Art. Stnnert., note C
plus forte raison se doit-il trouver dans ce qui fait l'organisation des êtres vivants » .
A la noté R de l'article Démocrite, il s'exprime ainsi.
« En quittant le droit chemin, qui est le système d'un Dieu créateur libre du monde, il faut nécessairement tomber dans la multiplicité des principes : il faut reconnaître entre eux des antipathies et des sympathies, les supposer indépendants les uns des autres, quant à l'existence et à la vertu d'agir, mais capables néanmoins de s'entre-nuire par l'action et la réaction. Ne demandez pas pourquoi, en certaines rencontres, l'effet de la réaction est plutôt ceci que cela; car on ne peut donner raison des propriétés d'une chose, que lorsqu'elle a été faite librement par une cause qui a eu 6es raisons et ses motifs en la produisant ».
Crouzas. qui cite ce passage à la huitième section de son examen du pyrrhonisme, ajoute1 :
<l Quand on supposerait les atomes éternels et en mouvement de toute éternité, on pourrait bien en conclure qu'en s'approchant ils formeraient de certaines masses, et, si vous voulez encore, que ces masses seraient propres à produire de certains effets. Mais de là il y a infiniment loin à supposer que ces masses, formées par le concours fortuit des atomes, auraient pris un agencement régulier, et que les propriétés des unes auraient été précisément telles qu'il fallait pour l'usage des autres.
c Que l'on ploie dix billets numérotés, l'un par le chiffre 1, le second par le chiffre 2. Combien de reprises ne faudrait-il pas pour les tirer, sans choix, dans un tel ordre, que le numéro 1 vînt précisément le premier, le numéro 2 le second, et ainsi jusqu'au 10 ?
« S'il y en avait vingt, le cas ne serait pas seulement deux fois plus difficile, mais incomparablement plus, comme le d< trent ceux qui ont étudié la doctrine abstraite des combinaisons. Cinq choses mélangées 2 à 2 donnent 15 combinaisons ; à 3, 35; à 4, 70 ; à 5, 126; à 6, 210 : à 7, 330.
« La difficulté de ranger plusieurs choses, sans le secours du discernement, dans un ordre croissant avec le nombre de ces choses, devient toujours plus grande dans une proportion qui va si fort en augmentant. Pour donner un arrangement, sans le secours de l'intelligence et du choix, à une infinité de parties en désordre, il faudrait surmonter des difficultés infiniment infinies. Quelle étendue d'intelligence ne serait pas nécessaire pour ranger dans un grand ordre, dans un ordre exquis dans un ordre qui se soutînt, une infinité de choses dont chacune hors de sa place serait une cause de désordre! Prenez autant dé lettres qu'il y en a dans une ligne ; agencez les billets où elles sont écrites, une seule par billet, sans les voir : à peine, après avoir épuisé votre vie sn tentatives, viendrez-vous une fois à bout de les ranger à lire lire cette ligne. La difficulté sera beaucoup plus que double, s'il faut ainsi venir à bout d'agencer les expressions de deux lignes : où n'irait point la difficulté de les ranger, sans le seeours du discernement, dans l'ordre où elles sont dans une page entière? Leurs agencements fortuits iraientils enfin à composer un livre? Une cause infinie en perfection