CHAPITRE V
LA ITENTJADE
Si un plan sage, une narration vive et pressée, de beaux vers, une diction élégante, un goût pur, un style correct, sont les seules qualités nécessaires à l'épopée, "la Hcnriade
m'a envoyé la note suivante des hommes ressuscites dans l'antiijuite païenne par le secours des dieus ou de l'art d'Esculape :
Uapa, qui ressucita Ilippolvte, avait fait d'autres miracles. Apollodore (Bibl. ni, 10, 3), (fit, >ar le témoignage de difl auteurs, qu'il rendit la ne à Capanée, s. Lj Tyndare, à
Hyménens, a Glaucus. Télésarqne, cité par le scoliaste d'Euripide l pari.- encore de h résurrection d'Orion tentée par Esculape. Voyez Les notes de .MM. Ueyne et Clavier soi I et celles de M. Walckenaer sur Vllijjpolijle d'Euripide, p. 318 d.
1. A moins qu'on ne fasse venir Sippary du mot hébreu Se plier, qui signifia bibliot iu-j ue. Joseplie, h\. i. ch. n, de Antiq. Jitd.,
{>arle de déni colonnes, l'une de brique et l'autre dé pierre, sur esquelles les enfants de Setli avaient kj ivé les sciences hum atiu qu'elles ne périssent point ; [ui avait été prédit par
Adam. Ces deux colonnes subsistèrent Longtemps après Noé.
est un p<" evé ; mus cela ne suffit pas : il faut
encore une action héroïque et surnaturelle. Et comment Voltaire eût-il t'ait un usage heureux du merveilleux du christianisme, lui dont les efforts tendaient sans c< détruire ce merveilleux? Telle est néanmoins la puissance des idées religieuses, que l'auteur de la Henriaae doit au culte même qu'il a persécuté les morceaux les plus frappants de son poème épique, comme il lui doit les plus belles scènes de ses tragédies.
Une philosophie modérée, une morale froide et « rieuse, conviennent à la Muse de l'histoire ; mais cet esprit d>,sévérité, transporté à l'épopée, est peut-être un contn Ainsi, lorsque Voltaire s'écrie, dans l'invocation de son poème :
Descends du haut des cieux, auguste Vérité!
il est tombé, ce nous semble, dans une méprise. La poésie épique
Se soutient par la fable, et vit de fiction.
Le Tasse, qui traitait un sujet chrétien, a fait ces vers ch niants, d'après Platon et Lucrèce * :
Sai, che là torre in mondo, ove più versi Die sue dolcezze il lusinghier Parnaso, etc.
Là il n'y a point de poésie où il n'y a point de menterie, dit Plutarque -.
Est-ce que cette France à demi barbare n'était plus assez couverte de forêts, pour qu'on n'y rencontrât pas quelquesuns de ces châteaux du vieux temps, avec des mâchicoulis, des souterrains, des tours verdies par le lierre, et pleines d'histoires merveilleuses ? Ne pouvait-on trouver quelque temple gothique dans une vallée, au milieu des bois ? Les montagnes de la Navarre n'avaient-elles point encore quelque druide, qui, sous le chêne, au bord du torrent, au murmure de la tempête, chantait les souvenirs des Gaules, et pleurait sur la tombe des héros ? Je m'assure qu'il y avait quelque chevalier du règne de François I,r qui regrettait dans son manoir les tournois de la vieille cour, et ces temps
1. Comme le médecin qui, pour sauver le malade, mêl breuvages flatteurs les remèdes propres à le guérir, el j ••ontraire des drogues amères dans le> aliments qui lui sont nuisibles, etc. ». Platon, de leg., lib. i. Ac veluti pucris absinthia tetra medeates, etc. Lucret., lib. v.
2. Si l'on disait que le Tasse a aussi invoqué la Vérité nous répondrions qu'il ue l'a pas fait comme Voltaire. La Vérité du Tasse est no Muse, un Ange, je □ sais quoi jeté dans le vague, quelque chose qui n'a pas de nom, un être chrétien, et non pas la Vérité directement personni/lee, comme celle de la Henriaae.