‹ Le génie latinChapitre 20 sur 59 · Grimarest, la Vie de M. de Molière, p · texte numérisé non relu

Grimarest, la Vie de M. de Molière, p

A quinze ans, le jeune Poqueliii suivit comme externe le cours du collège de Clermont, où les Jésuites instruisaient les enfants des plus nobles familles du royaume. On sait que les pères faisaient jouer des pièces latines parleurs écoliers. Mais c'est se hasarder beaucoup que de prétendre, comme on l'a fait, que Poquelin prit dans ces exercices le goût et la connaissance de la scène. L'auteur ingénu de la préface de 1682 nous fait paraître l'excellence de Molière dès les bancs du collège. « Le succès de ses études, dit-il, fut tel qu'on pouvoit l'attendre d'un génie aussi heureux que le sien. S'il fut fort bon humaniste, il devint encore plus grand philosophe. L'inclination qu'il avoit pour la poésie le fit s'appliquer à lire les poètes avec un soin tout particulier : il les possédoit parfaitement, et surtout Térence*. »

A cette époque, le cours de philosophie était de deux ans, après quoi l'étudiant soutenait une thèse latine. Mais cette cérémonie entraînait à d'assez grandes dépenses, et il est possible que Poquelin, à l'exemple de beaucoup de pères, n'ait pas trouvé à propos que son fils ^ prît ce grade onéreux. Après les deux années de philosophie on faisait une année de théologie, puis une année ou deux de droit canon. On allait

Page 1