IL. De la signification de la larve du Polygordius
Mais si l'Hirudinée, d’après Ray Laxkesrer (D 35) et Laxc, si le Dinophilus, d'apres Werpox (D 20), ont une cavité du corps représentée par un schizocele, qui résulterait chez les premières d’une liquéfaction secondaire du parenchyme du corps, comment d’après la théorie de LaxG, pouvons-nous arriver à l’entérocèle de l’Archiannélide, du Protodrilus ou du Polygordius ? Laxc nous répond: »Si les diverticules de l'intestin des Hirudinées se détachaient de ce dernier, ils pourraient former un vrai entérocele qui alors produirait la musculature épithéliale de la paroi du corps et de l'intestin. Les organes excréteurs, de leur côté, pourraient de nouveau acquérir les anciennes relations avec les diverticules de l’intestin (Gunda. et se servir en même temps de leur appareil collecteur pour l'évacuation des produits sexuels qui, se développant toujours aux dépens de l’épithélium de ces diverticules. tomberaient ensuite dans leur cavité comme c'était déja le cas chez les Cténophores. C’est à peu près comme cela, je pense, que des formes semblables aux Hirudinées actuelles ont pu prendre un développement ultérieur, et donner naissance à des animaux tels que les Oligochètes et les Annélides« (D 26).
La conception phylogénique de LaxG repose surtout sur la morphologie de l'appareil excréteur des vers (D 27). Il est dans tous les cas un fait incontestable, c’est que la grande majorité des Annélides, notamment des Chaetopodes, que les Archiannélides tels que le Po/ygordius possèdent à un moment donné de leur vie larvaire un appareil excréteur morphologiquement comparable à celui du Dinophilus adulte, des Rotifères, des Turbellariés, des Platodes en général. Cet appareil, puisqu'il se forme avant les organes segmentaires définitifs dans l’évolution ontogénique des Annélides, puisqu'il persiste chez les Annélides inférieurs larviformes, puisqu'il est le point de départ de l'appareil permanent chez les autres, aurait du précéder phylogéniquement celui-ci. Le type ancestrale de l’Annélide devait posséder cet organe, soit qu'il s'agisse du Trochozoon de HarscHEk ou de l'organisme hirudimoïde de Lan. — Ici. les données embryologiques concordent, il faut bien le reconnaître, avec les faits anatomiques. De plus la conception de LaxG sur le mode de formation du tube digestif définitif, du schizocele ou de l’entérocèle, de l'appareil excréteur ou des organes segmentaires, des organes sexuels, simples ou complexes, le tout ayant comme point de départ l’appareil gastro-vasculaire d’un organisme Cténophore, est basée sur des faits positifs tels que l’organisation des Polyclades rapprochés des Cténophores rampants, notamment au Coeloplana Metschnikowü de KowaALEwsxt D 34), celle des Polyclades comparée à celle des Triclades, celle des Triclades segmentées (Gunda segmentata) opposée à celle des Hirudinées. Enfin l’hiatus existant entre ces Platodes et les Annélides serait en partie supprimé par le Dinophilus et par l’Histriodrilus.
Cette théorie hardie ne manque pas de base scientifique positive d’une valeur incontestable, ressortant du domaine des faits, malgré de nombreux points faibles que LaxG lui-même
est le premier à reconnaitre.
En résumé le phylum de la souche Annélide serait, d’après LaxG, le suivant:
6. Annélides. — 5. Archiannélides. — 4. Hirudinées. — 3. Triclades. — 2. Polyclades.
— 1. Cténophores.
6 6° Partie. Généralités.
Théorie de Balfour (DS).
Barrour a traité d'une facon magistrale la question de la nature des larves, leurs orioines et leurs affinités. Cette importante étude n’a que partiellement rapport à l’objet qui nous occupe; elle embrasse la phylogénèse de tous les bilatéraux. Elle a été le point de départ d’autres théories que nous examinerons après elle. Barrour distingue deux types de développement chez les métazoaires, le type foetal et le type larvaire. Celui-ci est caractérisé en ce que l'animal éclot à un stade peu avancé du développement, et atteint la forme adulte après avoir passé par une série de modifications graduelles ou métamorphoses. Idéalement le développement d’un animal devrait être son histoire ancestrale parfaite. Barrour distingue très judicieusement deux catégories de larves: 1° les larves primaires qui reproduisent la forme ancestrale plus où moins pure et qui ont continué à se développer comme larves libres depuis l’époque où cette forme constituait l'adulte. 2° les larves secondaires, qui ont été acquises dans l'ontogénie d'animaux qui primitivement naissaient avec les caractères de l'adulte. En ce sens la larve secondaire est une forme adaptive. Mais les larves de la premiere catégorie peuvent gagner toute une série de caracteres adaptifs.
Abstraction faite de leur origine et de leurs affinités, Barrour distimgue deux groupes de larves: la larve des Coelentérés (Planula) et les larves des autres formes. Celles-ci présentent dans presque tous les groupes une série de caractères communs essentiels.
Il les classe en six subdivisions :
1° Groupe du Pilidium
21 Groupe des Echinodermes.
(Nemertes).
30 Groupe de la Trochosphère (Annélides, Mollusques, Rotiferes). 4 Groupe de la Tornaria (Balanoglossus).
ot Groupe de l’Actinotroque (PAhoronis).
6° Groupe de la larve Brachiopode articulé.
C’est la larve Pilidium qui semble la moins hautement différenciée parmi ces six groupes. Si le Pilidium représente mieux que les autres le type ancestral, Barrour assigne à la forme ancestrale la constitution suivante. Un corps en forme de dôme avec une face orale aplatie et une bouche située au centre de la face orale aplatie, entourée d’une couronne de cils. Cette forme ancestrale présenterait une grande ressemblance avec une méduse simplifiée. Et comment un organisme à symétrie radiaire se serait-il transformé en un animal à symétrie bilatérale? Par l'allongement inégal de la face orale, dit Barrour, en une portion antérieure qui forme avec le dôme dorsal un lobe préoral et un prolongement plus considérable en arrière, le tronc; la face aborale devenant la face dorsale. Aïnsi aurait eu lieu le passage d’une forme radiaire aux formes à symétrie bilatérale. Le système nerveux du type ancestral, dont serait dérivé l'adulte des ÆEchinodermes et des Mollusques, des
Platodes et des Chaetopodes, aurait été un cercle entourant la bouche comme celui des Mé-