souverain Etre qu'il ne connaît pas?

Voyez ce nouveau-né qu'une nourrice porte dans ses oras. Qu'a-t-il pour donner tant de joie à ce vieillard, a cet homme fait, à cette femme? deux ou demi formées, que personne n'a comprises : et voila des êtres raisonnables transportés d'alléure^se, depuis l'aïeul, it toutes 3 de la vie, jusqu'à la jeune mère

qui les ignore encore! Qui donc a mis cette puissance dans le verbe de l'homme? Pourquoi le son d'une voix humaine vous remue-t-il si impérieusement? Ce qui vous subjugue in est au m; stère qui tient à des causes plus relevé - qu'a l'intérêt qu'on peut prendre en l'âge de cet enfant: qu< loue vous dit que ces paroles inarticulées surit les premiers bégaiements d'une pensée immortelle.

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