‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 226 sur 307 · L'ENFER CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

L'ENFER CHRÉTIEN

Entre plusieurs différences qui distinguent l'enfer chrétien du Tartare, une surtout esl remarquable : ce sont les tourments qu'éprouvent eux-mêmes les démons. Pluton, les

Juges, les Parques et les Furies ne Bouffiraient point <v coupables. Les douleurs de dos puissances infernale sont donc un moyen dephu pour l'imagination, et eonséquemment un avantage poétique de notre enfer sur n nfer 'les anciens.

Dans les champs Cimmériens de VOdyisée. re vague des lieux, les ténèbres, Pincohérence des objets, la fosse on les ombres viennent boire le sang, donnent au tableau quelque chose de formidable, el qni peut-être ressemble plus a l'enfer chrétien que le Ténare de Virgile. Dans celui-ci l'on remarque les progrès des dogmes philosophiques de la Grèce. Les Parques, le Cocyte, le Styx, se retrouvent dans 1rs ouvrages de Platon. Là commence une distribution de châtiments et de récompenses inconnue à Homère. Nous avons déjà fait remarquer1 que le malheur, l'indigence et la faiblesse étaient, après le trépas, relégués par h s païens dans un monde aussi pénible que celui-ci. La religion de Jésus-Christ n'a poinl ainsi sevré nos âmes. Nous G qu'au sortir de ce monde de tribulations, mus autres misérables, nous trouverons un lieu de repos, et si noua eu soif de la justice dans le temps, nous en s< roi dans l'éternité. Sithint justitiam... ipsi tatumbuntur*.

S: La phil - phie -i satisfaite, il ne nous sei difficile peut-être de convaincre les Muses'. A la vérité nous n'avons poinl d'.enfer chrétien traité d'une manière in chable. Ni le Dante, ni le Tasse, ni Milton, ne sont p dans la peinture des lieux de douleur. Cependant quelques morceaux excellents, échappés à ces grands mai' vent que, si toutes les parties du tableau avaient été chées avec le même soin, nous posséderions des enfers aussi poétiques que ceux d'Homère et de Virgile.

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