Wilder, Mozart (Fischbacher
main. L'anecdote suivante, que raconte Wilder, est typique.
« Un jour que Schachtner tenait la partie de second violon d'un trio qu'on déchiffrait dans la maison Mozart, Wolfgang se plaça derrière lui et voulut absolument le doubler. 11 n'avait pas encore appris les premiers éléments de l'instrument, et son père, prévoyant un charivari, ne voulut pas laisser troubler le plaisir d'hommes sérieux par le caprice d'un enfant; mais, comme la dureté du refus faisait pleurer le pauvre petit à chaudes larmes, il finit par se laisser attendrir : « Assieds-toi là, dit-il au bambin, et « gratte les cordes, puisque tu le veux, mais si doucement « que personne ne t'entende. »
« A peine le trio fut-il commencé que Schachtner, stupéfait, s'aperçut que sa présence était inutile; Wolfgang tenait parfaitement sa place. Sans souffler mot, le brave homme déposa son instrument et laissa l'enfant achever seul le morceau commencé.
« On juge de Tétonnement du petit cercle témoin de ce miracle, on devine l'attendrissement du père assistant à la révélation foudroyante du génie de son enfant.
« Comme on le félicitait de son habileté, Wolfgang parut très flatté et prétendit qu'il jouerait avec la même aisance la partie du premier violon. On n'avait plus le droit de douter du petit virtuose, et on le mit à l'épreuve. Elle réussit. Se heurtant parfois aux difficultés, mais se tirant toujours d'affaire avec une adresse étonnante, le petit bonhomme démontra ce fait incroyable, inouï, qu'il savait jouer du violon sans l'avoir appris. »
L'exemple de Beethoven est d'autant plus à citer que Fétis, arguant des mauvais traitements et des heures interminables d'études que lui infligeait son père, a cru pouvoir conclure que chez lui, au contraire de Mozart, le génie
ne naquit pas spontanément. Nous pensons au contraire avec Wilderque « l'enfant devait avoir pour l'art un amour bien ardent et bien passionné, puisqu'il résista victorieusement à tout ce que l'on entreprenait pour l'en dégoûter». La précocité de Beethoven fut, en effet, remarquable; si, dans ses toutes premières années, il ne put, comme Berthaume, charmer une araignée, succès que lui prête la légende, il remplaça, à onze ans, le célèbre Neefe comme organiste et tint peu après la place de maître de chapelle. A treize ans, il publia ses trois premières sonates.
Chez lui, comme chez tous les artistes, le subconscient joue un grand rôle. Spontanée souvent, l'idée musicale ne s'exprime parfois que peu à peu, après un travail latent, et pour elle plus que toute autre est vrai ce mot de Napoléon, que : « L'inspiration est la solution instantanée d'un problème longtemps médité. »
De même que pour Mozart, pour Beethoven aussi les sensations musicales donnaient en quelque sorte une cohésion à la mentalité. Génial quand il s'agissait d'exprimer ses pensées en musique, cet auteur hésitait pour écrire une lettre très simple, et ses erreurs arithmétiques sont des plus amusantes.
A cette prédominance fonctionnelle correspond nettement une prédominance anatomique de toutes les parties du cerveau qui concourent à la formation du système auditif.
C'est ainsi qu'Auerbach vient de publier la description du cerveau d'un musicien remarquable, Naret Koning.
Voici le procès-verbal d'autopsie traduit par Georges Matisse * :