QUATRIÈME PARTIE
fesseur répondit: De VEglise catholique; car Jésus-Christ n'en connaît point d'autre ^
N'oublions pas dans le développement de cette hiérarchie que saint Jérôme compare à celle des anges, n'oublions pas les voies par oii la chrétienté signalait sa sagesse et sa force, nous voulons dire les conseils et les persécutions. « Rappelez en votre mémoire, dit La Bruyère, rappelez ce grand et premier concile, oij les Pères. qui le composaient étaient remarquables chacun par quelques membres mutilés, ou par les cicatrices qui leur étaient restées des fureurs de la persécution : ils semblaient tenir de leurs plaies le droit de s'asseoir dans cette assemblée générale de toute l'Eglise ».
Déplorable esprit de parti ! Voltaire, qui montre souvent l'horreur du sang et l'amour de l'humanité, cherche à persuader qu'il y eut peu de martyrs dans l'Eglise primitive ^; et comme s'il n'eût jamais lu les historiens romains, il va presque jusqu'à nier cette première persécution dont Tacite nous a fait une si affreuse peinture. L'auteur de Zaïre, qui connaissait la puissance du malheur, a craint qu'on ne se laissât toucher par le tableau des souffrances des chrétiens; il a voulu leur arracher une couronne de martyre qui les rendait intéressants aux cœurs sensibles, et leur ravir jusqu'au charme de leurs pleurs.
Ainsi, nous avons tracé le tableau de la hiérarchie apostolique : joignez-y le clergé régulier, dont nous allons bientôt nous entretenir, et vous aurez l'Eglise entière de Jésus- Christ. Nous osons l'avancer: aucune autre religion sur la terre n'a offert un pareil système de bienfaits, de prudence et de prévoyance, de force et de douceur, de lois morales et de lois religieuses. Rien n'est plus sagement ordonné que ces cercles qui, partant du dernier chantre de village, s'élèvent jusqu'au trône pontifical qu'ils supportent, et qui les couronne. L'Eglise ainsi, par ses différents degrés, touchait à nos divers besoins: arts, lettres, sciences, législation, politique, institutions littéraires, civiles et religieuses, fondations pour l'humanité, tous ces magnifiques bienfaits nous arrivaient par les rangs supérieurs de la hiérarchie, tandis que les détails de la charité et de la morale étaient répandus par les degrés inférieurs, chez les dernières classes du peuple. Si jadis l'Eglise fut pauvre, depuis le dernier échelon jusqu'au premier, c'est que la chrétienté était indigente comme elle. Mais on ne saurait exiger que le clergé