‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 158 sur 307 · GUZMAN · texte numérisé non relu

GUZMAN

Voltaire va nous fournir encore le modèle d'un autre caractère chrétien, le caractère du fils. Ce n'est ni le docile Télémaque avec Ulysse, ni le fougueux Achille avec Pelée : c'est un jeune homme passionné, dont la religion combat et subjugue les penchants.

Ahire, malgré le peu de vraisemblance des mœurs, est une tragédie fort attachante ; on y plane au milieu de ces régions de la morale chrétienne qui, s'élevant au-dessus de la morale vulgaire, est d'elle-même une divine poésie. La paix qui règne dans l'âme d'Alvarez n'est point la seule paix de la nature. Supposez que Nestor i hercbe à modérer les passions d'Antiloque, il citera d'abord des exemples de jeunes gens qui se sont perdus pour n'avoir pas voulu écouter leurs puis, joignant à ces exemples quelques

maximes connues sur l'indocilité de la jeunesse et sur l'expérience des vieillards, il couronnera ses remontrances par son propre éloge, et par un regret sur les jours du vieux temps.

L'autorité qu'emploie Alvarez est d'une autre espèce : il met en oubli son àsc et son pouvoir paternel, pour ne parler qu'au nom de la religion. 11 ne cherche pas à détourner Guzrnan d'un crime particulier; il lui conseille une vei tu . sorte d'humanité céleste, que le Fils de l'Homme a fait descendre sur la terre, et qui n'y habitait point avant l'établissement du christianisme1. Enfin Alvarez, commandant à son tils comme pèfêt et lui obéissant comme Bi un de ces traits de haute morale aussi supérieure à la morale des anciens que les Evangiles surpassent les dialogues de Platon pour l'enseignement «les vertus,

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