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CHAPITRE XI

Les excitants (suite) : l'opium,

L 'opium et son dérivé la morphine sont des poisons qui jouent, ou pour mieux dire ont joué, à une époque qui n'est pas très éloignée, le rôle peut-être le plus considérable que Ton puisse attribuer à des toxiques, sur les littérateurs. La morphine surtout, qui n'a été connue qu'il y a relativement peu d'années, a passé pendant vingt ans pour être le poison dont un écrivain à la mode ne pouvait guère avouer qu'il n'avait pas goûté. Le nombre de ceux qui s'en sont servis est considérable, celui de ceux qui en ont été les victimes est heureusement moins grand, et peut-être la génération actuelle mieux avertie est-elle moins disposée à se laisser surprendre par les charmes trompeurs de cet excitant.

L'opium est employé par ses adeptes soit par la voie buccale, soit en fumée ; fumer de l'opium est une mode chinoise qui ne date guère que du xvne siècle et qui n'a fait que peu de progrès dans certains ports européens. L'absorption de l'opium par les voies digestives a été surtout employée au commencement du siècle dernier, et les opiomanes de nos jours l'ont presque totalement abandonnée pour la morphine ; il y a à cela plusieurs raisons dont la commodité du

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