Lib. m, cap. iv, v. îl
disciples en choisit douze, mais que, voulant consommer le mystère de l'unité dans la même Eglise, parmi les douze il en choisit un .. Qu'on ne dise point, qu'on ne pense point que ce ministère de saint Pierre finisse avec lui : ce qui doit servir de soutien à une Eglise éternelle ne peut jamais avoir de fin. Pierre vivra dans ses successeurs; Pierre parlera toujours dans sa chaire ; c'est ce que disent les Pères ; c'est ce que confirment 'six cent trente évoques au concile de Chalcédoine.
... Et qui ne sait ce qu'a chanté le grand saint Prosper il y a plus de douze cents ans : Rome, le siège de Pierre, devenue sous ce titre' le chef de l'ordre pastoral dans tout Vunivers, s'assujettit par la religion ce quelle na pu subjuguer par les armes? Que volontiers nous répétons ce sacré cantique d'un Père de l'Eglise gallicane ! C'est le cantique de la paix, où, dans la grandeur de Rome, l'unité de toute l'Eglise est célébrée.
... Jésus-Christ poursuit son dessein, et après avoir dit à Pierre, éternel prédicateur de la foi : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, il ajoute : Et je te donnerai les clefs du royaume des deux Toi qui as la prérogative de la prédication de la foi, tu auras aussi les clefs qui désignent l'autorité du gouvernement. Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. Tout est soumis à ces clefs : tout, mes frères, rois et peuples, pasteurs et troupeaux. Nous le publions avec joie; car nous aimons l'unité, et nous tenons à gloire notre obéissance. C'est à Pierre qu'il est ordonné premièrement d'aimer plus que tous les autres apôtres, et ensuite de paître et gouverner tout, et les agneaux et les brebis, et les petits et les mères, et les pasteurs mêmes : pasteurs à l'égard des peuples, et brebis à l'égard de Pierre, ils honorent en lui Jésus-Christ. (Note de l'Editeur).
Note Aa, page 105.
Il va presque jusqu'à nier les persécutions sous Néron. Il avance qu'aucun des Césars n'inquiéta les chrétiens jusqu'à Domitien. « Il était aussi injuste, dit-il, d'imputer cet accident (l'incendie de Rome) au christianisme qu'à l'empereur (Néron) ; ni lui, ni les Chrétiens, ni les Juifs, n'avaient aucun intérêt à brûler Rome ; mais il fallait apaiser le peuple qui se soulevait contre les étrangers également haïs des Romains et des Juifs. On abandonna quelques infortunés à la vengeance publique. (Quelle vengeance, s'ils n'étaient pas coupables)! Il semble qu'on n'aurait pas dû compter parmi les persécutions faites à leur foi cette violence passagère Elle n'avait rien de commun avec leur religion qu'on ne connaissait pas (nous allons entendre Tacite), et que les Romains confondaient avec le judaïsme, protégé par les lois autant que méprisé* ». Voilà peut-être un des passages historiques les plus étranges qui soient jamais échappé à la plume d'un auteur.
Voltaire n'avait-il jamais lu ni Suétone ni Tacite ? Il nie l'existence ou l'authenticité des inscriptions trouvées en Espagne, où Néron est remercié d'avoir aboli dans la province une