‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 138 sur 307 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

ie ces ouvrages : le David surtout mérite d'être parcouru. Lu prophète Samuel raconte a David l'histoire des lois l'Israël :

Jamais, dit le grand saint, la fière tyrannie b.vitul le Koi des rois ne demeure impunie : Et de nos derniers chefs le juste châtiment En fournit à toute heure un triste monument.

Contemple donc Héli, le chef du tabernacle, Que Dieu fit de son peuple et le juge et 1 oracle ;

B zèle à sa patrie eût pu servir d"uppui. S'il n'eût produit deux fils trop peu dignes de lui.

Mais Dieu fait sur ces fils, dans le vice obstinés,

Tonner l'arrêt des coups qui leur sont destinés;

Et par un saint héros, dont la voix les menace,

Leur annonce leur perte et celle de leur race.

O ciel ! quand tu lanças ce terrible décret,

Quel ne fut point d'rieli le deuil et le regret!

He« >eu>: fuient témoins de toutes ses alarmes,

Et mon front, bien souvent, fut mouillé de ses larmes.

Ces vers sont remarquables parce qu'ils sont assez beaux comme ver*. Le mouvement qui les termine pounait être avoue d'un grand poète.

L'épisode de Rûtb, raconté dans la grotte sépulcrale où

sont ensevelis les anciens patriarches, a de la simplicité :

On ne sait qui des deux, ou l'épouse ou l'époux. Eut lame la plus pure et le sort le plus doux, > le.

Enfin Coras réussit quelquefois dans le vers descriptif. Cette image du soleil à son midi est pittoresque :

■ndant le soleil, couronné de splendeur, Amoindrissant safonue, augmentait son ardeur.

Saint-Ainaiid, presque tante par Boileau, qui lui ai du génie, est néanmoins inférieur à Coras. La ci mpo du Mo : gu ■ . le \ei - lâchi

ie plein aVantil le mauvais gi

on y remarque quelque! morceaux d'un sentiment v: -.m- doute ot qui avait adouci l'humeur du citant] Y Art poétique.

11 serait inutile de nei trois parties et ses trente-cinq chants originaux, oubli- uppléineniaiees an Dan Diego de Santis-

Ojozio. Il n'y a point de merveilleux ohrétien dai ouvrage; c'est une narration historique de quelques faits arriv- - ces du Chili. 1- plus inte-

rne est d'y voir figurer Eicilla lui-même, qui

se bat et qui écrit. V Araucaria est mesuré en octaves, comme VOrlando et la Jérusalem. La littérature italienne donnait alors le ton aui diverses littératures de l'Europe. Ercilla chez les Espagnols, el Spencer chez les Auglai l'ait des Btances et imité ['Arioste jusque dans Bon i tion. Ercilla dit :

No las demas, anior, no gentilczas, De cavalleros canto enamorados, Ni las muestras, regalos y terj De amorosos affectos y cuydados :

Mas el valor, los hecho6, las proezas De aquelos Lspanoles esforçados, Que a la cerviz de Arauco no doniada Pusieron duro yugo por la espada.

C'était encore un bien riche sujet d'épopér que celui de la Lusiade. On a de la peine à concevoir comment un homme du génie du Camoens n'en a pas su tiier un plus parti. Mais enfin il faut se rappeler que ce poêle fut le premier poète épique moderne, qu'il vivait dans un barbare, qu'il y a des choses touchantes \ el quelquefois sublimes dans ses vers, et qu'après tout, il fut le plus tnforfortuné des mortels. C'est un sophisme digne de la dureté de notre siècle, d'avoir avancé que les bons ouvraç dans le malheur : il n'est pas vrai qu'on puisse bien écrire quand on souffre. Les hommes qui se consacrent au culte des Muses se laissent plus vite Bubmerger a la douleur que les esprits vulgaires : un génie puissant use bientôt le corps qui le renferme : les grandes âmes, comme les grands fleuves, sont sujettes à dévaster leurs rivages.

Le mélange que le Camoens a fait de la fable et du christianisme nous dispense de parler du merveilleux de son poème.

Klopstock est tombé dans le défaut d'avoir pris le merveilleux du christianisme pour sujet de son poèm< premier personnage est un Dieu ; cela seul suffirait pour détruire l'intérêt tragique. Toutefois il y a de beaux traits dans le Messie. Les deux amants ressuscites par le Christ offrent un épisode charmant que n'auraient pu fournir les fables mythologiques. Nous ne nous rappelons point de personnages arrachés au tombeau, chez [< - -, si ce

n'est Alcesle, Hippolyte et Hérès de Pamphylie*.

mmoins nous différons encore ici d d Inès nous semble pur, touchant, mail bien loin d'avoir les ments dont :1 était sdsbeptible.

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