‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 248 sur 307 · Odyss., liv. xvi, v. 178 et &uiv · texte numérisé non relu

Odyss., liv. xvi, v. 178 et &uiv

2S2 GÉNÏE DU CHRISTIANISME

« ces habits, et tu n'es plus semblable à toi-même. Certesr « tu es quelqu'un des dieux habitants Le secret Olympe ; « mais sois-nous favorable, nous t'offrirons des victimes « sacrées et des ouvrages d'or merveilleusement travaillés, c Le divin Ulysse, pardonnant à son fils, répondit : i Je ne « suis point un dieu. Pourquoi me compares-tu à un dieu? & Je suis ton père, pour qui tu supportes raille maux et les « violences des hommes ». Il dit, et il embrasse son fils, el les larmes qui coulent le long de ses joues viennent mouiller la terre; jusqu'alors il avait eu la force de les retenir ».

Nous reviendrons sur cette reconnaissance, il faut voir auparavant celle de Joseph et de ses frères.

Joseph, après avoir fait mettre une coupe dans le sac de Benjamin, ordonne d'arrêter les enfants de Jacob; ceux-ci sont consternés; Joseph feint de vouloir retenir le cou; Juda s'offre en otage pour Benjamin; il raconte à Joseph que Jacob lui avait dit, avant de partir pour l'Egypte :

« Vous savez que j'ai eu deux fils de Rachel ma femme.

« L'un d'eux étant allé aux champs, vous m'avez dit qu'une bête féroce l'avait dévoré, il ne paraît point jusqu'à cette heure.

« Si vous emmenez encore celui-ci, et qu'il lui arrive quelque accident dans le chemin, vous accablerez ma u*jillesse d'une affliction qui la conduira au tombeau.

« Joseph ne pouvant plus se retenir, et parce qu'il était environné de plusieurs personnes, il commanda que l'on lit sortir tout le monde, afin que nul étranger ne fût présent lorsqu'il se ferait reconnaître de ses frères.

« Alors les larmes lui tombant des yeux, il éleva fortement sa voix, qui fut entendue des Egyptiens et de toute la maison de Pharaon.

c II dit à ses frères : « Je suis Joseph : mon père vit-il enc core » ? Mais ses frères ne purent lui répondre, tant ils étaient saisis de frayeur.

« 11 leur parla avec douceur, et leur dit : « Approchez-vous c de moi » : et s'étant approchés lui, il ajouta: t Je ïuis c Joseph votre frère, que vous avez ven. lu [tour l'Egypte.

« Ne craignez point. Ce n'est point par votre conseil que c j'ai été envoyé ici, mais parla volonté de Dieu. Hàtez-vous t d'aller trouver mon père. »

t ... Et, s'étant jeté au cou de Benjamin son frère, il pleura, et Benjamin pleura aussi en le tenant embrassé.

« Joseph embrassa aussi tous ses frères, et il pleura sur chacun d'eux ! ».

i Genèse, chap. xuv, v. 27 et suiv. ; chap. xlv, v. 1 et suiv.

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