Rabelais, {oc. cit
était tenu alors pour la clef de la philosophie. Les thèses de Pic de la Mirandole sur la Kabbale et le traité de Reuchlin de Verbo mirifico montraient en ces Juifs chassés d'Espagne, méprisés, vexés, torturés dans toute la chrétienté, humbles, misérables, les docteurs de toute science. Marguerite prit au moins quelque idée de cette langue antique qui seule, disaient les doctes, nommait le vrai nom de Dieu.
Son enfance avait vu les premiers et grossiers miracles de l'imprimerie : les psaultiers et les romans en lettres de formes, lettres de sommes, lettres de saint Pierre, tous caractères gothiques et allemands.
Dans sa jeunesse, les belles éditions d'Aide Manuce imprimées en lettres italiques, dites vénitiennes, multiplièrent les chefs-d'œuvre de l'antiquité. « Les impressions tant élégantes et correctes » étaient inventées en cet âge « par inspiration divine, comme à contrefîl l'artillerie par suggestion diabolique* ». Les trésors de science et de poésie, venus de cette éclatante Italie, furent répandus en France parles Estienne et les Vascosan.
Elle avait dix-sept ans, et son jeune frère François était fiancé depuis trois ans avec