‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 241 sur 307 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le grec montre dans ses conjugaisons perplexes, dans ses inflexions, dans sa diffuse éloquence, une nation d'un génie imitatif et sociale, une nation gracieuse et vaine, mélodieuse et prodigue de jaroles.

L'hébreu veuiil composer un verbe, il n'a besoin que de connaître les tr<is lettres radicales qui forment au singulier la troisième perjonne du prétérit. Il a à l'instant même tous les temps et tos les modes, en ajoutant quelques lettres semles avant, aires, ou entre les trois lettres radicales.

Bien plus enbarrassée est la marche du grec. Il faut considérer la cractéristigue, la terminaison, Vaugment et la pénultième de ertaines personnes des temps des verbes; choses d'autant )lus difficiles à connaître, que la caractéristique se perd, setranspose ou se charge d'une lettre inconnue, selon la lettre fc me devant laquelle elle se trouve placée. Ces deux coiugaisons hébraïque et grecque, l'une si simple et si coue, l'autre si composée et si longue, semblent porter l'empreire de l'esprit et des mœurs des peuples qui les ont formées la première retrace le langage concis du patriarche qui vseul visiter son voisin au puits du palmier; la seconde raprJle la prolixe éloquence du Pélasge qui se présente à la pde de son hôte.

Si vous pren: au hasard quelque substantif grec ou hébreu, vous dauvrirez encore mieux le génie des deux S iès. .\esherpn hébreu, signifie un aigle : il vient du verbe shur, contypler, parce que l'aigle fixe le soleil. Aigle, en grec^e rend par atVrôç, vol rapide. Israël a été frqpé de ce que l'aigle a de plus sublime : il l'a vu immobileur le rocher de la montagne, regardant l'astre du jour an réveil.

Athènes n'a apru que le vol de l'aigle, sa fuite impétueuse, et ce motement qui convenait au propre mouvement du génie kg Grecs. Telles sont précisément ces images de soleil, yeux, de montagnes, si souvent empl dans la Bible, eces peintures de bruits, de courses, de passages, si multiées dans Homère *.

Nos termes de mparaison seront:

La simplicité ; L'antiquité des^urs; La narration ; La description ;

1 kùrài paraît ter à l'hébreu HAIT, s'élancer avec fureur, à moins qu'on ne le de» d'ATE, devin; ATH, prodige: on retrouverait ainsi l'art de ltyination dans une étymologie. Vaquila des Latins vient manifestant de l'hébreu aouik, animal à serre. L'a D'est qu'une terminai, latine ; u se doit prononcer on. Quant à la transposition du h et changement en q, c'est peu de chose.

Les comparaisons ou les images ; Le sublime;

Examinons le premier terme.

1° Simplicité.

La simplicité de la Bible est plus pointât plus grave; la simplicité d'Homère plus longue et plus li.nlr.

La première est sentencieuse, et revientiux mêmes locations pour exprimer des choses nouvelles.

La seconde aime à s'étendre en paroles;.*! répète soi dans les mêmes phrases ce qu'elle vient djà de «lire, -implicite de l'Ecriture est celle d' n antique | qui, plein des sciences divines et humains, dicte du fond du sanctuaire les oracles précis de la sagese.

La simplicité du poète de Chioest celle dm vieux voya q«i raconte au foyer de son hôte ce qu'ia appris dai cours d'une vie longue et traversée.

2' Antiquité des mœurs.

fils des pasteurs d'Orient gardent lesroupeaux comme les lils des rois d'Ilion ; mais lorsque Par retourne à Troie, il habite un palais parmi des esclaves et es voluptés.

Une tente, une table frugale, des seviteurs ru-h voilà tout ce qui attend les enfants de Ja)b chez leur :

Un hôte se présente-t-il chez un pree dans Homèn . des femmes, et quelquefois la tille mêmdu roi, conduise!.! l'étranger au bain. On le parfume, ortui donne à lavi ■■ dans des aiguières d'or et d'argent, on leevêtd'un mac de pourpre, on le conduit dans la salle i festin, on le fait s'asseoir dans une belle chaise d'ivoin ornée d'un beau marche-pied. Des esclaves mêlent le v et l'eau dans les coupes, et lui présentent les dons de (rès dans une corbeille : le maître du lieu lui sert le >s succulent de ia victime, dont il lui fait une part cinq m plus grandie celle des autres. Cependant on mange ~>c une grande joie, et l'abondance a bientôt chassé la fa. Le repas fini, on prie Y étranger de raconter son histoiremtin, à son départ, on lui fait de riches présents, si mimqu'ait paru d'anors son équipage ; car on suppose que c1- un dieu qui rient, ainsi déguisé, surprendre le cœur dtrois, on un homme tombé dans l'infortune, et parconséqut le favori de Jupiter.

Sous la tente d'Abraham, la récepti-se passe autrement. Le patriarche sort pour aller au-deit de son hôte, il le salue, et puis adore Dieu. Les fils lieu emmènent les chameaux, et les filles leur donneià boire. On lave les

f>ieds du voyageur: il s'assied à ter et prend en silence e repas de l'hospitalité. On ne lui "nandc point son histoire, on ne le questionne point ; il neure ou continue sa route à volonté. A son départ, on alliance avec lui, et

Page 1