‹ Le génie du christianisme (volume 3)Chapitre 93 sur 307 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

comme le cygne, a quitté la terre sans y laisser d'autn

- souvenirs que quelques plumes de ses ailes ! Des convenances pour les scènes de la nature, ou

d'utilité pour l'homme, déterminent les différentes migrations des animaux. Les animaux qui paraissent dans les mois des tempêtes ont des voix tristes et des mœurs sauvages comme la saison qui les amène ; ils ne viennent point pour se taire entendre, mais pour écouter: il y a di sourd mugissement des bois quelque ci ose qui charme ; -. Lès arbres, qui balancent tristement leurs aillées, ae portent que de noires légions qui se sont pour passer i hiver; elles ont leurs sentinelles

et leurs gardes avancées; souvent une corneille centenaire, sibylle du désert, se tient seule perchée sur un chêne avec lequel elle a vieilli : là, tandis que ses sœurs font silence, immobile, et comme pleine de pensées elle ■nue aux vents des monosyllabes prophétiques. Il est remarquable que les sarcelles, les canards, les oies, les bécasses, les pluviers, ies vanneaux, qui servent à noire nourriture, arrivent quand la terre est dépouillée, tandis que les oiseaux étrangers qui nous viennent dans la saison des fruits n'ont avec nous que des relations de plaisir.- : ce sont des musiciens envoyés pour charmer nos banquet-. 11 en faut excepter quelques-uns, tels que la caille et le ramier, dont toutefois la chasse n'a lieu qu'après la récolte, ei qui us nos biés,pour servira notre table. Ainsi, -eaux du nord sont la manne des aquilons, comme ies sont les dons des zéphyrs : de quelque point de l'horizon* que le vent souille, il nous apporte un présent de la Providence.

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