I. Abbadie
ou même s'ils ne sont sans cesse créés *. Or, cette puissance nécessaire ne peut être la matière, puisqu'elle n'existe pas de nécessité, et qu'elle n'a pas elle-même la cohésion des parties. Enfin cette volonté conservatrice ne peut émaner de la matière, puisque la matière est un être purement passif et sans volonté.
Concluons que l'être primitif, indépendant et immuable, ne peut être la matière. ,
Quatrième Proposition. 1. Quelque chose a existe de toute éternité 2. Cet être existant est indépendant et immuable ; 3 il ne peut être la matière ; 4. il est nécessairement unique.
Première preuve. Si deux principes indépendants existent ensemble on concevra que l'un peut également exister seul, puisqu'il n'est pas de la même nature que l'autre ; d'où il resuite que ni lun ni l'autre de ces principes n'existe nécessairement. Que devient donc la matière et l'être quelconque, démontré existant de toute éternité, par la seule raison que quelque chose existe à présent ? .,
Seconde preuve. Si deux principes existent ensemble, qui estce qui a arrangé la matière ?
Ce ne peut être Dieu, parce qu il ne connaît point l autre principe, et n'a aucun droit sur lui*.
Si la matière est incréée, Dieu ne peut la mouvoir, ni en former aurune chose; car Dieu ne peut l'arranger sagement sans la connaître; il ne peut la connaître s'il ne l'a pas créée; puisnu'étant un principe indépendant par lui-même il ne peut tirer ses connaissances que de lui, rien ne peut agir en lui ni 1 éclairer'
Ainsi s'évanouit cet épou vantail de l'école des athées : Ex nihilo nihil fit. Si Dieu existe, la matière n'est pas éternelle, et la création est obligée. Si vous supposez que Dieu n existe pas, vous rentrez dans le cercle de nos propositions.
L'être existant de toute éternité est donc nécessairement unique4.
Cinquième proposition. 1. Quelque chose a existe de toute éternité. 2. Cet être existant est indépendant et immuable; 3. il ne peut être la matière ; k. il est nécessairement unique ; 5 il n'est point un agent aveugle, sans choix et sans volonté.
Preuves. Si la cause suprême est sans liberté, une chose qui n'existe pas dans le moment actuel n'a jamais pu exister ; car,
Si la puissance de la cause suprême vient de l'enchaînement nécessaire des êtres, tout ce qui existe existe par une nécessite rigoureuse ; alors si cette nécessité est de rigueur, comment se trouve-t-ii un temps où cette chose n'existait pas'.'
Que si on rapporte cette nécessité d'existence à une certaine époque de la succession des temps, c'est complètement déraisonner. Dans le cas d'une existence d'absolue nécessité, il n y a point de succession de temps. Les temps sont un et tout.
Ensuite,