‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 154 sur 307 · ANDROMAQUE · texte numérisé non relu

ANDROMAQUE

Vox in Rama audita est, dit Jérémie1, ploratus et ululatus multus; Rachel plorans filios suos, et noluit consolari quia non sunt. « Une voix a été entendue sur la montagne, avec des pleurs et beaucoup de gémissements : c'est Rachel pleurant- ses fils, et elle n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus ». Comme ce quia non sunt est beau2! Une religion qui a consacré un pareil mot connaît bien le cœur maternel.

Le culte de la Vierge et l'amour de Jésus-Christ pour les enfants prouvent assez que l'esprit du christianisme a une tendre sympathie avec le génie des mères. Ici nous proposons d'ouvrir un nouveau sentier à la critique; nous chercherons dans les sentiments d'une mère païenne, peinte1 par un auteur moderne, les traits chrétiens que cet auteur a pu répandre dans son tableau, sans s'en apercevoir luimême. Pour démontrer l'influence d'une institution morale

i. Cap. xxxi, v. 15.

2. Nous avons suivi le latin de l'Evanpile de saint Matthieu (c. xi. v. 18). Nous ne voyons pas pourquoi Sacy a traduit Rama par rama, une ville, Rama hébreu (d'où le mot jkiiSaft*ot des (ire. -s), se dit d'une branche d'arbre, d'un bras de mer, d'une chaîne de monta-

Jnes. Ce dernier sens est celui de L'hébreu, et la Yulgate le dit dans éréraie, vox in exeelso.

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