‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 286 sur 307 · Malebr · texte numérisé non relu

Malebr

4 La seule objection qu'onpourrait me faire ici se tirerait du spinozisme îiui admet l'unité de Dieu et de la matière; mais on sait combien cette opinion est absurde. On peut voir Batlb, art. Spinoza,

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ET ÉCLAIRCISSEMENTS Ml

Récapitulons : .

1° Quelque chose a existé de toute éternité.

2° Cette chose existante est immuable et indépendante.

3° Elle n'est pas la matière.

4° Elle est unique.

5° Elle n'est point un agent aveugle.

6° Elle est toute-puissante.

1° Elle est souverainement sage, bonne et juste.

Voilà Dieu.

Du Mouvement.

D'où vient le mouvement de la matière ? Premier syllogisme igenre positif).

Ou ce mouvement lui est essentiel, ou il lui est communique. Si le mouvement est essentiel à la matière, c'est une nécessité pour elle que ses parties soient toujours en mouvement: or, L'expérience la plus commune démontre qu'il y a des corps en repos ; donc .

Le mouvement n'est pas essentiel a la matière ; donc Il lui est communiqué.

Second syllogisme (genre destructif).

Si le mouvement est essentiel à la matière, toutes ses parties doivent, tendre sans cesse et également de tous côtes : or, De l'éternel mouvement résulte l'éternel repos ; donc Tout est en repos dans l'univers {absurde). Troisième syllogisme (genre démonstratif). - - ...

Le mouvement, par sa nature connue, n a aucune régulante ; 11 s'exerce dans toutes les dimensions et dans toutes les vitesses ; Il s'échappe par la tangente, coupe par la sécante, se plonge par la perpendiculaire, se roule par le cercle, se glisse par l'ellipse et la parabole ; . , ' ..

11 se communique par le choc ; il prend des directions nouvelles, selon l'opposition ou la réflexion des corps : or,

Les lois motrices des astres, du soleil et des planètes s accomplissent dans une inaltérable régularité géométrique ; donc

Ces lois d'un mouvement permanent et régulier ne peuvent être engendrées par le mouvement confus et désordonné de la matière. Il suit de ces trois syllogismes que le mouvement n est point essentiel à la matière :

1° Parce qu'il y a des corps en repos ;

2° Parce que l'universel mouvement serait le repos universel, ce qui choque l'expérience.

3° Parce que le mouvement irrégulier de la matière ne peut jamais être admis comme créateur de l'ordre, de 1 univers. Une cause ne peut pas produire un effet dont elle n a pas en ellemême le principe, puisqu'il y aurait alors un effet sans cause; un composé ne peut pas avoir des vertus qui ne sont pas dans ses éléments simples. Enfin, si le mouvement était une qualité résidante dans la matière ou dans l'arrangement de ses parties, depuis le temps que les plus habiles mécaniciens cherchent le mouvement perpétuel, n'est-il pas plus que probable qu ils auraient trouvé la machine propre à le mettre en évidence ? Mais l'expérience a démontré jusqu'à présent qu il fallait un moteur étranger.

On doit conclure de ces arguments qu'il existe quelque part hors de la matière, un mobile universel, premier agent du mouvement a la fois immuable et dans un mouvement éternel.

Voila Dieu.

Eclaircissements sur ces dernières preuves touchant le mouvement.

Le mouvement de la matière fournissant une preuve uni réplique en faveur de l'existence de Dieu, il sera bon d v jeté encore quelque lumière. 7 ^

Pour démontrer l'impossibilité de la formation des mondes par le mouvement et le hasard, Cicéron tire des lettres de l'alphabet cette objection si connue :

a Ne dois-je pas m'étonner, dit-il1, qu'il y ait un homme qui se persuade que de certains corps solides et indivisibles se meuvent deux-mêmes par leur poids naturel, et que de leur concours fortuit s'est fait un monde d'une si grand" beauté ? Quiconque croit cela possible, pourquoi ne croïrail-i1 pas que si l'on jetait a terre quantité de caractères d'or, ou de quelque matière que ce fût, qui représentassent les vinut et une lettres, ils pourraient tomber arrangés dans un tel ordre qu ils formeraient lisiblement les Annales d'Ennius 7 Je doute si le hasard rencontrerait assez juste pour en faire un seu vers. Mais ces gens-là, comment assurent-ils que des coriiuscules qui n ont point de couleur, point de qualité, point d. sentiment, qui ne font que voltiger au gré du hasard! on; ce monde-ci, ou plutôt en font à chaque moment d'innombrables qui en remplacent d'autres? Quoi! si le concours des atomes peut taire un monde, ne pourrait-il pas faire des choses bien plus aisées, un portique, un temple, une maison, une ville » ? Cette absurdité, qui frappait si justement l'orateur romain a aussi été relevée par Bayle. Nous aimons à citer Bayle eu athées. « Ce dialecticien c'est Leibnitz qui parle) passe usén du blanc au noir ; il s'accommode de tout ce qui lui convient pour combattre l'adversaire qu'il a en tête, n'avant pour but nm d embarrasser les philosophes, et de faire voir la faiblesse de notre raison. Jamais Arcésilas et Carnéades n'ont soutenu le pour et le contre avec plus d'esprit et d'éloquence' ».

Voici donc ce que dit Bayle sur la nécessité d'une cause intelligente' :

Puisque, de l'aveu de toutes les sectes, les lois du mouvement ne sont pas capables de produire, je ne dirai pas un moulin, une horloge, mais le plus grossier instrument qui se voit dans la boutique d un serrurier, comment seraient-elles capables de produire le corps d'un chien, ou même une rose et une grenade ? Recourir aux astres ou aux formes substantielles, c'est un pitoyable asile. 11 faut ici une cause qui ait 1 idée de son ouvrage, et qui connaisse les moyens de le construire : tout cela est nécessaire a ceux qui font une montre et un vaisseau, à

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