Brantôme
LA REINE DE NAVARRE i9
gagea elle-même dans une longue correspondance avec l'évêque de Meaux, BriçonnetS et s'abandonna, sous l'influence de ce subtil directeur, aux rêveries bizarres d'un mysticisme quintessencié. C'est pour le coup qu'on peut dire avec Rabelais qu'elle eut 1' « esprit abstraict, ravi et exstatic^ ». Elle filait la parfaite théologie ; les fils des toiles d'araignée et les fîls-dela- Vierge sont des câbles au prix du fil mystique qu'elle^ tournait sur le rouet spirituel qu'elle tenait de Briçonnet. Les plus robustes esprits ont souvent de ces élans vers le subtil et l'inconnaissable*.
Mais la doctrine de Briçonnet, à n'en prendre que le fonds, était le retour aux Ecritures et la réformation de l'Eglise. Briçonnet pensait, comme Lefebvre d'Etaples, que l'Evangile < n'étoit pas prêché purement, sans mélange de traditions humaines ». Marguerite fut donc engagée par ce directeur dans le chemin de l'hérésie, qu'ils ne suivirent ni l'un ni l'autre jusqu'au bout.
Elle gagna le roi son frère au parti des réformés