‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 45 sur 307 · VICES ET VERTUS SELON LA RELIGION · texte numérisé non relu

VICES ET VERTUS SELON LA RELIGION

La plupart des anciens philosophes ont fait le partage des -vices et des vertus; mais la sagesse de la religion l'emporte encore ici sur celle des hommes.

Ne considérons d'abord que l'orgueil, dont l'Eglise fait le premier des vices. C'est le péché de Satan, c'est le premier péché du monde. L'orgueil est si bien le principe du mal, qu'il se trouve mêlé aux diverses infirmités de l'âme : il brille dans le sourire de l'envie, il éclate dans les débauches de la volupté, il compte l'or de l'avarice, il étincelle dans les yeux de la colère, et suit les grâces de la mollesse.

C'est l'orgueil qui fit tomber Adam; c'est l'orgueil qui arma Caïn de la massue fratricide; c'est l'orgueil qui éleva Babel et renversa Babylone. Par l'orgueil, Athènes se perdit avec la Grèce; l'orgueil brisa le trône de Cyrus, divisa l'empire d'Alexandre, et écrasa Rome enfin sous le poids de l'univers.

Dans les circonstances particulières de la vie, l'orgueil a des effets encore plus funestes. Il porte ses attentats jusque sur Dieu.

En recherchant les causes de l'athéisme, on est conduit à cette triste observation, que la plupart de ceux qui se révoltent contre le ciel ont à se plaindre en quelque chose de la société ou de la nature (excepté toutefois des jeunes gêna séduits par le monde, ou des écrivains qui ne veulent taire que du bruit). Mais comment ceux qui sont privés des iiivoles avantages que le hasard donne ou ravit dans ses caprices ne savent-ils pas trouver le remède à ce léger malheur, en se rapprochant de la Divinité? Elle est la véritable source des grâces: Dieu est si bien la beauté par excellence, que son nom seul prononcé avec amour suliit pour donner quelque chose de divin à l'homme le moins favorise

de la nature, connue on l'a remi rqué de Socrate. Laissons l'athéisme à ceux qui, n'ayant pas assez de noblesse pour s'élever au-dess u Bort, ne montrent dans

; | lièmes que le premier vice de l'homme chatouillé

dans sa pai lie la plus Bensible.

Si r donné la première place à l'orgueil dans

; I liions humaines, elle i

- habilement les six autres vices capitaux. Il ne faut I roire que l'ordre où nous les voyons rangés soil arbitraire : il suffît de l'examiner pour s'apercevoir que la religion pass1e excellemment, de ces crimes qui attaquent ité en n rai, ces délits qui ne retombent que sui le coupable. Ainsi, par exemple, l'envie, la luxure, l'avarice et la colère suivent immédiatement !' parce h a qui s'exercent sur un et qui ne vivent qu'au milieu des hommes, tandis gourmandise et la paresse, qui viennent les dernière . des inclinations solitaires et honteuses, réduites à chercher en elles-mêmes leurs principales voluptés.

Dans les vertus préférées par le christianisme, et d rang qu'il leur assigne, même connaissance de la nature. Avant Jésus-Christ, l'âme de l'homme était un cha< Verbe se fit entendre, aussitôt tout se débrouil monde intellectuel, comme à la même Parole monde physique : ce fui la c de l'univers'. Les vertus montèrent comme . puis

dans les cieux : les unes, soleils éclatante, appelèrent les Is par leur brillante lumière; les autres, "lestes étoiles, cherchèrent la pudeur des ombres, où cependant elles ne purent se cacher. Dès lors on vit s'établir une admirable balance entre l< et les fa , i reli-

gion dirigea ses foudres contre L'orgueil, vice qui s.- nourrit

rus: elle le découvrit dans les replis e i poursuivit dans ses aaétamorph -

marchèrent contre lui en une armée sainte, et l'Hun i d'un sac, les reins ceints d'une corde, Les pieds nus,

le front couvert de cendre, les yeux b en pleurs,

devint une des premières vertus du iidele.

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