‹ Le génie littéraireChapitre 34 sur 63 · LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

LA SYPHILIS

aimait les bijoux ; il menait la vie d'un grand seigneur; excité, brûlé par sa maladie, il s'amourachait de toutes les femmes et de cinq ou six en même temps. Sa musique, donton a dit que c'était une pluie de perles tombant sur un plateau de cristal, est amoureuse, élégiaque, facilement mélancolique; elle associe, écrit ÉliePoirée', «aux formes rêveuses de l'Allemagne les formes passionnées de l'Italie... Extrêmement féminine, elle ne dédaigne pas les supercheries de la femme, elle en a les petites roueries innocentes. Quand la mélodie de Chopin pleure, quand elle se lamente, sa tristesse, pareille à celle d'une jeune veuve, ne lui fait pas oublier qu'elle est jolie. Les couleurs sombres lui siéent infiniment et son deuil aime à s'entourer de broderies, de dentelles et de bijoux. »

A côté de la tuberculose, de même valeur au point de vue social, la syphilis n'a pas dû davantage respecter les poètes. Pour être moins vantée, moins chantée, plus discrète, elle n'en possède pas moins sur le système nerveux et sur le cerveau une action infiniment plus directe et plus redoutable, en même temps que plus lente, que la tuberculose. Nous arrivons, à ce propos, à aborder l'étude des altérations anatomiques de la cérébralité. La tuberculose cérébrale n'eût fait qu'un tout petit chapitre, tandis que la syphilis nerveuse nous ouvrira toutes grandes les portes de ces cercles de l'enfer, à l'entrée desquels la pensée qui va mourir jette encore parfois des éclairs sublimes.

On ne trouve guère d'indications relatives à la syphilis comme moyens d'effets littéraires que dans un certain nombre de livres à thèse tels que les Avariés de Brieux,

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