‹ Le gentilhomme campagnard (volume 3)Chapitre 23 sur 39 · UNE INTERVENTION PACIFIQUE · texte numérisé non relu

UNE INTERVENTION PACIFIQUE

La belliqueuse démonstration du marquis et de ses compagnons^ qui avait suffi pour mettre en fuite la bande de Bancroche^ porta également le trouble parmi le reste des émeutiers; M. Bobilier au contraire poussa un cri de triomphe à la vue de ce renfort inespéré.

— A moi ! monsieur le marquis^ à moi ! s'écria-t-il en se dressant sur la pointe des pieds et en agitant en Fair les deux mains.

A ces mots, le juge de paix parcourut des yeux le groupe dont il était entouré, comme fait, dit-on, le tigre, lorsque tombant à Timproviste sur une troupe dindons, il choisit le plus gras pour sa proie; reconnaissant que le personnage le plus important de la bande était le capitaine Toussaint Gilles, que tant de griefs d'ailleurs recommandaient à sa vengeance, il le saisit résolument au collet.

— Vous êtes l'auteur du trouble et le chef de l'attroupement, lui dit-il d'une voix éclatante ; au nom de la loi, je vous arrête.

Le président du club patriotique s'attendait si peu à ce trait d'énergie, que pendant un instant il demeura immobile, et pour ainsi dire pétrifié; mafs bientôt il sortit de sa stupeur, et étreignant de ses larges mains les maigres poignets dû juge de paix :

- Monsieur Bobilier, lui dit il, si ce n'était votre âge, je vous casserais sur mon genou comme un morceau de bois sec.

— Force à la loi ! répliqua le magistrat sans lâcher prise ; Froidevaux, je vous requiers de me prêter main-forte,

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