‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 139 sur 307 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L'abondance et la grandeur caractérisent le merveilleux du Messie. Ces globes habités par des êtres différents de l'honnie, cette profusion d'anges, d'esprits, de ténèbres, d'àmes à naître, ou d'àmes qui ont déjà passé sur la terre, jettent l'esprit dans l'immensité. Le caractère d'Abbadona, l'ange repentant, est une conception heureuse. Klopstock a aussi créé une sorte de séraphins mystiques inconnus avant lui.

Gessner nous a laissé dans la Mort d'Abel un ouvrage plein d'une tendre majesté. Malheureusement il est par cette teinte doucereuse de l'idylle, que les Allemands répandent presque toujours sur les sujets tirés de l'Ecriture. Leurs poètes pèchent contre une des plus grandes lois de l'épopée, la vraisemblance des rruxurs, et transforment en innocents bergers d'Arcadie les rois pasteurs de l'Orient.

Quant à l'auteur du poème de Noé, il a succombé sous la richesse de son sujet. Pour une imagination vigoureuse, c'était pourtant une belle carrière à parcourir qu'un monde antédiluvien. On n'était pas même obligé de créer toutes les merveilles : en fouillant le Gritias, les chronologies d'Eusèbe, quelques traités de Lucien et de Plularque, on eut trouvé une ample moisson. Scaliger cite un fragment de Polyhi>tor, touchant certaines tables écrites avant le déluge, et conservées à Sippary, la même vraisemblablement que la Sipphara de Ptolémée1. Les Muses parlent et entendent toutes les langues : que de choses ne pouvaient-elles pas lire sur ces tables t

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