DANGER ET INUTILITÉ DE L'ATHÉISME
Il y a deux sortes d'athées bien distinctes : les premiers, conséquents dans leurs principes, déclarent, sans h qu'il n'y ,i point de Dieu, par conséquent point de différence essentielle entre le bien et le mal; que le monde appartient aux plus forts et aux plus habiles, etc. !. sont les honnêtes gens de l'athéisme, les hypocrites de l'incrédulité. Absurdes personnages, qui, avec une douceur feinte, se porteraient à tous les excès pour soutenir leur système; ils vous appelleraient mon frère en voue égorgeant; les mots de morale et d'humanité sont in<n ment dans leurs bouches : ils sont triplement méchants, car ils joignent aux vices de l'athée l'intolérance du sectaire et l'amour-propre de l'auteur.
Ces hommes prétendent que l'athéisme ne détruit ni le bonheur ni la vertu, et qu'il n'y a point de condition où il ne soit aussi profitable d'être incrédule que d'être religieux : c'est ce qu'il convient d'examiner.
Si une chose doit être estimée en raison de son plus ou moins d'utilité, l'athéisme est bien méprisable, car il n'est bon à personne.
Parcourons la vie humaine : commençons par les pauvres et les infortunés, puisqu'ils t'ont la majorité sur l'a terre. Eh bien, innombrable famille des misérables! est-ce à vous que Tathéisme est utile? Répondez. Quoi I pas une voix! pas une seule voix ! J'entends un cantique d'espérance, et des soupirs qui montent vers le Seigneur! Ceux-ci croient • passons aux heureux.
Il nous semble que l'homme heureux n'a aucun inféré» & être athée. Il est si doux pour lui de songer que ses jours se p.'olonçeront au delà de la vie! Avec quel dés< -Noir ne quitterait-il pas ce monde, s'il croyait se séparer pour toujours du bonheur ! En vain tous les biens du siècle s'accumuleraient sur sa tête : ils ne serviraient qu'à lui rendre le néant plus affreux. Le riche peut aussi se tenir assuré que la religion augmentera ses plaisirs, en y mêlant une teninelTable; son cœur ne s'endurcira point, il ne sera
f)oint rassasié par la jouissance, inévitable écueil des pngues prospérités : la religion prévient la sécheresse de l'àme, c'est ce que voulait dire cette huile sainte, avec la-