PREMIÈRE PARTIE
théâtre de son déshonneur. Sont-ce des enfants ? Perdus par une éducation impie et par l'exemple maternel, se soucient-ils de leur mère? Si elle regarde dans le passé, elle n'aperçoit qu'un désert où ses vertus n'ont point laissé de traces. Pour la première fois, sa triste pensée se tourne vers le ciel; elle commence à croire qu'il eût été plus doux d'avoir une religion. Regret inutile ! La dernière punition de l'athéisme dans ce monde est de désirer la foi sans pouvoir l'obtenir. Quand, au bout de sa carrière, on reconnaît les mensonges d'une fausse philosophie ; quand le néant, comme un astre funeste, commence à se lever sur l'horizon de la mort, on voudrait revenir à Dieu, et il n'est plus temps : l'esprit abruti par l'incrédulité rejette toute conviction. Oh ! qu'alors la solitude est profonde, lorsque la Divinité et les hommes se retirent à la fois ! Elle meurt, cette femme, elle expire entre les bras d'une garde payée, ou d'un homme dégoûté par ses souffrances, qui trouve qu'elle a résisté au mal bien des jours. Unchétif cercueil renferme toute l'infortunée : on ne voit à ses funérailles ni une fille échevelée, ni des gendres et des petits-fils en pleurs ; digne cortège qui, avec la bénédiction du peuple et le chant des prêtres, accompagne au tombeau la mère de famille. Peut-être seulement un fils~ in connu, qui ignore le honteux secret de sa naissance, rencontre par hasard le convoi ; il s'étonne de l'abandon de cette bière, et demande le nom du mort à ceux qui vont jeter aux vers le cadavre qui leur fut promis par la femme athée.
Que différent est le sort de la femme religieuse ! Ses jours sont environnés de joie, sa vie est pleine d'amour: son époux, ses enfants, ses domestiques la respectent et la chérissent : tous reposent en elle une aveugle confiance, parce qu'ils croient fermement à la fidélité de celle qui est fidèle à son Dieu. La foi de cette chrétienne se fortifie par son bonheur, et son bonheur par sa foi; elle croit en Dieu parce qu'elle est heureuse, et elle est heureuse parce qu'elle croit en Dieu.
Il suffit qu'une mère voie sourire son enfant pour être convaincue de la réalité d'une félicité suprême. La bonté de la Providence se montre tout entière dans le berceau de l'homme. Quels accords touchants! Ne seraient-ils que les effets d'une insensible matière? L'enfant naît, la mamelle est pleine ; la bouche du jeune convive n'est point armée, de peur de ble<;sor la coupe du banquet maternel ; il croît, le lait devient plus nourrissant; on le sèvre, la merveilleuse fontaine tarit. Cette femme si faible a tout à coup acquis des forces qui lui font surmonter des fatigues que ne pourrait supporter l'homme le plus robuste. Qu'est-ce qui \i
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réveille au milieu oY la nuit, au moment même on son fils \ a demander le repas accoutumé? 1>'<»u lui vient cetH adresse qu'elle nfavait jamais eue? Gomme elle touche cette tendre (leur sans la briser! Ses aoina semblent être le Bruit
de regpérieoce de toute sa vu-, et rependant c'est ! premier-né! Le moindre bruit épouvantait la riera les armées, (es fomdre9, les périls, qui feront pâlir la n Jadis, il fallait à cette femme une nourriture délicate, une robe fine, une couche molle; le moindre souffle de l'air l'incoinmo lait : à présent un pain grossier, un vêteuien' fa bure, une poignée de [taille, la pluie et les vents ne lui importent guère^ tandis qu'elle a dans sa mamelle une goutte de lait pour nourrir son iils, et dans ses baillons un coin de manteau pour l'envelopper.
Tout étant ainsi, il faudrait être bien obstiné pour ne pas embrasser le parti où non seulement la raison trouve le plus grand nombre de preuves, mais où la morale, le bonheur, l'espérance, l'instinct même et tes dtësirs de l'âme nous portent naturellement; car s'il était vrai, comme il est taux, que l'esprit tînt la balance égale entre Dieu et l'atle encore est-il certain qu'elle pencherait beaucoup du premier: outre la moitié de sa raison, l'homme m-| de plus dans le bassin de Dieu toui. le poids de son cœur.
On sera convaincu de cette vérité, si r*on examine la manière dont l'athéisme et la religion procèdent dans leurs démonstrations.
La religion ne se sert que de preuves générales ; elle ne :ue sur l'ordonnance des cieux, sur les lois de l'unielle ne voil que les i/iàces de la nature, tes insl charmants des animaux el leurs convenances avec l'homme.
L'athéisme ne vous apporte que de honteuses ei il n'aperçoit que di ires, des marais, d
des bête- nuisible-: et, s'il ''lier. -hait à se Cl :
dans la boue, il interroge les reptile- et les insectes, pour lui fournil des preuves contre Dieu.
La religion ne parle que de la grandeur et d l'homme :
L'athéisme a toujours la lèpre et la peste à voub offrir.
La religion tii - n- de te sensibilité de Para
plus àoui nts de la vie. de la piété lilia
l'amour conjugal, 'h- la tendresse maternelle :
L'athéisme réduit toul a l'instinct ■ : et, pour pre-
mier argument 'le -on système, il vou> étal-: un cœur que rien eut tourner.
Enfin, dans le cuit-' du chrétien, on i main. m terme; on >ole, ou essuie nos
pleurs, vn nous promet une autre I