‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 265 sur 307 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Toit par le cercle oblique du zodiaque, tournant à l'entour de son aixieu l ».

Encore est-il vrai que Rome moderne se montra plus sage, puisque le même tribunal ecclésiastique qui condamna d'abord le système de Copernic permit, six ans après, de renseigner comme hypothèse2. D'ailleurs pouvaiton attendre plus de lumières astronomiques d'un prêtre romain que de Tycho-Brahé, qui continuait à nier le mouvement de la terre? Enfin un pape Grégoire, réformateur du calendrier, un moine Bacon, peut-être inventeur du télescope, un cardinal Cuza, un prêtre Gassendi, n'ont-ils pas été ou les protecteurs ou les lumières de l'astronomie ?

Platon, ce génie si amoureux des hautes sciences, dit formellement, dans un de ses plus beaux ouvrages, que les hautes études ne sont pas utiles à tous, mais seulement à un petit nombre; et il ajoute cette réflexion, confirmée par l'expérience, « qu'une ignorance absolue n'est ni le mal le plus grand, ni le plus à craindre, et qu'un amas de connaissances mal digérées est bien pis encore3 ».

Ainsi, si la religion avait besoin d'être justifiée à ce sujet, nous ne manquerions pas d'autorités chez les anciens, ni même chez les modernes. Hobbes a écrit plusieurs traités4 contre l'incertitude de la science la plus certaine de toutes, celle des mathématiques. Dans celui qui a pour titre : Contra Geometras, sive contra phastum Professorum, il reprend une à une les définitions d'Euclide, et montre ce qu'elles ont de faux, de vague ou d'arbitraire. La manière dont il s'énonce est remarquable : Itaque per hanc epistolam hoc ago ut ostendam tibi non minorem esse dubiiandi causam in scriptis mathematicorum, quam in scriptis physicorum, ethicorumTj, etc. « Je te ferai voir dans ce traité qu'il n'y a pas moins de sujets de doute en mathématiques qu'en physique en morale, etc. ï.

Bacon s'est exprimé d'une manière encore plus forte contre les sciences, même en paraissant en prendre la défense. Selon ce grand homme, il est prouvé a qu'une

1. Plut., De la face qui apparoist dedans le rond de la lune, chap. ix. On sait qu'il y a erreur dans le texte de Plutargue, et que c'était, au contraire, Aristarque de Samos que Cléanthe voulait faire persécuter pour son opinion sur le mouvement de la terre; cela ne change rien à ce que nous voulons prouver.

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