‹ Le gentilhomme campagnard (volume 3)Chapitre 36 sur 39 · II. u · texte numérisé non relu

II. u

218 CKUVftKS DIS CH. DE BEMIASD;

précisément en même temps que vous^ et sur le compte dth quel je vous serais fort obligé de vouloir bien me donnei^ quelques renseignements.

— Volontiers^ monsieiv lebapon. Son nom t *

— Picbot ; Adrien Piehot. . r; •

Le coup était si imprévu que le vicomte fit im mouvement en arrière comme s'il eût *été * mstmcllemeBi atteint en pleine poitrine.

— Piehot^ balbutia-t-il en essayant de se remettre^ je ne me rappelle pas... je n'ai aucune idée d^avbir connu.;, une personne de ce nom.

— L'individu dont je parle^ poursuivit H. de Vauekey^ sans se douter que c'était à cet individu luinméme qu'il adressait eh ce moment la parole^ était. un. mauvais diAie dont j'aurai quelque intérêt à connaître Fàdresse et le visage.

— Il ne me' connaît pas^ se dit LffiQgerae uu peu rassuré.

— Et à qui^ continua le baron^ je me propose d'appliquer^ certain cas échéant/ la plus rude correction qui puisse sortir d'une canne solide emmalachée d'un bras vigoo-

reux Hais qu'avez-vous donc^ monsieur de Langerac?

vous étiez fort rouge tout à l'heure^ et vous voilà tout pUe^ vous sentez-vous indisposé ?

— La faim... je crois^ répondit le vicomte d'une voix à peine distincte; il y a si longtemps que nous sommes levés...

— Ah ! vous êtes comme moi? interrompît le gentilhomme campagnard ; vous avez envie de déjeuna^leh-bien, tant mieux ! puisque nous vcfilà deux contre un^ nous allons nous mettre à table, quoi qtf en puisse dire»notee surhumain juge de paix. Je prends tout sur moi.

Au moment où M. de Vaudrey se dirigeait résolument vers la table, une desnortesde la salle à manger s'ouvrit, et le marquis entra. "»•

— Pardieu ! lui dit son oncle d'un ton bourru, nous ne sonunes pas des Turcs pour que tu hms fesses feiréun pa-

Ireil raiDazàn. N'est-ce pas assez que ton château brûle isans qu'il devienne encore la tcmr de la faim ? Depuis une heure 9U moins je me mets à la place d'Ugolin^ et pour peu que cela continue^ je finirai par comprendre qu'il ait mangé ses enfants.

— Je vous demande pardon^ mon oncle^ mais il m'a été impbssible de venir plus tôt.

— A la bonne heure ! je te pardonne ; mais déjeunonsnous? ' .

— Certes oui ; déjeunons.

— Mais, monsieur le marquis, objecta M. Bobilier, est-il convenable en Tabsence de madame la marquise...

— Ma femme, interrotapit Héraclius en s'asseyant, m'a chargé de vous faire agréer ses excuses. Elle ne déjeunera pas avec nous, car il lui est impossible de quitter sa mère.

— Gomment se trouve maintenant madame de Bonvalot? demanda Langerâc avec une anxiété qu'il s'efforçait de dissimuler.

— Mais, pas trop bien ; elle ne sort d'un évanouissement que pour tomber dans un autre, et dans l'intervalle des crises son état est peut-être pire encore.

-:— Après la terrible épreuve qu'a subie cette nuit madame la douanière, il n'est pas étonnant, dit M. Bobilier^ qu'elle soit en ce moment sérieusement indisposée.

— Mâlhèûreûâemeut, c'est plus grave qu'une indteposition, et il y a des moments 'où cela a tout l'air. ;.

Le marquis s'interrompit brusquement, et s'adressant aux domestiques : . .

— Laissez-nous, leur diVil^. j'ai à causer avec ces messieurs ; quand nous aurons besoin de vous, je sonnerai.

— Qu'y a-t^il donc? demanda M. de Vaiidrey à son neveu, quand les domestiques se furent retirés.

— Il y a... je puis vous dire cela puisque nous sommes entre nous, répondit Héraclius en baissant la voix par sur* crott de précaution; le danger qu'elle a couru, a fait une

iiù GBVYRES DE CB. DE BERNARD.

telle impression sur madame de Bonvalot^ qu'il y a dès h présent transport au cerveau^ et que j'ai tout lieu de craindre que le désordre d'idées auquel elle est en proie depuis quelques heures ne dégénère en une véritable. folie.

— Folle I s'écria Langerac qui jusqu'alors avait trouvé que la douairière- ne l'était pas assez.

-— Diable! dit M. de Vaudrey; mais ta belle-mère peut avoir en ce moment les idées un peu troublées^ et cela se conçoit^ sans pour cela devenir folle.

— • Si vous l'aviez entendue tout à l'heure^ vous partageriez mes craintes.

-7 Que disait-elle donc ?

— D'abord elle a tenu les propos les plus incohérents^ elle parlait du clair de lune^ de promenades au Lido^ des ruines du Colysée; elle appelait Roméo comme à ellemême eût été Juliette^ enfin mille folies ; puis la raison a paru lui revenir; m^is ce n'a été qu'un éclair^ et tout en répétant qu'elle avait maintenant toute sa tête et qu'elle se rappelait parfaitement ce qui s'était passé dans sa chambre cette nuit^ elle nous a raconté^ à Hathilde et à moi^ l'histoire la plus extravagante...

— Quelle histoire? demanda M. de Vaudrey.

— Je vais vous la répéter^ et vous jugerez ensuite si je m'alarme à tort.

Les convives prêtèrent une oreille attentive^ etle marquis de Châteaùgiron poursuivit son récit.

LA DOUBI^ ENQUÊTE (suitb)*

— Voici, reprit Héraclius, ce qui me fait craindre que, l'intelligence dç Tpaclaine de Bopvalot n'ait éprouvé «u mi*

lieu des émotions de cet incendie une secousse dangereuse. Ma belle-mère vient de nous raconter le plus sérieusement du monde que cette nuit^ au moment où elle commençait à s'endormir, d'aflfreux brigands dont elle ne peut déterminer le nombre sont entrés dans âa chambre, sans qu'elle sache par quel moyen ils sont parvenus à s'y introduire. S'il faut en croire cet étrange récit, ces bandits, en la voyant se réveiller, se sont précipités sur elle et Pont étroitement bâillonnée après l'avoir roulée dans sa couverture de manière à l'empêcher de faire un seul mouvement ; puis, autant qu'elle a pu le remarquer à travers la fente du capuchon dont ils lui avaient couvert le visage, ils se sont emparés d'une cassette renfermant une sonmie assez considérable qui se trouvait placée sur une étagère en face de la cheminée, et ont disparu par la porte du cabinet de toilette. A demi morte de peur et suffoquée par le bâillon destiné à étouffer ses cris, madame de Bonvalot alors a perdu connaissance, et son évanouissement a duré si longtemps, qu'elle n'a conservé aucun souvenir de l'incendie. Voilà le rêve que ma belle-mère veut nous faire prendre pour le récit véridique des événements de cette nuit. Qu'en pensezvous î

— Es-tu bien sûr que ce soit un rêve? demanda M. de Vaudrey, en arrêtant sur son neveu un regard singulièrement expressif.

— J'aurais dû dbe un cauchemar.

— Ni l'un ni l'autre peut-être.

— Quoi! mon oncle, vous seriez disposé à croire à ces brigands?

— Pourquoi pas?

— A cette cassette enlevée?

— D'abord la cassette existait-elle en effet?

— Pour cela, c'est indubitable,ie la connais depuis longtemps. C'est un petit coffiret d'ébène dans lequel madame de Bonvalot a l'habitude de laisser une vingtaine de mille

3^9 (BDYRBS DB €H. DB BBRNARD.

francs en or ; c'est ce qu'elle appelle son en cas de voyage*

— Eh bien ! Ta-Von retrouvée^ cette cassette ?

— Comment aurait-on pu la letrouver ? A part vous et V. Froidevaux^ perscmne ne s'es^ hasardé à pénétrer dans la chambre de ma belle-mère.. Le coffret d'ébène est donc en ce moment réduit en cendres^ ainsi que le reste du mor bilier; mais il est {Nrobable que lorsqu'on aura déblayé le^ décombres on retrouvera: les a(^iUe lois <^attgés en lingot:

-* J'en ^n% djt d'un ton bvef H* die Vaudrey,

— En vérité^ -mon cher onel^^ reprît Héradius en riant, je nesavais pas que vous eussiez un goût si prononcé pour le merveilleux], et ce terrible bâillon, y oroyez-vous^ aussi?

— J'y crois d'^utapt plys que le voilât

En disant ces mots qui excitèrent la^ curiosité gâiérale, le baron tira de sa poche le morceau d'étoffe rouge dont le yisage de la douairière était couvert lorsqu'il l'avait arradiée àlamort.

-^ C'est un lambeau des torsades de mon pauvre arc de triomphe^ s'écria M. Bobilier en étendant vivement la main pour saisu* cette importante pièce de conviction^ qu'il se proposait de joindre à son procès-verbal. —

T- Je ne crois pas que ce chiffon Vous sera d'une grande utilité pour découvrir les malfaiteurs^ dit M. de Vaudrey en remettant le morceau d'étoffe ^u )}fgfi. de paix ; quarante individus peut-être se sont disputé nier les torsades dont vous parlez; comment parmi eux reconnaître les coupables?

— Qu'on me donne un seul brin de fil^ répondit le magistrat d'un air assuré, je me charge de démêler Técheveau.

>— Venez-vous de parler sérieui^ment^ mon oncle ? demanda Chàteaugiron que la surprise avait d'abord rendu muet,. .

H. de Vaudrey décrivit la position dans laquelfe il avait trouve madame de Bonvalot, ses membres enchaînés par les replis de la couverture du lit, et le lambeau de toile rouge

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fortement noué, autour de son visage, de manière à servir à la fois de bâillon et de; bandeau. Âla fin de ce récit, chaeuD des auditeiu*s resta convaincu que Tattentat nocturne et mysté^rieux dont avait parlé la douairière était un fait réel et non la vision chimérique d'une imagination troublée par la peur.

— Yoioi comm^tiles choses cpat.dû se passer, dit le vieux juge de paix.avec Faplomb d'ua homme qui se trouve sur son terrain- : quoique, le. feu n'ait pu gagner la tourelle de Touest^ qui es^ .restée intacte, vous avez pu remarquer que l4^ fenêtre de. ^te tourelle est ouverte, et qu'une des vitres se trouve brisée.

— Je ne me suis pas apeqçu de cela, répondit Héraclius.

— Mais j'y ai fait attention, moi, reprit H. Bobilier, car mon métier est de tout voir, ^i même quand j'ai l'air de iiepaiser;àrien, jene perds. pas de vue mon enquête. La fenêtre de là tourelle est donc ouverte ; or, qui a pu l'ouvrir si ce n'est le bandit ou plutôt les bandits qui ont accompli cet audacieux, attentat? Et comment ont-ils ouvert la fenêtre sinon en brisant une des vitres? Une fois dans l'intérieur de la tourelle, une simple, porte qui, selon toute apparence, n'était :pa3 même fermée, les séparait de la chambre à coucher de madaipe la douairière; ainsi rien de plus facile pour eux que de pénétrer dans ladite chambre.

— Fort bien, dit Chftteaugiron, mais la tourelle est fort élevée, et à moins d'une échelle immense dont on aurait retrouvé quelques traces... -

— Monsieur le: marquis, vous me mettez sur la voie, interrompit le juge de paix; de deux petites échelles il est facile, au moyen d'une corde, d'en faire une grande, et e'est à quoi n'ont pas manqué ces coquins. Les deux échelles liées ensemble qui se sont brisées sous M. le baron, et qu'on a trouvées au bout de la terrasse, appuyées contre le mur de clôture, ont évidemment servi à ces brigands

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pour s'introduire dans la tourelle d'abord^ et ensuite pour se sauver. Monsieur le marquis^ ajouta le vieillard avec un accent animé^ il faut sans délai se mettre à leur poursuite; veuillez^ je vous prie^ ordonner à un de vos gens d'aller chercher le maréchal des logis de gendarmerie qui sans doute n'est pas encore retourné à Rancenay. %Châteaugiron sonna.

— Monsieur le marquis, dit le domestique après avoir reçu l'ordre de son maître, il y a là quelqu'un qui insiste pour parler sur-le-champ à monsieur le baron.

— Après déjeuner, dit M. de Vaudrey, qui, conmie toutes les personnes de "bon appétit, n'aimait pas à être dérangé lorsqu'il était à table.

— Monsieur le baron, reprit le laquais, c'est un grand jeune homme de bonne mine qui appartient, à ce qu'il dit, à votre maison.

— Rabusson, sans doute > reprit le baron; faites-le monter.

— Fidus Achaies, dit M. Bobilier en souriant.

— Le fidèle Achate va être tancé d'importance, fit le gentilhomme campagnard d'un ton grondeur.

Un instant après, Rabusson parut à la porte de la salle à manger; il tenait sa casquette d'une main, et de l'autre un petit paquet dont il était impossible de deviner la nature, car il l'avait enveloppé dans sa blouse.

— Te voilà, déserteur, lui dit M. de Vaudrey.en cherchant à donner à son regard une eiipression sévère; d'où viens-tu?

— Mon colonel...

— Ta conduite est sans excuse, aussi a-t-elle déjà reçu sa punition.

— Sa punition, mon colonel?

^ — N'était-ce pas à toi de me retirer du feu, et n'esta pas M. Froidevaux qui Ta fait à ta place?

— Ne m'en parlez pas, mon colonel, répondit l'ex-gaide-

châsse d'un air contrit^ quand j'ai appris la farce que vous aviez faite de vous jeter au beau milieu de la fournaise^ et comme quoi c'était ce méchant avocat qui était allé voua y chercher, il m'a pris envie de me casser la tête contre un mur. Il peut se flatter d'avoh* du bonheur, ce chien de braconnier; aussi je lui garde une dent...

— Comment, drôle ! tu gardes une dent à Froidevaux parce qu'il m'a sauvé la vie?

— Vous avez raison, n^on colonel ; après tout, quoiqu'il m'ait volé mon emploi, je lui dois de la reconnaissance.

— A la bonne heure.

— Aussi, dorénavant, il peut bien tuer nos perdreaux tant qu'il voudra; ce n'est pas moi qui lui déclarerai procèsverbal.

— Tu feras très-bien, pour deux raisons ; la première, c'est que tu n'es plus garde...

— Ah I c'est juste, mon colonel ; je n'y pensais plus.

— La seconde, c'est que j'ai donné. à Froidevaux droit de vie et de mort sur mon gibier.

— Quand je disais qu'il était trop heureux, ce braconnier-là.

— Ah çà ! je ne pense pas que tu sois venu ici pour me parler de Froidevaux; qu'as-tu à me dire de si pressé?

— Mon colonel, répondit Rabusson dont la physionomie s^éclaira soudain d'un sourire de satisfaction, je venais vous rendre compte de ce que j'ai fait depuis que je vous ai quitté.

— Tu permets, Héraclîus? dit M. de Vaudrey.

— Comment donc, mon oncle, n'étes-vous pas ici chez vous?

— Parle, reprit le baron en s'adressant àl'ex-garde.

— Pour lors, mon colonel, dit Rabusson, qui pour fau« son rapport prit l'attitude du port d'armes, vous vous rappelez qu'en arrivant près du gros genévrier, au coin du sentier de la Tremblaie, je vous brûlai la politesse 8«ns do*

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mander la permiasion de dix heures. J'avais mes raisons. Ne voilà-tril pas qu'au moment d'arriver audit sentier^ j'avais entrevu, quoiqu'on ne vit guère plus clair que dans un folir, deux individus qui semblaient venir de Châteaugiron-le- Bourg et qui marchaient contre' nous. Ça m'avait paru louche.

— C'était fort louche en effet, interrompît vivement M, Bobilier; deux hommes sortant du bourg au milieu de la nuit et au moment où tous les habitants dés villages voisins s'empresâaient au contraire d'y accourir à cause de l'incendie: c'était excessivement louche.

— Je me dis donc: Voilà deux gaillards qui më font *'effet de ne pas avoir grande envie d'éteindre lé feu^ puisqu'ils lui tournent le dos ; pour lors qui est-ce qui me dit que ce ne sont pas eux qui l'ont mis?

— Supposition fort logique, s'écria le jugé de paix qui semblait s^intéresser de plus en plus au récit de RsJ)usson. Continuez, mon garçon, contîàuez.

. — Pour lors, au moment où je réfléchissais ainsi à part moi, voilà ines deux lurons qui, au lieu de continuer de marcher contre nous, se jettent dans le sentier de lîL,Tremblaie, et Remettent à courir comme s'il avaient eu les cinq cents diables à leurs trousses. P.our lors, je ne me db plus : C^est loij^cbe, je me dis au contraire : C'est blair.

— Et c'était clair en effet, intérrdmpitdé nouveau M. Bobilier en s'agitant violemment sur'sà chaise; je panerais cent contre un que c'étaient les incendiaires.

— Je né fais ni une ni deux, 'iK)ursuivit Rabùsson, je saute par-dessus une petite haje pour arriver plus vite,. et une fois daps le sentier de l£i Trembfai^^ me voilà à courur comme un perdu après mes deux coquins. ' ' .

— Bravo! mon garçon! s'écria le vieux magistrat d'un air de chaude approbation, un gendarme n'aurait pas mieux fait.

1— Monsieur le juge de paix, répliqua Rabusson en se

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redressant d^uii air de dignité offensée^ il me semble ^u'uû anci^sr maréchal des- logi» os deoxièiiie xégimait des cui^ rassiers de la garde vaut bien tous les gHppe-càquins du

monde.. '^ - /'."•:'.'-■:.' -.^ • . *': " -

Laisse laies ooiraissiear^de lai garde;' dit H; de Yaiidrey,

et ocmtimieAton^àpport.

— Vous sâve^^ mon eeloùei^quele sentier de la Tiemr bhie est bordé' des deux csôtés; p^dantprès d'un quart de i|due, par unehaieàc^éievée^'iiiie^xletir fuyarde^ q^^ Jéeeshôs depsè^^ ne poivaieiiMoriè 4^ sasivei'. m à (boite ni àgottcheyiaiisâ filaient4l8 droit devant eux, sims-^aani»^ sera Qompt^le&cailloiix/ni'moi nçQ pUû; QuQi(iufon.,nje vit presquegouttey nous cpurkins'doncloas les tnaîscoûime des dhevaux qui ont pris le înorsaut dents. Enfin je gagne & terrain et je finis par acerodiuerim de mes drôles par le:ooUet dé sa blouse. - ^' r , :. •

>^^ moi l dit^l dlors en ajqfyebtnt son coBùipagnonj nous sommesidéux/et il n'est qu'un.

Pour lors je vois mon brigand qui tire de sa jpoche un couteau tout ouvert; mais excusez, au liep de lui laisser le tempS'de s'en servir^ je lui applique sur la tète un' coup de poingiqui vous rétend roide au milieu du sentier. JSn voyant ça/ l'autre coquin^ qui avait commencé de' revenir sur ses pas^ se remet à courir un peu plus vite qu'auparavant;

— Lâche! lui criait celui que j'avais jeté par terre^ tu m'abandonnes! ;,

En même temps' il essayait de se relever^ naais d'un coup de pied dans les reins je lui ai bientôt isat repreidre la position d'un chien qu'on fouette. Saves-vous ce que m'a dit alors le gredin ?•

— Au lieu de m'assommer^ cours donc après ce fueux de Lamoureux^ c'est lui ^ui porte le imageti;

-^ Lamoureux !;..^I6 magot! répéta le jugëdepaix^ il s'agissait donc d'un Vol î ' ^

— Cest ce que je pensai tout desulte; pourlors^ comme

2Sd • (fimniËS DE Cfi. BË BERNARD.

je venais de reconnaître mon drôle^.qui n'était autre que cô filou de Bancroche...

— Bancroche^ Lamoureux! interrompit de nouveau H. Bobilier, deux repris de justice^ les plus dangereux coquins du canton ! Nous sommes sur la voie, je le parierais. Mais continuez, mon brave Rabusson.

— Ponr lors donc, ayant reconnu Bancroche, je luiprends son couteau et je le laisse sur la place pour courir après le porteur du magot. D avait de bonnes jambes, celai-d. Sacristie 1 j'ai chassé bien des fois aux chiens courants; mais ni Mireàu niRavageau n'ont un jarret de cette forcelà. Groiriez-vous, mon colonel, que ce brigand de Lamoureux a eu l'infamie de me faire courir jusqu'aux Trois- Ghènes, une demi-lieue plus loin que la Tremblaie? Heureusement encore qu'il avait perdu la tête, et qu'au lieu de se jeter à droite dans vos bois il avait pris par les prairies ; car une fois dans le taillis il m'aurait bien sûr échappé.

— Enfin l'as-tu attrapé ? demanda le baron.

— Il ne manquerait plus que ça que je ne l'aie pas attrapé ! J'ai donc fini par lui mettre la main au collet, et pour lors je fui ai d'abord administré une demi-douzaine de taloches un peu soignées, pour lui apprendre à ne pas courir si vite une autre fois; puis ensuite je me suis dit : — Il y a plus d'une lieue d'ici à Qiâteaugiron ; je n'ai pas de cordes pour ficeler ce gueux de Lamoureux; si je le laisse en liberté, il me fera encore courir, et ça ne me sourijl pas ; le tenir par le collet pendant près d'une heure de chemin^ ça ne me sourit pas davantage, d'autant plus qu'il n'est pas encore jour; pour lors, comment vais-je faire ?

— Qu'a»-tu fait î

— Je me suis rappelé la cabane du vieux Pagery, où il ne reste que les quatre murs, et qui est tout à côté des Trois-Chénes ; j'y ai fait entrer mon brigand, qui avait aussi besoin de se reposer que moi, et j'ai monté la faction à la porte, c'est-à-dire à la place où était autrefois la porte.

LE ÛENTtLHOMMB CAMfAONARD. iH

jusqu^aù jour. Pour lors, quand on a vu clair, j'ai fait marcher mon prisonnier devant moi jusqu'à la Tremblaie^ où nous avons cassé une croûte...

— Gomment donc, interrompit M. de Vaudrey, tu as déjeuné avec ce drôle ?

— Que voulez-vous, mon colonel, il n'avait pas mangé depuis vingt-quatre heures, à ce qu'il m'a dit, et il me regardait déjeuner d'un air si affamé, que je n'ai pas eu le cœur de lui refuser un morceau de pain et une tranche de jambon.

— Ta as bien fait; Phomme qui a faim, fût-il un bandit, a droit à des égards.

— D'ailleurs il a payé son déjeuner.

— Comment cela ?

— En approchant de Châteaugiron, ne voilà-t-il pas que mon ingrat coquin a voulu de nouveau jouer des jambes; mais, minute, je vous lui ai appliqué une seconde volée encore mieux conditionnée que la première, et ça l'a rendu aussi obéissant qu'un chien bien dressé.

— Vous avez donc amené cet homme ici ? demanda Héraclius.

— Oui, monsieur le marquis ; je l'ai remis aux gendarmes qui sont dans la cour et je suis venu faire mon rapport à mon colonel.

— Ah çà, dit M. Bobilier, et le magot dont parlait Bancroche, vous n'en faites pas mention; c'est pourtant le point principal ?

— Le magot, monsieur Je juge de paix, répondit Rabusson qui sourit d'un air de triomphe et développa la blouse qu'il tenait en paquet sur son bras, le magot, le vpici.

A ces mots, le fidèle A chate du baron de Vaudrey posa sur la table un coffret d'ébène richement ciselé.

— La cassette de madame de Bonvalot ! s'écrièrent en même temps Châteaugiron et Langerac.

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