PREMIÈRE PARTIE
du glorieux sépulcre. L'âge des tendres communiants et de la naissante année confondent leurs jeunesses, harmonies et leurs innocences. Le pain et le vin annoncent les dons des champs prêts à mûrir, et retracent les tableaux de l'agriculture; enfin Dieu descend dans les âmes de ces enfants pour les féconder comme il descend, en cette saison, dans le sein de la terre, pour lui faire porter ses fleurs et ses richesses.
Mais, dira-t-on, que signifie cette Communion mystique où la raison est obligée de se soumettre à une absurdité, sans aucun profit pour les mœurs?
Qu'on nous permette d'abord de répondre, en général, pour tous les rites chrétiens, qu'ils sont de la plus haute ir cela seul qu'ils ont été pratiqués par nos pères, par cela seul que nos mères ont été chrétiennes sur nos berceaux; enfin, parce que la religion a chanté autour du cercueil de nos aïeux, et souhaité la paix à leurs cendres.
Ensuite, supposé même que la Communion fût une cérémonie puérile, c'est du moins s'aveugler beaucoup de ne pas voir qu'une solennité qui doit être précédée d'une confejgion générale, qui ne peut avoir lieu qu'après une îongife suite d'actions vertueuses, est très favorable aux bonnes mœurs. Elle l'est même à un tel point, que si un homme approchait dignement, une seule fois par mois,, du sacrement d'EuchaiÏ6tie, cet homme serait, de nécessité, l'homme le plus vertueux de la terre. Transportez le raisonnement de l'individuel au collectif, de l'homme au peuple, et vous verrez que la Communion est une législation tout
« Voilà donc des hommes, dit Voltaire (dont l'autorité ne Bera pas suspecte), voilà des hommes qui reçoivent Dieu dans eux, au milieu d'une cérémonie auguste, à la lueur de cent cierges, après une musique qui a enchanté leurs sens, au pied d'un autel brillant d'or. L'imagination est subjuguée, l'âme saisie et attendrie; on respire à peine, on est détaché de tout bien terrestre, on est uni avec Dieu, il est dans notre chair et dans notre sang. Qui osera, qui pourra commettre après cela une seule faute, en concevoir seulement la pensée! Il était impossible, sans doute, d'imaginer un mystère qui retînt plus fortement les hommes dans la vertu * ».
Si nous nous exprimions nous-même avec cette force, on nous traiterait de fanatique.
L'Eucharistie a pris naissance à la Cène ; et nous en appelons aux peintres, pour la beauté du tableau où Jésus-