‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 151 sur 259 · Sainte-Palaye, tome i, part. n · texte numérisé non relu

Sainte-Palaye, tome i, part. n

Cathay, des confins de l'Asie, et de tous ces lieux incroyables où ils redressaient les torts, et combattaient les Inlidèles.

« On voit, dit Froissard parlant de la maison du duc de Foix, on voit en la salle, en la chambre, en la cour, chevaliers et écuyers d'honneur aller et marcher, et les oyait-on parler d'armes et d'amour : tout honneur était là-dedan.' trouvé, toute nouvelle, de quelque pays ni de quelque royaume que ce fût, là-dedans on y apprenait ; car de tous pays, pour la vaillance du seigneur, elles y venaient ».

Au sortir de page on devenait écuyer, et la religion présidait toujours à ces changements. De puissants parrains ou de belles marraines promettaient à l'autel, pour le héros futur, religion, fidélité et amour. Le service de l'écuyer consistait, en paix, à trancher à table, à servir lui-même les viandes, comme les guerriers d'Homère, à donner à laver aux convives. Les plus grands seigneurs ne rougissaient point de remplir ces offices. « A une table devant le roi, dit le sire de Joinville, mangeait le roi de Navarre, qui moult était paré et orné de drap d'or, en cotte et mantel, la ceinture, le fermait et chapel d'or fin, devant lequel je tranchais ».

L'écuyer suivait le chevalier à la guerre, portait sa lance et son heaume élevé sur le pommeau de la selle, et conduisait ses chevaux en les tenant par la droite. « Quand il entra dans la forêt, il rencontra quatre écuyers qui menaient quatre blancs dextriers en dextre ». Son devoir, dans les duels et les batailles, était de fournir des armes à son chevalier, de le relever quand il était abattu, de lui donner un cheval frais, de parer les coups qu'on lui portait, mais sans pouvoir combattre lui-même.

Enfin, lorsqu'il ne manquait plus rien aux qualités dupoursuivant d'armes, il était admis aux honneurs de la chevalerie. Les lices d'un tournoi, un champ de bataille, le fossé d'un château, la brèche d'une tour, étaient souvent le théâtre honorable où se conférait l'ordre des vaillants et des preux. Dans le tumulte d'une mêlée, de braves écuyers tombaient aux genoux du roi ou du général qui les créait chevaliers, en leur frappant sur l'épaule trois coups du plat de son épée. Lorsque Bayard eut conféré la chevalerie à François P"" : « Tu es bien heureuse, dit-il en s'adressant à son épée, d'avoir aujourd'hui, à un si beau et si puissant roi, donné l'ordre de la chevalerie ; certes, ma bonne épée, vous serez comme reliques gardée, et sur toute autre honorée ». Et puis, ajoute l'historien, « fit deux sauts ; et après remit au fourreau son épée ».

A peine le nouveau clrevalier jouissait-il de toutes se& armes, qu'il brûlait de se distinguer par quelques faits écla-

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