‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 17 sur 307 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

père, et le contre-coup du crime d'un méchant aller frapper un descendant vertueux: ce qui ne prouve que trop la doctrine du péché originel. Mais un Dieu de bonté et d'indulgence, sachant que nous périssions par cette chute, est venu nous sauver. Ne le demandons point à notre esprit, mais à notre cœur, nous tous faibles et coupables, comment un Dieu peut mourir. Si ce parfait modèle du bon fils, cet exemple des amis fidèles, si cette retraite au mont des Oliviers, •uer, cette sueur de sang, cette douceur d'âme, cette sublimité d'esprit, cette croix, ce voile déchiré, ce rocher fendu, ces ténèbres de la nature ; si ce Dieu enfin, expirant pour les hommes, ne peut ni ravir notre cœur, ni enflammer nos pensées, il est à craindre qu'on ne trouve jamais dans nos c comme dans ceux du poète, «des miracles

éclatants », speciosa miracula.

« Des images ne sont pas des raisons, dira-t-on peut-être; nous sommes dans un siècle de lumière qui n'admet rien sans preuves ».

Que nous soyons dans un siècle de lumière, c'est ce dont quelques perso'nnes ont douté; mais nous ne serons point étonné si l'on nous fait l'objection précédente. Quand on a voulu argumenter sérieusement contre le christianisme, les ae, les Clarke, les Bossuet ont répondu. Pressé par ! ou Labiés adversaires, on cherchait à leur échapper, • rochant au christianisme ces mêmes disputes métaphysiques dans lesquelles on voudrait nous entraîner. On disait, comme Arias, Celse et Porphyre, que notre religion est un tissu de subtilités qui n'offrent rien à l'imaginalion ni au cœur, et qui n'ont pour sectaires que des fous et des i'iib'Jciles l. Se présente-t-il quelqu'un qui, répondant à ces derniers reproches, cherche à démontrer que le culte évangélique est celui du poète, de l'àme tendre ? on ne manquera pas de s'écrier: Eh ! qu'est-ce que tout cela prouve, sinon que vous savez plus ou moins bien faire un tableau? Ainsi, voulez-vous peindre et toucher, on vous demande des axiomes et des corollaires. Prétendez-vous raisonner, il ne dus que des sentiments et des images. Il est difficile de joindre des ennemis aussi légers, et qui ne sont jamais au poste où ils vous défient. Nous hasarderons quelques mots Rédemption, pour montrer que la théologie du chrisibsurde qu'on affecte de le penser.

One tradition universelle nous apprend que l'homme a

1. Orig.. c. Cel., 1. m, p. 144. Arius appelle les chrétiens ï> ôtùoi. Arr. Am. m:;, ap. Tertul. al scap., cap. iv, lib. in Joh. Malala ' le. Porphyre donne a la religion l'épithète de lîc/.pZxp')»

T&fMfJlK, PcRPH. ttp . EUS., KiSt. ECCl., VI, C. IX.

§tf créé dans un étal plus partait que '•••lui où il exi présent, el qu'il va eu une chute. Cette tradition se Fortifie ôv l'opiuioD des philosophes de tous temps el de tous :

qui n'ont jamais pu se rendre compte de l'homme moral, m étal primitif de perfection, d'où la nature humaine est ensuite déchue pas sa faute '.

Si l'homme a été créé, H a été créé pour une fin queîconor, étant créé parfait, la fin à laquelle il était appelé ne pouvait être nue parfaite.

filais la cause finale de rhommè a-t-elle été altérée p chute? Nmi, puisque l'homme n'a pas été créé de non' non, puisque la race humaine n'a pas été anéantie feire place à une autre i.

. l'homme, devenu mortel et imparfait par sa

toutefois avec les fins immortelle -• les. Gomment parviendra-t-il à ses tins dai actuel d'imperfection ? II ne le peut plus par sa propre én< rttie, par la même raison qu un homme malad

nteur des pensées à ! iquelle un homm p nt atteindre. Il y a donc disproportion entre la fore

à soulever par cette force: ici l'on entrevoil déjà la -site d'une aide ou d'une rédemption.

« Ce raisonnement, dira-t-on, serait bon pour le premier homme ; mais nous, nous sommes ss de nos fins.

Quelle injustiee et quelle absurdité de penser que nous - tous punis de la faute de notre premiei is décider ici si Dieu a tort ou raison de nous rendre solidaires, tout ce que nous savons et tout ce qu'il nous suffit de savoir à présent, c'est que cette loi e: voyons que partout le (ils innocent porte !• it dû

au père coupable; que cette loi est t. rincipe

des choses, qu'elle se répète jusqui ordre physique

de l'univers. Quand un enfant vient à la vie gangren débauches de son père, pourquoi ne se plaint-on pas de la nature? car enfin, qu'a bit cet innocent pour porter la peine des vices d'autrui? Eh bien, les maladies de l'Ame se

tuent ('on;;!:.' !.•< maladie du COrpS, et l'iioni trouve puni dans sa dernière postérité, de la faute qui lui fit prendre le premier levain du crime.

chute ainsi avérée par la tradition unn par la

transu i la génération du mal moral »'t physique ;

d'une autre part, les lins de l'homm* • aussi

qu'avant la désobéissance, quoique l'homme lui-

généré, il suit qu'une rédemption ou un m

quelconque ■!■ rendre l'homme capable de -t use

l. l uî. Plat., Aiust . - 5. PP., Pascal Gaot . Ark.,

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