DEUXIÈME PARTIE
« Au temps d'Hérode, roi de Judée, il y avait un prêtre "nommé Zacharie, du sang d'Abia : sa femme était aussi de la race d'Aaron; elle s'appelait Elisabeth.
i Ils étaient tous deux justes devant Dieu... Ils n'avaient point d'enfants, parce que Elisabeth était stérile et qu'ils étaient tous deux avancés en âge ».
Zacharie offre un sacrifice; un ange lui apparaît debout à côté de l'autel des parfums. 11 lui prédit qu'il aura un fils, que ce fils s'appellera Jean, qu'il sera le précurseur du Messie, et qu'il réunira le cœur des pères et des enfants. Le même ange va trouver ensuite une vierge qui demeurait en Israël, et lui dit : « Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous». Marie s'en va dans les montagnes de Judée; elle rencontre Elisabeth, et l'enfant que celle-ci portait dans son sein tressaille à la voix de la vierge qui devait mettre au jour le Sauveur du monde. Elisabeth, remplie tout à coup de l'Esprit saint, élève la voix et s'écrie : Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de votre sein sera béni.
« D'où nie vient le bonheur que la mère de mon Sauveur vienne vers moi?
« Car, lorsque vous m'avez saluée, votre voix n'a pas plus tôt frappé mon oreille, que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein ».
Marie entonne alors le magnifique cantique : « O mon àiae, glorifie le Seigneur » !
L'histoire de la crèche et des bergers vient ensuite. Une troupe nombreuse de l'armée céleste chante pendant la nuit : Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! mot digne des anges, et qui est comme l'abrégé de la religion chrétienne.
Nous croyons connaître un peu l'antiquité, et nous osons assurer qu'on chercherait longtemps chez les plus beaux génies de Rome et de la Grèce avant d'y trouver rien qui soit à la fois aussi simple et aussi merveilleux.
Quiconque lira l'Evangile avec un peu d'attention y découvrira à tous moments des choses admirables, i échappent d'abord à cause de leur extrême sini] Saint Luc, par exemple, en donnant la généalogie du Christ, remonte jusqu'à la naissance du monde. Arrivé aux premières générations, et continuant à nommer les ra< :< «, il dil : Cainan qui fuit Henos, qui fuit Set h, qui fuit A qui fuit DEI. Le simple mot qui fuU DE1, jeté là bobs commentaire et sans réflexion, pour raconter la création, l'origine, la. nature, les fins et le mystère de l'homme, nous semble de la plus grande sublimité.
La religion du Fils de Marie est comme l'essence des
diverses religions on ce qu'il y a de plus céleste en elles. On peut peindre en quelques mots le caractère du style évan? gélique : c'est un ton d'autorité paternelle mêlé à je i ouelle indulgence de Frère, à je ne sais quelle considération d'un Dieu qui, pour nous racheter, a daigné devenir Bis et frère des hommes.
Au reste, plus on lit les Kpîtrcs des Apôtres, surtout celles de saint Paul, et plus on esl étonné : on ne sait quel < -t ce) bomme qui, dans une espère de prône commun, dit familièrement des mots sublimes, jette tes regards les pi is profonds sur le cœur humain, explique la nature du rain Etre, et prédit l'avenir1.