‹ Le génie du peupleChapitre 27 sur 45 · LISON · texte numérisé non relu

LISON

Naudet sera tôt revenu !

LE GENTILHOMME

Je lui jouerai donc de finesse, Lison; j'en viendrai bien à bout!

Ma femme aime par-dessus tout A le voir, car il la fait rire.

Une lettre lui vais-je écrire Que votre mari portera ; Ce pendant, prendrons nos esbats.

Naudet, éloigné par le Gentilhomme, rentre, deux minutes après, pour s'assurer de sa disgrâce. Il met l'œil au trou de la serrure; plus de doute!

Hon! ils font la bête à deux dos!...

Il aperçoit alors le vêtement de dessus, la (( robe » que le Gentilhomme a ôtée; il la prend, la met et se sauve. Il arrive devant la Damoyselle, femme du Gentilhomme, qui d'abord croit voir son mari. Puis, l'ayant reconnu :

Dis-moi donc, Naudet, sans mentir, Comment Monsieur t'a fait vêtir.

Pour t'envoyer ici, sa robe.

NAUDET

C'est pour que nul ne la dérobe.

lyO LA FARCE D UN GENTILHOMME

LA DAMOYSELLE

Et Lison, n'a- t-elle rien vu r

Nenni ! Lison n'aurait point su.

Lison était bien empêchée, Toute plate à l'envers couchée En notre chambre de derrière...

LA DAMOYSELLE

Monsieur était couché près d'elle?

Non, s'il vous plaît, ma Damoyselle!

Il était, tout fin, plat dessus.

LA DAMOYSELLE

Et que lui faisait-il, Jésus?

Je te pry, dis-le-moi, beau sire!

Je n'ai garde de vous le dire; Monsieur me ravesquerait bien!

LA DAMOYSELLE

Dis-le-moi, je n'en dirai rien; Jamais je ne t'accuserai.

Ma foi, point ne vous le dirai; Je gâterais tout le mystère.

J'aime beaucoup mieux vous le faire, Sans vous en souffler un seul mot.

LA DAMOYSELLE

Tu ne saurais, tu es trop sot.

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