II. De la signification de la larve du Polygordius
d'après Laxc, qui a vu les préparations d'En. Meyer, il n’est pas possible d'imaginer une identification plus parfaite.
Les troncs longitudinaux n’ont qu'une existence éphémère chex la larve de Polygordius, mais Enr. Meyer (D 27) a découvert chez l'adulte de Lanice conchilega de chaque côté du corps un canal longitudinal qui réunit tous les organes segmentaires les uns avec les autres.
La raison d’être de la différenciation de l'appareil excréteur des Plathyelminthes en canaux segmentaires séparés et de l'apparition d’un organe collecteur nouveau annexé à chaque canal segmentaire chez les Annélides et les Hirudinées se trouverait dans la métamérisation du tronc et l'apparition des cavités du corps. Chez les Platodes, où il n’y aurait pas de cavités. où il existerait un » mésoderme solide, les canaux excréteurs disséminés dans tout le corps iraient pour ainsi dire à la recherche des produits d'excrétion. Chez les Annélides et les Hirudinées où, au contraire, se seraient formées des cavités entérocéliennes chez les premieres. mésenchymateuses chez les secondes, avec un appareil hématique. l'appareil excréteur aurait perdu ses caractères primitifs.
Les produits d’excrétion n’ont plus à être recherchés dans toutes les parties du corps, ils sont déversés directement dans les systèmes de cavités du corps (cavités du mésenchyme ou cavités segmentaires), ils sont recueillis par quelques organes collecteurs. C’est dans l’apparition de ces cavités qu'il faudrait voir aussi, d’après LaxG, la raison de la simplification progressive des organes sexuels. Les produits sexuels des Platodes, contenus dans le mésoderme solide ont nécessairement besoin de canaux déférents spéciaux pour être éliminés. Chez les Annélides, au contraire, ils tombent directement dans les cavités du corps, les organes segmentaires pouvant secondairement jouer le rôle des canaux déférents primitifs.
Cependant, le mode d'évacuation des produits sexuels se ferait encore d'apres le procédé primordial dans les Annélides qui se rapprocheraient le plus des Platodes. Tel serait, dans l’ordre d'idées poursuivi par Laxc, le cas de l'Histriodrilus Benedeni (D 19) (Histriobdella homari) et du Dinophilus (D 20, 21, 22). — Ces deux curieux types de ver apportent un sérieux appui au système phylogénique de LaxG ayant rapport aux Annélides, surtout le Dinophilus.
Déjà Korscuezr (D 22) avait reconnu chez D. apatris un appareil excréteur de FPlatodes, y compris les cellules vibratiles terminales, dont il n'avait cependant pas vu les connexions directes avec les fins canalicules. En. Meyer (D 27) fit des observations plus précises à ce sujet sur le D. gyrociliatus. Il vit cinq paires de canaux intra-cellulaires répondant à autant de segments et se terminant chacun en une cellule vibratile fermée. Comme Laxc le fait remarquer, les canaux longitudinaux manquent ici, et en cela l'appareil excréteur du Dinophilus serait moins primitif que l'appareil homologue de la Gunda, où ils existent. Quoiqu'il en soit, Wernox (D 20) et Repracorr (D 21) viennent encore de confirmer par leurs observations chez le D. gigas et le D. apatris l'identité morphologique des organes excréteurs de ces animaux avec ceux des Rhabdocèles notamment et avec l'appareil excréteur larvaire des Annélides. KorscneLr, à la suite de ses recherches, pensait qu'il fallait fonder une nouvelle famille dans
le groupe des Turbellariés pour y placer cet animal, ou même l'en retirer pour le classer dans
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un groupe inférieur à celui des Turbellariés. Pour LaxG, le Dinophilus n'est pas un Turbellarié. Il s’écarte de ceux-ci par la plupart de ses caracteres, aussi bien chez l'adulte que chez la larve. Il le considère comme un type intermédiaire entre les Rotiferes et les Annélides, en passant par les Archiannélides. En effet, il se rapproche de ces derniers et surtout du Protodrile par le revêtement ciliaire de la surface du corps, par l’absence de parapodes et de soies, par la musculature du pharynx; mais non par le reste de la structure du tube digestif, ni par les organes sexuels, ni par les caractères de la cavité du corps, comme le pense LaxG. Avec WeLprox (D 20), je crois que ces derniers caractères sont plutôt typiques d'une larve de Chaetopode, de la Trochophora de Harscxex. WErpox (D 20) en effet a reconnu chez le D. gigas qu'il n'existe pas d’endothélium délimitant une cavité du corps. Entre l’ectoderme et l’endoderme il existe un réseau lâche de cellules étoilées, rappelant le tissu mésodermique des Turbellariés et des Platodes en général. Cet aspect, si tout le reste de l’organisation du Dinophilus ne rappelait une larve d’Annélide, ne permettrait pas de conclure que ce tissu est un mésenchyme primitif dans l’hypothese de LaxG. Car chez le Saccocirrus, où la cavité du corps est un entérocele, celle-ci est envahie secondairement chez l’adulte par les cellules péritonéales modifiées, au point qu’elle disparait comme telle et qu'à sa place existe un véritable tissu rappelant le mésenchyme des Platodes, et qui présente la constitution d'un véritable schizocèle. C’est le mésenchyme secondaire d'Ep. van BENEDEN (D 44.
De l'avis de LaxG (D 27), les organes segmentaires du Dinophilus sont identiques à ceux de la larve de Nereis et d'après WeELDoN (D 20) semblables à l'appareil d’un Rhabdocele. Quant au dimorphisme sexuel du Dinophilus, LaxG le compare à celui des Rotateurs. La femelle du Dinophilus est littéralement une larve d’Annélide sans soies et avec des organes sexuels: »Das Weibchen von Dinophilus ist buchstäblich weiter nichts als eine Annelidenlarve ohne Borsten und mit Geschlechtsorganenc (D 27). C’est à la fois une larve d'Annélide, une Trochophora sexuée, pour WeELpox (D 20), et un Rhabdocele par la constitution de l'appareil excréteur, et par celle du pharynx et de la cavité du corps. WELDoN (D 20) place aussi le Dinophilus parmi les Archiannélides. Il le considère au pomt de vue phylogénique comme un animal qui à l’état adulte conserve la plupart des caractères de l’ancètre commun (aux Chaetopodes, Géphyriens, Mollusques, Rotiferes et Crustacés), le Trochozoon de Harscuek et qui par d’autres caractères importants rappelle son origine turbellarienne:
Pour Laxc, le Rotifere dont l’organisation ressemble tant à celle de l'Annélide ne constitue point le représentant d’un groupe qui a conservé les caracteres typiques de la forme ancestrale, Trochozoon, comme le pense HArscHEK, mais un être tres voisin de la forme primitive segmentée qui a donné naissance à l’Annélide, être qui est devenu toujours apte à se reproduire plus tôt, qui a gagné enfin cette faculté alors qu'il est encore dans sa période larvaire d'évolution. Il conclut, notamment, à l'identité fondamentale de l'appareil excréteur des Rotiferes avec celui des Platodes et avec le rein larvaire des Annélides, comme
je l'ai fait moi-même dans plusieurs de mes travaux.