‹ Le génie latinChapitre 32 sur 59 · Le Roi glorieux da Monde · texte numérisé non relu

Le Roi glorieux da Monde

livre de sa composition : « Y a-t-il une école d'athéisme plus ouverte que le Festin de Pierre, où, après avoir fait dire toutes les impiétés les plus horribles à un athée qui a beaucoup d'esprit, l'auteur confie la cause de Dieu à un valet à qui il fait dire, pour la soutenir, toutes les impertinences du monde? Et il prétend justifier à la fin sa comédie, si pleine de blasphèmes, à la faveur d'une fusée qu'il fait le ministre ridicule de la vengeance divine*? »

Le prince de Gonti n'a pas tout à fait tort, et le Festin de Pierre n'est pas une œuvre édifiante. Elle mit le roi dans un grand embarras. Il aimait les spectacles, mais il était pieux. Il avertit discrètement le poète de ne point prolonger les représentations de la pièce incriminée. En même temps il lui accorda six mille livres de pension et prit à sa charge la troupe du prince son frère, qui devint la troupe du roi. Par ordre du maître, Molière àonnd, Y Amour médecin , « proposé, fait, appris et représenté en cinq jours ».

Il s'y moquait des médecins, que Don Juan, impie en médecine comme dans le reste, avait déjà assez malmenés. Il était malade ; ils ne l'avaient pas guéri. C'était leur tort à ses yeux. Molière, atteint de la poitrine, toussait sans

1. Sentiments des Pères de VÉ'jlise, à la suite du Traité de la Comédie, p. 24.

répit. Les malades de bonne volonté croient aux médecins qui ne les guérissent pas. Mais Molière était un impie. Après avoir été très souffrant au commencement de 1666, il écriYUle Misanthrope, qu'il donna au Palais-Royal le 4 juin de la même année. Le chef-d'œuvre, à sa naissance, parut un peu austère. La recette alla baissant de jour en jour. Après la vingt et unième représentation, le Médecin malgré lui ramena le public. Molière alors travaillait aux divertissements royaux. Il introduisit Mélicerte, la Pastorale comique et le Sicilien dans le ballet des Muses. Le prince, content de cet ouvrage, fît compter aux comédiens deux années de leur pension et envoyer aux demoiselles Molière et de Brie deux riches mantes ^

En l'absence du roi, qui déployait en Flandre les pompes de la guerre, Molière risqua son Tartuffe sur la scène du Palais-Royal, le 5 août 1667. a Le lendemain, sixième, dit le registre de La Grange, un huissier de la cour du Parlement est venu, de la part du premier président M. de la Moignon, défendre la pièce.... Le huitième, ajoute le registre, le sieur de la Torillière et moi, de la Grange, sommes partis en poste de Paris, pour aller trouver le roi au

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